Plusieurs emplacements stratégiques de la ville de Cotonou ont changé d’attrait ces derniers jours, du fait des œuvres d’artistes graffeurs. Invités dans le cadre de la deuxième édition d’un festival international de graffiti, ils ont, à travers leurs réalisations, redonné une autre image à la ville, tout en faisant passer des messages de sensibilisation surtout.

Tout part souvent d’un mur vierge, tout de blanc badigeonné. Ensuite, quelques signes, des formes, des figures et progressivement, se construisent, couche de peinture après couche, de belles figures, des dessins, des personnages, des messages… des graffitis. Du 12 au 17 novembre dernier, une quinzaine d’artistes venus du Bénin, du Togo, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, de la France, de la Suisse… ont séjourné et travaillé à Cotonou dans le cadre de la première édition du Festival international de graffiti au Bénin (REGRAFF). Cette rencontre entre professionnels de cette forme particulière d’arts graphiques a été initiée par le plasticien Rafiy Okefolahan avec pour objectif essentiel, de renforcer les acquis des jeunes graffeurs béninois et de leur permettre de se réunir pour une meilleure pratique. Ils étaient d’ailleurs nombreux, à prendre part à ces activités initiées dans le cadre du REGRAFF 2013, notamment celles relatives à la formation.
Ce festival, selon son initiateur, «entend développer l’esprit du street art, l’embellissement des villes avec des fresques tout en préservant l’environnement». La protection de l’environnement était au cœur des sept jours qu’à duré le festival et qui ont permis à Psycoffi de la France, Docta du Sénégal, Nadia et Nadib Bandi de la Suisse, Smi du Togo, Deris du Burkina Faso, Distik 2400 Crew, Greg et Hector Sonon du Bénin, et bien d’autres de partager leur art avec le public béninois, mais aussi de renforcer les capacités de nombreux jeunes graffeurs. Au quartier Agla, plusieurs graffitis ont été réalisés. Le même exercice a été réédité derrière le marché Saint Michel, à la Maison des jeunes de Agla, au Centre culturel Arttistik Africa et à l’Institut français. Pour le compte de ce dernier, une performance a été réalisée par l’ensemble des artistes du REGRAFF.
La réalisation de ces graffitis qui ont changé le look de plusieurs endroits névralgiques de la ville de Cotonou, a fait l’objet de beaucoup de curiosité de la part du public. Certains n’ont pas caché leur émotion de voir se réaliser sous leurs yeux, ces œuvres artistiques. L’ardeur au travail, l’ingéniosité et le génie des artistes ont été aussi très appréciés. D’ailleurs, le festival se propose de «participer à l’esthétique» de la ville par les grattifis en sensibilisant les jeunes sur l’hygiène et la beauté.

Promouvoir et entretenir un art peu connu

L’une des particularités des graffitis, c’est qu’ils ont à la fois des fonctions distractives, didactiques et artistiques. Le REGRAFF 2013 organisé avec faste par Rafiy Okefolahan n’a pas échappé à cette réalité. Et déjà, il est envisagé, dans un souci de transformation de la jeunesse, «d’inscrire cet évènement dans la pérennité afin d’éviter que ce projet soit considéré comme une goutte d’eau dans l’océan». Dans le même temps, le REGRAFF entend miser sur la jeune génération de graffeurs talentueux qui apprend déjà à tisser la nouvelle corde au bout de l’ancienne.

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