Pour sa première exposition à l’Institut français de Cotonou, le photographe Louis Oké Agbo a fait fort. Il a présenté une exposition dont la portée artistique et même curative a retenu l’attention. Soigner des troubles psychiques par l’art. C’est la nouvelle dimension que prend le travail de cet artiste dont la renommée va au-delà des frontières béninoises.

« Ces photos dégagent une force incroyable tant par la qualité du cadrage que par la qualité des sujets et par son travail de superposition. Ce sont des photographies qui méritent d’être mises en valeur ». Ce commentaire d’une invitée en pleine visite de la dernière exposition du photographe béninois Louis Oké Agbo à l’Institut français de
Cotonou en dit long sur les performances de ce chasseur d’images pluridimensionnel. «Trois en un», c’est le titre de cette exposition dont le vernissage a eu lieu il y a quelques jours. Si pendant longtemps, Louis Oké Agbo est resté dans des expositions collectives, pour sa première exposition individuelle, mais aussi sa première dans cet institut, il n’a pas fait les choses à moitié. Le ‘’Trois en un’’ qu’il propose est perceptible à bien des égards. Mais c’est la portée du travail, sinon sa vertu curative qui séduit plus d’un. Comment parvenir à apaiser des perturbations psychiques à partir du travail d’un artiste ? Comment des photographies peuvent-elles réduire la violence faite aux enfants ? Peut-on à partir des couvents Vodoun trouver des solutions aux maux qui assaillent l’enfance au Bénin ? Autant d’interrogations auxquelles le photographe apporte des réponses en quelques dizaines de photographies.
La qualité artistique de ses photos se passe de commentaire. Louis Oké Agbo ne s’est pas contenté de capter des émotions. Il a su inclure dans chaque image, une dose d’émotions, d’interrogations et même de solutions aux problèmes sus évoqués. De sorte que le visiteur, à la première lecture, se perd. S’il se laisse emporter par l’imaginaire du visiteur lambda devant une photographie, il ne pourra sans doute pas saisir la profondeur de chacune de ses images majestueusement accrochées. Il lui faut donc une dose supplémentaire de génie pour comprendre que Louis Oké Agbo, plus qu’un photographe, s’est donné des talents de soigneur. Cela se comprend à travers cette exposition qui avait également pour but d’apporter des solutions à deux problèmes majeurs que connaît le Bénin au quotidien. Les souffrances faites aux enfants, puis, le problème des malades mentaux.
Il y est allé avec une expression libre qui impose la même liberté à son exposition. Son message se veut entièrement optimiste. Et comme bien de ses contemporains, il faudra sans aucun doute s’attendre à le voir de plus en plus sur ces chantiers.

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