Les sociétaires du Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins disposent depuis lundi 20 mai dernier d’une nouvelle carte qui les lie à cette structure en charge de la gestion de leurs droits. Mais bien plus qu’un simple sésame, la nouvelle carte induit une série de transformations dans le milieu culturel béninois avec pour finalité, le bien-être de ses acteurs.

Le Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins (Bubedra), dans sa quête d’améliorer les conditions de l’artiste béninois, a retenu à son profit une série d’actions annoncée depuis quelques mois par le ministre en charge de la Culture. L’ambition de faire de ce secteur un milieu plus structuré passait, selon l’état des lieux du ministre Oswald Homéky et de son équipe, par l’amélioration des redevances, l’assainissement des mécanismes et procédures, la mise en place d’un arsenal juridique et un mécanisme institutionnel efficace en vue de parvenir à une meilleure répartition des droits, gage d’une rémunération juste et équitable… Désormais, c’est chose faite. La série de réformes est arrivée à maturation avec comme acquis majeur, l’institution d’une nouvelle carte de membre. Celle-ci est délivrée aux sociétaires dont la présence physique et l’enregistrement d’une œuvre sont constatés, explique le directeur du Bubedra, Eugène Aballo. Mais avant d’en arriver là, il a fallu passer au scanner la base de données du bureau pour en extirper les artistes fictifs, les doublons et autres sociétaires aux noms inexistants qui perçoivent des dividendes sans le moindre effort.
« Nous sommes venus présenter des réformes que j’avais déjà annoncées. Nous avons procédé à une dématérialisation du système de collecte. Il y avait des personnes qui ne sont pas bénéficiaires des droits, mais qui sont enregistrées dans la base de données. Pour préserver les vrais sociétaires, nous avons décidé d’authentifier tous les sociétaires », explique de son côté, le ministre en charge de la Culture, Oswald Homéky. Il y a un niveau de sécurité plus élevé, avec une carte numérique hautement sécurisée, apprécie-t-il. La nouvelle carte, comparée à l’ancienne, se présente, selon lui, comme une grande avancée, une innovation avec une série de balises qui permettent de s’assurer que tous les détenteurs de la carte en sont les vrais bénéficiaires. Elle annonce donc un nouveau départ dans la gestion et la répartition des droits aux sociétaires du Bubedra et ce n’est pas pour déplaire aux artistes, notamment les premiers bénéficiaires du précieux sésame qui ont reçu, tout souriants, les leurs des mains du ministre.
Alèkpéhanhou, Faty, Pipi
Wobaho, Sessimè, Pd Symph, GG Lapino… peuvent pousser un Ouf de soulagement. Ils font partie des premiers bénéficiaires de cette innovation dont la concrétisation réjouit tout particulièrement le ministre Oswald Homeky.

Nette amélioration !

Le Bubedra connaît depuis plusieurs mois des jours heureux. La capacité de mobilisation des ressources s’est nettement accrue et les chiffres actuels témoignent d’un travail d’orfèvre. « Mon équipe et moi ne dormions pratiquement pas… Nous ne sommes pas venus dire ce que nous avons l’intention de faire, nous sommes venus dire ce que nous avons fait », explique-t-il. Pour ce qui est des chiffres de la structure, ils sont en nette croissance. D’une mobilisation de fonds évaluée à 113.153.542 F Cfa en 2014, elle est passée en 2016 à 141.495.182 F Cfa avant de remonter en 2017 à 147.857.256 F Cfa. Depuis 2018, le Bubedra tutoie les 197.329.275 F Cfa, soit une collecte en augmentation de 35 % en 2018 par rapport à 2017. Autre fait inédit, il est passé de deux à trois répartitions par an avec des dividendes nettement en hausse. « De 35.000 F Cfa de droits, je suis passé à plus de 700.000 F Cfa », témoigne un jeune artiste fortement ovationné. Il n’est d’ailleurs pas le seul. Le président de l’association des managers d’artistes, Eusèbe Dossou, reconnait lui aussi que la part qui lui revient, quasiment inexistante dans un passé récent est devenue régulière et bien consistante. D’avril 2018 à cette date, 345 contrats ont été également signés et 32 cas d’assistance sociale avec des montants plus relevés ont été mis à la disposition de certains artistes.

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