L’Association des yoruba du Bénin a vu le jour, à la faveur d’une assemblée générale constitutive qui s’est tenue, samedi 19 janvier dernier, à Porto-Novo. A l’issue des travaux, un bureau de vingt membres présidé par l’ancien ministre John Igué a été mis sur pied pour concrétiser les ambitions du creuset notamment la valorisation de la langue et la culture yoruba.

Les yoruba du Bénin resserrent leurs liens de fraternité. Ils ont décidé de se mettre ensemble pour promouvoir leur culture et leur langue. La graine de cette fraternité a été semée, samedi 19 janvier dernier, à la Maison internationale de la culture de Porto-Novo où les filles et fils de descendance Oduduwa du Bénin ont porté sur les fonts baptismaux leur association.
Pour le président du comité préparatoire, l’ancien ministre John Igué, la naissance de ce creuset était plus que nécessaire au regard des mouvements identitaires qui s’observent aujourd’hui dans le monde. Bien que l’on soit à l’ère de la mondialisation, les gens ne sont pas à l’aise dans ce système planétaire. Ils sont obligés de mieux s’organiser pour avoir une place au soleil avec leur culture et leur civilisation. « Ce que nous faisons c’est de mieux nous organiser pour pouvoir mieux participer aux mouvements de la mondialisation et du multi-nationalisme pour ne pas être piétinés par les grands », souligne-t-il. Car, à l’en croire, depuis près de 60 ans, le Bénin marche au rythme de la culture du colon. Mais, il a été noté que cette façon de faire n’a pas fait avancer le pays. Pis, la pauvreté s’accentue, constate-t-il. Pour John Igué, le temps est enfin venu pour que les yoruba prennent leur destin en main. La communauté yoruba du Bénin se doit de se lever pour marcher au diapason des mouvements mondiaux qui vont contre cette dénomination coloniale. Plusieurs pays l’ont déjà compris. Il cite l’Etat de Lagos au Nigeria qui a annoncé que d’ici 2020, seul le yoruba sera la langue parlée. L’anglais n’y sera plus parlé. Mieux, le Brésil a aussi décrété, il y a quatre mois, le yoruba comme deuxième langue, informe l’ancien ministre John Igué. Les yoruba du Bénin ne sauraient rester en marge de tout cela. D’où la mise sur pied de l’association afin de permettre à toute la communauté yoruba du Bénin de suivre le mouvement mondial en faveur de la promotion et de l’émergence de sa civilisation. « Nous voulons sauver nos enfants, surtout ceux qui sont à l’étranger et qui ne parlent pas du tout la langue yoruba, bien qu’ils portent des noms yoruba. Si l’on ne fait rien, ils sont perdus à jamais », soutient le président du comité préparatoire.

Un mandat d’un an

L’association entend donc inverser la tendance à travers la réalisation de certaines actions concrètes, notamment la rénovation de la culture yoruba et la restauration des palais royaux, base du développement de la culture yoruba. Il est prévu également l’ouverture d’ici 2020 d’une école où il sera enseigné deux programmes : l’un francophone et l’autre yoruba pour récupérer « les enfants perdus » et l’organisation d’une fête identitaire yoruba comme c’est déjà le cas avec Wémèxwé, Nonvitcha et autres. L’objectif de l’association a été jugé noble par les différents intervenants dont le parrain du congrès constitutif, Emile Paraïzo, la marraine Koubourath Osséni, le représentant du roi d’Oyo, prince Adéyèmi Hassan et le représentant de l’ancien président de la République du Nigeria, Olagunsoyé Oyinlola. Tous ont mis l’accent sur le caractère apolitique de l’association et ont prié Dieu et les mânes des ancêtres pour que les défis soient relevés. L’initiative a mobilisé des délégations venues de Kétou, Ifangni, Adjarra, Sakété, Pobé, Adja-Ouèrè, Bassila, Dassa-Zoumè, Savè, Tchaourou, Bantè, Savalou, Abomey-Calavi, Ouidah, Natitingou, Djougou et Kandi.
L’autre temps fort des travaux, après la cérémonie d’ouverture, a été l’élection du bureau. Le choix a été porté sur le président du comité préparatoire, l’ancien ministre John Igué pour présider aux destinées de l’association pour un mandat d’un an. Il sera aidé dans sa mission par 19 autres membres dont Macaire Oniloudé au poste de secrétaire général, Assan Adjibola comme trésorier général et le conseiller à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), Félix Adimi au poste de conseiller à la Communication. Ce dernier ne cache d’ailleurs pas sa joie pour le succès de cette cérémonie qui a mobilisé les rois les plus représentatifs de l’aire culturelle yoruba au Nigeria. Il revendique avec fierté son origine yoruba, cette langue qui constitue le ciment et le trait commun de tous les descendants d’Oduduwa de par le monde.

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