L’amélioration du financement de l’habitat dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), en particulier pour les populations à revenus modestes et/ou irréguliers, préoccupe désormais les institutions financières et de développement de l’union. La Caisse régionale de refinancement hypothécaire de l’Uemoa, la Commission de l’Uemoa, la Banque ouest-africaine de développement (Boad) et la Banque mondiale ont lancé à cet effet, un projet régional, le jeudi 20 septembre dernier à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Signées à Washington le 13 octobre 2017 entre la Banque ouest-africaine de développement, la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, la Caisse régionale de refinancement hypothécaire de l’Uemoa et la Banque mondiale, les conventions relatives au projet régional Banque mondiale/Uemoa pour la promotion du financement de l’habitat abordable dans l’union sont désormais en vigueur. Le projet à financer par ces conventions de financement a été lancé, jeudi 20 septembre dernier. Ces conventions portent sur un montant de 155 millions de dollars américains, soit 90,7 milliards de francs Cfa dont 76 milliards de francs Cfa pour le refinancement des banques et systèmes financiers décentralisés (Sfd), et 14,7 milliards de francs Cfa pour l’assistance technique.
Selon le communiqué qui a sanctionné le lancement du projet, on estime aujourd’hui que la population de l'espace l’Uemoa doublera dans les vingt prochaines années passant de 110 millions d’habitants à 220 millions d’habitants et que la plupart seront des citadins compte tenu d’une urbanisation rapide. Cette tendance aggravera, précise le communiqué, l’important déficit actuel de logements estimé à 800 000 unités par an. Or, les banques de l'Union n'octroient qu'environ 15 000 nouveaux prêts hypothécaires par an, soit une infime fraction des besoins.
A la cérémonie de lancement, le directeur général de la Crrh-Uemoa, Christian Agossa, a indiqué que ce projet permet à l’institution de mobiliser des ressources concessionnelles pour renforcer son action en faveur des populations à revenus modestes. « Ce projet devrait faciliter la production d’environ 50 000 nouveaux prêts hypothécaires, et permettra de mobiliser davantage de ressources pour le financement de l’habitat et de l’habitat social grâce à nos émissions obligataires sur le marché financier régional et à l’allongement de leurs maturités », a-t-il souligné.
En effet, les interventions de la Crrh-Uemoa ont aujourd’hui un impact réel sur la distribution de prêts hypothécaires par les banques refinancées en leur permettant d’accorder davantage de prêts à l’habitat à leur clientèle, à des taux compétitifs et sur des durées plus longues.

Importance des réformes

Pour sa part, le président de la Boad, Christian Adovèlandé, selon le communiqué, a rappelé le soutien que sa banque apporte à la Crrh-Uemoa depuis sa conception, avant d’indiquer que ce soutien sera poursuivi. Il a ajouté que la Boad partage pleinement les objectifs de ce projet et invite les autres partenaires au développement à se joindre au mouvement pour améliorer le cadre de vie et les conditions de logement des couches défavorisées des populations de l’Union.
De son côté, le président de la Commission de l’Uemoa,
Abdallah Bouréima, s’est réjoui de ce projet pilote et innovant qui permettra aux Etats de bénéficier d’appuis-conseils pour la promotion des logements sociaux, et contribuera à la promotion du marché hypothécaire régional pour faciliter l’accès à la propriété dans l’Union.
Le représentant résidant de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire et directeur des Opérations pour le Bénin, le Burkina, le Togo et la Côte d’Ivoire, Pierre Laporte, s’est félicité de l’exécution du projet est d’ajouter que le projet soit le plus efficace possible. « Il est important qu’il soit accompagné par des réformes nationales au niveau de la gestion du foncier et des politiques de logements abordables», conseille-t-il.
En lançant le projet, le président du Conseil des ministres de l’Umoa, Romuald Wadagni, ministre béninois de l’Economie et des Finances, a insisté auprès de ses collègues sur l’importance des réformes relatives à la gouvernance du foncier et à la fiscalité dans les pays de l’Union pour faciliter le succès du projet. Il a également insisté à l’attention de la Crrh-Uemoa sur la nécessaire célérité d’exécution du projet avec ses ressources limitées, afin qu’une seconde phase puisse être rapidement engagée avec des ressources significativement plus importantes et le concours des autres partenaires au développement.

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