« Pascal Irénée Koupaki l’énigme ». Cet ouvrage est à lire, depuis le jeudi 24 janvier dernier sous la plume d’Anique Djimadja. 220 pages d’écriture avec quelques déclarations marquantes de l’homme, pour tenter de faire tomber les a priori sur cet acteur politique béninois et surtout présenter son parcours.

Anique Florence Djimadja révèle Pascal Irénée Koupaki (Pik) à ses lecteurs. C’est le moins qu’on puisse dire quand on parcourt les pages de son ouvrage sur l’homme. La sociologue et communicatrice passionnée désormais par la biographie des personnalités signe son premier ouvrage dans ce genre en jetant son dévolu sur Pascal Irénée Koupaki. Ce dernier n’est vraiment pas une énigme pour les Béninois et d’autres aussi qui l’ont vu à l’œuvre l’ont observé et se sont fait leur religion à son propos. L’auteure s’est sans doute livrée elle-aussi à ce même exercice. Mais, bien plus que d’autres, elle a eu le mérite de plus s’intéresser à lui. Un cadre qu’on confesse émérite, un dirigeant dit exemplaire, une personnalité sobre, probe et marquée par la rigueur, la ponctualité et la conscience. Le fin technocrate de 68 ans, Anique Djimadja en a fait un objet de curiosité qu’elle livre dans une critique ni malveillante, ni dithyrambique. Elle relève son parcours d’un style enjoué, révèle des facettes peu connues de lui, se veut laudatrice par endroits, sans perdre de vue l’objet de son écriture. Son analyse est objective, parfois sévère sur cet homme qui se laisse peu découvrir, cachotier à la limite sur son intimité.
Mais, ce sexagénaire comparé à d’autres est un homme bien. « Un homme d’Etat, le seul à avoir en toute humilité fait son mea culpa au peuple béninois, non pas parce qu’il était coupable de quelque chose, mais juste par le sentiment de n’avoir pas pu voir le Bénin décoller malgré tous les efforts fournis en son temps ». Observatrice, spectatrice et témoin privilégié aussi, l’auteure a bien vu des scènes avec et autour de cet homme qui ne l’ont pas laissée de marbre. Si elle a décidé d’ouvrir son ouvrage par l’inédite rencontre qu’elle a eue avec cet « homme coincé» dans un ascenseur, ce n’est pas par hasard non plus. Elle se proposait de le livrer nu à la lecture de ceux qui en viendraient à feuilleter ses pages. L’ouvrage est structuré en 22 petits titres charpentés autour de quatre chapitres qui partent de la rencontre entre l’auteure et le sujet de sa plume à une rétrospective sur la campagne électorale de 2016 avant de jauger le Koupaki du Nouveau départ pour chuter sur l’homme entre apparat, apparence et appareils.

Un exercice courageux !

Pour se lancer dans un tel exercice et le réussir, il faut du courage, admet le directeur des arts et des livres, Koffi Attedé. Courage également reconnu et sans doute apprécié par les membres du gouvernement, les acteurs politiques et autres hautes personnalités comme Bruno Amoussou, témoins du lancement de l’ouvrage.
Le langage est élégant mais simple. Il se laisse lire avec une structuration plutôt simple, sans fioritures, ce qui facilite davantage la lecture. On découvre un Pik sous mille facettes. Du cadre émérite au ministre adulé, rigoureux et peut-être trop rigoriste, l’homme politique avec un discours en avance sur son temps, le chantre de la ''Nouvelle conscience'' dans le champ électoral avec un chant peu ordinaire, l’homme politique incompris, l’ami vilipendé, le serviteur livré à la critique populaire… Cet homme dont l’histoire suscite admiration et intrigues est tout de même un citoyen qui a sa marque, sa vision et son approche de chaque situation.
Inquisitrice par endroits, Anique Djimadja, à travers son œuvre, ne dit pas certes tout de Pik, mais le dévoile tout de même. « J’ai perçu un bon sujet de curiosité », dira l’auteure elle-même au lancement. Le lecteur, lui, découvrira au-delà de cette curiosité, l’envie de rendre témoignage à un homme singulier qui, malgré ses défauts, reste un modèle perfectible. C’est à peine si elle ne demandait pas de dupliquer Koupaki en quelque onze millions de modèles et de les déverser dans le pays. Et, c’est là, l’une des faiblesses majeures de l’ouvrage. La démarcation entre l’auteure et la militante de la Nouvelle conscience devient parfois difficile entre les lignes. Les deux actrices se confondent à une Anique trop ‘’pikiste’’ qui se croirait encore sur sa fiche de campagne pour l'élection présidentielle de 2016. Le père Maurice Hounmènou, le préfacier, reste lui convaincu que « l’on ne peut entrer dans l’esprit de cette magnifique œuvre et dans les méandres de la personnalité de Koupaki si l’on méconnait la profondeur de sa culture intérieure ». Plus loin, il reconnaitra aussi que sans iconoclasme de mauvais aloi, « Anique assume d’emblée la pertinence de l’idéologie défendue par Koupaki ». Quand on a fini de parcourir ces lignes, on dort moins ignorant sur le parcours et la vie de cet ancien professeur de mathématiques, qui a été un brillant élève de la série C, mais aussi un sportif non moins excellent.

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