Mis en place par la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, l’Observatoire des pratiques anormales (Opa) est comme un outil de surveillance de la performance des corridors routiers communautaires. Au nombre des indicateurs permettant de suivre cette performance, les perceptions illicites et le temps de contrôles. Au cours d’un voyage sur un corridor de l’espace Uemoa, un transporteur est contrôlé 20 fois et il lui est prélevé illicitement 1 853 francs Cfa par poste et il perd 15 minutes selon le rapport du 1er trimestre 2018 de l’Opa.

Sur tous les corridors communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), les montants des perceptions illicites demeurent importants. Selon le 32e rapport de l’Observatoire des pratiques anormales (Opa) qui est celui du 1er trimestre 2018, on observe une évolution non uniforme d’un corridor à un autre. De même, les tendances diffèrent sur les sections routières et aux frontières. Ce sont les observations faites lors de l’atelier de dissémination organisé par le Comité national de facilitation du commerce et du transport sur le corridor Abidjan-Lagos, mardi 25 septembre dernier.
Le corridor Cotonou-Niamey maintient sa meilleure performance avec en moyenne un montant de 6 661 francs Cfa de perception illicite par voyage. Selon le rapport, sur les corridors Abidjan-Bamako, Abidjan-Ouagadougou, Bamako-Dakar via Diboli, Bamako-Ouaga via Koury, les tendances sont à la hausse. Tandis que sur les autres corridors, Bamako-Dakar via Moussala, Bamako-Ouaga via Hérèmankoro, Cotonou-Niamey, Lomé-Ouagadougou, et Dakar-Bissau, c’est une tendance baissière qui est notée.
Les montants de perceptions illicites les plus importants, indique le rapport, sont enregistrés sur le corridor Bamako-Dakar via Diboli, soit 87 347 francs Cfa par voyage. C’est aussi sur ce corridor qu’il est noté le plus fort taux d’augmentation, soit 98% par rapport au 4e trimestre 2017.
Le 32e rapport de l’Opa note le progrès impressionnant réalisé sur le corridor Dakar-Bissau où les montants sont passés de
200 000 francs Cfa au 4e trimestre de 2017 à 25 670 francs Cfa par voyage au 1er trimestre 2018, soit une baisse de 87%.
Sur l’ensemble de l’espace communautaire, l’Opa note que le montant moyen de perception illicite par voyage est de 29 390 francs Cfa. Il a chuté de 36% par rapport au 4e trimestre de 2017 où il était estimé à 45 887 francs Cfa.
En dehors de la frontière entre le Mali et le Sénégal sur le corridor Bamako-Dakar via Diboli, on observe une baisse des montants des perceptions illicites aux passages de toutes les frontières. La plus forte somme est enregistrée sur ce corridor, soit 35 600 francs Cfa en moyenne par voyage.
Globalement, les montants des perceptions illicites aux passages des frontières se chiffrent à 8 163 francs Cfa en moyenne par voyage dans l’espace Uemoa. Sur le long de tous les corridors donc, le montant moyen des perceptions illicites est estimé à 37 553 francs Cfa par voyage au 1er trimestre 2018. Il a baissé de 37% par rapport au 4e trimestre de 2017 où il se chiffrait à 59 377 francs Cfa.

L’indicateur temps de contrôle

Par rapport au temps de contrôles, le rapport de l’Opa souligne que les transporteurs ont passé beaucoup de temps au niveau des postes de contrôles aussi bien sur les routes qu’aux frontières.
En effet, le temps moyen perdu dans les corridors sur les routes est estimé à 194 minutes par voyage sur un corridor. Et le temps perdu est plus important sur le corridor Bamako-Dakar via Diboli, 862 minutes, soit plus de 14 heures. Il est en revanche plus faible sur le corridor Dakar-Bissau, soit 21 minutes.
Aux passages des frontières, l’accomplissement des formalités et les contrôles ont duré en moyenne 109 minutes par voyage sur l’ensemble de l’espace Uemoa. Et comme sur les routes, ce temps est plus long à la frontière entre le Mali et le Sénégal sur le corridor Bamako-Dakar via Diboli, 479 minutes, soit près de 8 heures.
Au total, un transporteur a passé en moyenne 303 minutes de son temps de voyage dans les corridors routiers et l’accomplissement des formalités administratives aux frontières, sur un corridor de l’espace Uemoa. Il est en hausse d’environ 47% par rapport au 4e trimestre de 2017 où il a été estimé à 206 minutes.
C’est sur le corridor Bamako-Dakar via Diboli que le temps a été plus long. En moyenne, il est de 1340 minutes par voyage. Il est plus faible en revanche sur le corridor Cotonou-Niamey, soit 38 minutes en moyenne par voyage.
Le rapport de l’Opa conclut qu’en moyenne, au cours d’un voyage sur un corridor de l’espace Uemoa, un transporteur est contrôlé 20 fois et il lui est prélevé illicitement 1 853 francs Cfa par poste et il y perd 15 minutes?

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