La sixième édition de la fête de retrouvailles des filles et fils de la vallée de l’Ouémé n’a pas tenu la promesse de l’union instaurée autour de cette célébration durant les cinq précédentes éditions. Même si la fête a été belle, dimanche 18 janvier dernier, force est de reconnaître que l’édition 2015 de Wémexwé s’est faite dans la division sur deux différents sites.

Dimanche 18 janvier 2015. Voilà une date qui restera pour les filles et fils de la vallée de l’Ouémé, notamment les ressortissants des communes de Dangbo, Bonou, Adjohoun et Aguégués, une grande date. D’abord, elle marque le clou des célébrations de la sixième édition de leur fête de retrouvailles Wémèxwé et en même temps, le point départ de la discorde autour de cette fête.

En effet, c’est pour la toute première fois dans l’histoire de cette fête que les manifestations ont été organisées sur deux différents sites, sur fond de mécontentement et de colère. Mais cela n’aura rien ôté à la beauté, à la diversité et à la bonne ambiance qui a toujours prévalu en cette occasion. Ainsi, sur le site de Djigbé dans la commune de Dangbo, la messe catholique a été dite par l’administrateur apostolique du diocèse de Porto-Novo, Monseigneur Jean Benoît Gnambodè en présence d’une foule immense de Wémènou, cadres et personnalités politiques. Parlant des personnalités, il y a lieu de mentionner la présence aux côtés du ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes, natif de la localité, Simplice Dossou Codjo, du président de l’Assemblée nationale Mathurin Nago, du ministre d’Etat François Abiola, des ministres de la Justice, de l’Urbanisme, de la Décentralisation, de l’ancien premier ministre, Pascal Irené Koupaki, des députés, d’anciens ministres, de responsables de société, de collaborateurs du chef de l’Etat…. Autant dire qu’un important déploiement d’acteurs politiques et de l’appareil étatique s’est observé aux côtés des natifs de la vallée de l’Ouémé.

Grande exhortation

«Wémènou, ta vallée est riche. Exploite-là». C’est la grande exhortation faite aux filles et fils de la vallée pour le compte de cette fête. Laquelle exhortation passe par l’union et l’entente. Et c’est surtout là, le message fort à retenir de l’exhortation faite par l’administrateur apostolique du diocèse de Porto-Novo, Benoît Gnambodè durant le culte. Il assimile l’occasion de cette fête à «un point de méditations important» et là-dessus, il a invité les Wémènou à faire de ce rendez-vous important, un moment de prise de conscience. La fraternité avait également une place de choix dans l’enseignement fait par le célébrant qui s’est également appuyé sur le message du pape François pour que la fraternité qui n’est rien d’autre que l’expression de la différence dans la compréhension, soit la chose la mieux partagée autour de cette fête. Le bilan des précédentes éditions de Wémexwé l’a aussi intéressé et il a interpellé tous les natifs de la vallée à ce sujet.
En lieu et place de la réponse à cette préoccupation, le coordonateur général, Antoine Bonou a choisi plutôt d’exprimer sa gratitude aux siens et de faire des clarifications. Pour lui, cette fête est essentiellement un moment de retrouvailles qui ne fait pas place à la politique. C’est donc un temps de communion. Dans cette logique, des milliers de Wémènou venus d’un peu partout pour cette célébration ont engagé le traditionnel pique-nique qui clôture les festivités à la suite des autres activités comme les concerts, les animations folkloriques, la foire, la caravane…

Ambiance et ferveur à Avagbodji

«Aguégué 2015». Cette indication qui se laisse lire sur le tissu de la fête Wémexwé et sur tous les articles, gadgets, documents et autres attributs des retrouvailles des filles et fils de la vallée de l’Ouémé n’a pas été respectée. La maldonne serait venue du Comité d’organisation, ou du moins de certains de ses membres qui auraient, dit-on, décidé de tordre le cou à l’histoire en décidant de la célébration de la fête sur un autre site. Une situation qui, visiblement, n’a pas plu à certains natifs de la vallée, notamment ceux de la commune hôte.
Du coup, la fête s’est dédoublée. Alors que Djigbé dans la commune de Dangbo est devenu le point de convergence des personnalités politiques, d’autres ont rallié massivement le premier site, celui de Avagbodji pour y faire leur fête. Sur cet autre site, la mobilisation était si impressionnante qu’on aurait dit qu’il n’y a jamais eu un appel pour célébrer Wémexwé ailleurs. En réalité, «nous sommes les mêmes, tous des frères et sœurs et il ne saurait y avoir division entre nous», soutient Isaac Aïvodji qui lui, a préféré rallier la commune de Aguégués pour assister au culte méthodiste suivi d’un géant pique-nique sur place. Malgré cette ambiance de fête et la ferveur observée sur les lieux, la déception et la frustration se lisaient par endroits, en raison de l’existence d’un autre lieu de fête, ce qui n’a jamais été le cas au cours des précédentes éditions. Mais le maire de la commune des Aguégués prend les choses du bon côté. James Dègbo estime lui que l’ambiance qui prévaut dans sa localité est simplement celle du Wémexwé et que tout le monde est là pour la fête. A vrai dire, sur ce second site, on ne parle que fraternité, union et entente et c’est aussi là la synthèse du message délivré par le collège de pasteurs venus célébrer le culte méthodiste à Avagbodji. Lequel culte a aussi laissé place à un géant pique-nique.

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