Les acteurs agricoles ont tenu, ce mardi 10 octobre à Cotonou, un atelier de lancement de l’élaboration du programme national de développement de la filière soja. Il s’agit de concrétiser l’agenda de promotion de cette spéculation retenue parmi les filières prioritaires du Gouvernement.

L’enjeu de sécurité alimentaire et nutritionnelle ne peut aujourd’hui occulter la filière soja qui prend du volume dans la production agricole nationale. Retenue parmi les dix filières à promouvoir dans le cadre du Plan national d’investissement agricole et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (Pniasan), cette spéculation sera bientôt dotée d’un programme national de développement. L’élaboration de ce document reçoit le soutien des partenaires techniques et financiers du secteur agricole, en l’occurrence la coopération allemande. Andreas König, directeur résident de la Giz, soutient que l’initiative de concevoir un document qui fédère les initiatives éparses et soutient l’action publique dans le temps est indispensable dans un contexte où le Programme d’action du Gouvernement (Pag) a retenu le soja comme une filière émergente. « La promotion d’une filière nécessite des actions soutenues du secteur privé dans un cadre politique cohérent et efficace. L’élaboration et la mise en œuvre d’un programme national de développement de la filière soja constitue la voie idéale pour assurer une synergie d’actions entre le secteur public et le secteur privé et une meilleure coordination des interventions sur cette filière », soutient-il.
Gaston Dossouhoui, secrétaire technique du Bureau d’études et d’appui au secteur agricole de la Présidence de la République, précise que la promotion du soja s’inscrit dans la vision du Gouvernement d’apporter des réponses techniques aux défis majeurs du secteur agricole. Il informe que le soja est une spéculation qui assure la protection du sol, contribue à la mise en place d’une chaîne de valeurs résiliente en même temps qu’il joue un rôle primordial dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Filière dynamique

« Le soja est une culture stratégique qui contribue à la restauration et au maintien de la fertilité de nos sols qui se dégradent de plus en plus sous la pression des actions anthropiques conjuguées avec les effets des changements climatiques. Il joue un rôle important dans la gestion durable des terres pour une productivité améliorée », appuie Françoise Assogba Komlan, secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Elle reconnaît que cette spéculation s’est peu à peu imposée comme une filière dynamique impliquant plusieurs acteurs intervenant sur divers maillons dont notamment la fourniture de semences et autres intrants, la production de soja grain, la transformation de soja en divers produits (huile, lait, fromage, tourteaux, farines enrichies) et la commercialisation. Pour Françoise Assogba Komlan, le programme national de développement de la filière soja est un outil dédié, non seulement à l’opérationnalisation du Pag et du Pniasan mais aussi pour la mobilisation des ressources en faveur du secteur. « Le processus devant aboutir au programme devra s’intégrer au contexte actuel et être conduit de façon cohérente, participative, consensuelle et inclusive. La démarche capitalise les acquis du secteur en se conformant au document de la stratégie nationale de promotion des filières agricoles », souligne-t-elle.
Depuis des années, la coopération allemande œuvre déjà à la promotion de la filière soja à travers le projet Promotion de l’agriculture (ProAgri), le Projet de Centres d’innovations vertes pour le secteur agroalimentaire (ProCiva), le Projet de Protection et réhabilitation des sols pour améliorer la sécurité alimentaire (ProSol) et le Projet de sécurité alimentaire et renforcement de la résilience (ProSar)?

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