La légende continue avec le groupe musical Trio Apouké qui, après ses retrouvailles, va bientôt lancer un nouvel album. ‘’Keys to future’’ (clés du futur), c'est le nom du nouvel opus. En conférence de presse, mardi 23 juillet dernier, à l'espace Apouké situé à Cotonou Pk 10, le groupe a levé un coin de voile sur le sens et la portée de cet album.

17 morceaux riches en variétés et en saveurs traditionnelles ; des chants en hommage aux Écureuils du Bénin, aux personnes qui se battent au quotidien, des chants d'espoir et de courage… Le nouvel album du groupe Trio Apouké promet des surprises. « Nous avons maintenu le style Hip-hop parce que nous sommes des rappeurs. Mais nous y avons ajouté des rythmes traditionnels (Zinli, Tchinkoumin…). Nous avons appelé ça le Vodoun beat. Le Vodoun beat est notre nouveau concept. C'est un mixage de rythmes traditionnels… Dans le nouvel album, il y a également quelques featuring », font savoir Kékéli et Fikira. Le 15 août prochain, l'album "Clés du futur" sera lancé dans une ambiance festive qui durera toute la journée au Hall des arts.
Le titre de l’opus est bien évocateur. « Clés du futur parce que nous sommes convaincus que les technologies ancestrales qui restent encore dans nos habitudes, c'est-à-dire nos traditions, sont des clés du futur. Je veux dire que tout ce que nous faisons dans nos traditions c’est des technologies. Et des technologies pas seulement pour le présent mais aussi pour le futur… Il y a de la science dans nos traditions. Si l’Afrique pouvait prendre conscience de cette science, elle se révélerait autrement, elle se vendrait cher car nos traditions représentent des clés pour le futur », explique Fikira. Il évoque en exemple la capacité traditionnelle à générer la pluie qui, quel que soit le moyen utilisé, est une technologie. Il insiste, par ailleurs, sur le fait que Trio Apouké ne vient pas faire des démonstrations mais se base sur les constats vécus au quotidien dans les cultures africaines, pour appeler à la valorisation du patrimoine traditionnel.

Nouvel élan !

Si la mission du groupe reste d’aider les Africains à prendre conscience de ce qu’ils sont, de ce qu'ils ont et d'où ils sont  venus, les concepts ne sont plus forcément les mêmes. Trio Apouké n’est plus collé au concept Mamiwata. « Aujourd'hui, on a mûri. On n’est pas dans un débat de religion mais dans un débat de valorisation de nos valeurs culturelles. Nous avions commencé avec le concept Mami mais nous avons compris que ça peut choquer des gens. Aujourd’hui, nous ne sommes plus à ça », a rassuré Fikira. Il explique les motivations de leur retour sur scène. « On est revenu parce qu'on s'est dit qu'on vous doit quelque chose, qu'on vous doit une suite… Le groupe Apouké s'est lancé en 2003. On a arrêté entre temps, on a repris, on a arrêté à nouveau puis depuis le 15 août dernier, nous sommes revenus sur  scène. Et si on reprend aujourd’hui, c'est aussi par respect pour ceux qui nous aiment », explique Fikira. Pour lui, l'artiste doit contribuer à distraire et à générer de la pensée à un public souvent coincé dans son quotidien. « Nous sommes artistes parce que nous avons décidé de ne pas être inutiles, nous avons décidé de contribuer à construire la pensée, la conscience collective car l'artiste est une sorte d'aide à penser...», affirme Fikira.
Ils sont donc de retour et cette fois, ils semblent déterminés à maintenir le cap. Déjà, le nouveau nom du groupe est Trio Apouké et pourtant, ils ne sont, pour le moment, que deux membres actifs : Fikira et Kékéli.

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