La 19e édition du festival Mahi Houindo s’ouvre ce jour et va s’étaler sur tout le week-end avec diverses animations..., la culture Mahi va faire son lit à Ouèssè-Wogoudo et Okéo pendant trois jours. Jean Gounongbé, président en exercice de l’association Mahi Houindo, met déjà de l’eau à la bouche et promet mille regrets aux absents.

La Nation : Au moment où l’acte 19 du festival Mahi Houindo démarre, peut-on dire que tout est prêt pour une édition réussie ?

Jean Gounongbé : Bien-sûr ! Comme vous le savez, Mahi Houindo n’est pas à ses débuts, c’est la 19e édition. Nous nous sommes bien préparés. Tout est prêt à Ouèssè-Wogoudo. La place Mahi Houindo est bien aménagée, les populations locales sont motivées et n’attendent que l’arrivée des festivaliers.

Ils sont estimés à combien, les festivaliers attendus ?

Nous estimons qu’il y aura entre quinze mille et vingt mille personnes sur le site. Le festival Mahi-Houindo réunit après et avant tout, la communauté Mahi sur le plan national. Les Mahi sont estimés à près de 18% de la population du Bénin et se retrouvent dans le Sud du Bénin jusqu’à la hauteur des communes avec quelques poches ailleurs. C’est d’abord la communauté que nous attendons. Mais vous savez, quand nous parlons de communauté, ça englobe les Mahi de père, de mère, par alliance… En plus de ceux-là, les sympathisants, les autorités, les touristes et les curieux… Bref, tous ceux qui veulent voir du bon spectacle sont attendus.

Qu’est-ce qui est prévu au menu de cette édition ?

Le festival Mahi Houindo est avant tout, un festival culturel. Le fondamental de ce que nous offrons est essentiellement culturel. Le festival va démarrer avec la présentation et l’inauguration de la place Mahi Houindo de Ouéssè-Wogoudo, une place publique d’un hectare, qui a été aménagée et construite par l’association Mahi Houindo. Après l’inauguration, il y aura quelques marques de culture, des chants et danses de la population locale. La commission linguistique Mahi va ensuite présenter les résultats du travail qu’elle a effectué sur un an d’existence. Puis, deux activités vont se dérouler simultanément. Il s’agit du match de football qui va marquer la finale d’un tournoi qui a eu lieu dans la région et de l’autre côté, les têtes couronnées Mahi vont se retrouver en conseil des rois. A ces assises, le président du conseil sortant va présenter le rapport de ses activités de l’année. Après l’adoption et la validation de ce rapport, les têtes couronnées vont élire le nouveau président du conseil des rois qui ne prendra fonction que demain samedi. En soirée, nous nous retrouverons tous sur la place Mahi Houindo pour le premier grand concert, ce que nous appelons la «Grande nuit des artistes». Toute la journée de demain, il y aura le concert de la musique traditionnelle. C’est un concert qui met en exergue les principaux rythmes et danses en milieu Mahi. Dans la nuit de demain, les festivaliers auront droit à un autre concert qui est réservé aux icônes de la musique moderne Mahi. Je veux citer Don Metok, Petit Miguélito,
Vi-Phint… qui vont se produire en live avec un orchestre. Nous aurons aussi Atinkpon… Le lendemain matin, nous allons nous diriger vers Okéo pour un dernier concert. Ce sont les grandes lignes de ce que nous avons prévu.

Qu’y a-t-il de nouveau dans la 19e édition ?

Le thème du festival de cette année constitue bien une nouveauté. C’est « Mahi Houindo, une association apolitique au service du développement ». Ce thème vient réaffirmer, une fois de plus le caractère apolitique de l’association Mahi Houindo. Et, dans ce sens, nous avons œuvré pour faire venir toutes les tendances politiques et toutes les couches. A ce festival, il y aura donc des membres du gouvernement en place, des membres d’anciens gouvernements, des députés, des acteurs de la société civile, des personnalités de tout genre… Ce sera donc un grand brassage sans coloration politique. A travers l’autre facette de ce thème qu’est le développement, nous voulons montrer que Mahi Houindo ne fait pas que du folklore. La place Mahi Houindo est un espace que nous laissons à la disposition de la communauté pour tout ce qui est public, les meetings… D’ailleurs, la place Mahi Houindo de cette année est la plus grande, elle fait un hectare, avec un podium laissé à la communauté.

Un petit rappel de la raison d’être de Mahi Houindo à l’attention de nos lecteurs !

Le festival Mahi Houindo, c’est une fête identitaire, une initiative qui vise à immortaliser le Mahi et pérenniser la culture Mahi. Quand le Mahi parle, le Fon comprend parfaitement et vice versa. Mais, le fongbé est beaucoup plus dans les grandes agglomérations et a tendance à absorber le mahi. Le festival Mahi Houindo se bat pour que le mahi demeure Mahi et que le Fon reste le fon. Il faudrait que chacun puisse se reconnaître. En dehors de ce souci d’identité, il y a des rythmes et des danses qui sont en train de disparaitre. Et, si nous n’y prenons garde, on n’en entendra plus parler du tout. Vous aurez l’occasion de voir à Ouèssè, un rythme qu’on appelle le «man-houn». C’est la danse des échassiers. Ce rythme est en voie de disparition. C’était partout, mais aujourd’hui, on ne le retrouve que par endroits à Aklankpa et à Ouèssè-Wogoudo. Il y a aussi certains mets mahi qui disparaissent mais sont pourtant de très bons mets. Il faut les faire revenir, les commercialiser et faire en sorte que ceux qui les aiment puissent les consommer à nouveau. Nous avons aussi des habitudes, des valeurs morales qui méritent d’être mises en exergue. Le Mahi est honnête, il ne doit pas être voleur, détourneur … Il faut faire en sorte que ces valeurs reviennent et demeurent. Il s’agit donc de travailler à la promotion du patrimoine mahi et c’est tout ceci qui entre dans le festival Mahi Houindo. Le festival Mahi Houindo est un élément important dans la série d’activités que mène l’association Mahi Houindo, née en 1997 et dont le vrai nom est «Union pour la promotion du patrimoine culturel Mahi».
La première édition du festival a eu lieu en 1998 à Paouignan. J’exhorte tous les Mahi à se convaincre du fait que Mahi Houindo n’est ni une association politique ni religieuse, mais strictement culturelle. Nous sommes tous invités. Il y a des gens qui sont nés mahi, mais qui vivent ailleurs, c’est l’occasion de venir à la source. Il ne faut pas se faire conter l’événement. Mille regrets aux absents.

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