Abomey et plusieurs autres villes du Bénin ont abrité, du 3 au 17 novembre 2018, les manifestations du Bicentenaire du sacre du roi Guézo. Pendant deux semaines, le 9e souverain du Danxomè était à l’honneur, à travers chants et danses, cérémonies cultuelles, exposition sur sa vie et ses œuvres, et maintes autres manifestations culturelles.
Dans cette interview, Constant Agbidinoukoun, journaliste, porte-parole du Comité d’organisation du Bicentenaire du sacre du roi Guézo revient sur les temps forts de l’évènement et les grands enseignements à y tirer.

La Nation : Abomey et d’autres villes du Bénin ont eu à abriter les manifestations entrant dans le cadre de la commémoration du Bicentenaire de l’accession au trône du roi Guézo. Cet évènement a pris fin il y a quelques jours. Quel bilan peut-on faire des activités ?

Constant Agbidinoukoun : Je voudrais, en premier lieu, remercier et saluer avec grand respect, au nom de tous les membres du Comité d’organisation, le chef de l’Etat, le président Patrice Athanase Guillaume Talon, pour sa hauteur d’esprit, son engagement personnel et sa clairvoyance dans la tenue et le succès de l’évènement. Le chef de l’Etat a fait du Bicentenaire du sacre du roi Guézo son affaire personnelle et il s’y est engagé de façon déterminante. Comme vous l’avez rappelé, du 3 au 17 novembre 2018, Dada Guézo était à l’honneur à Abomey, Tindji, Agbangnizoun, Cana, Porto-Novo, Cotonou, Abomey-Calavi et un peu partout au Bénin. Nous avons, au départ, préparé les documents nécessaires liés à la tenue de l’évènement. Nous les avons soumis à l’appréciation du président Patrice Talon pour recevoir ses instructions et faire dérouler les manifestations pour l’année 2018 qui marque les 200 ans de l’accession au pouvoir royal de Dada Guézo.
Le chef de l’Etat, en nous recevant, a félicité Dah Miminvo Yamongbè Guézo (le président du Comité d’organisation) et tous les membres du comité pour le travail préparatoire abattu. Ensuite, le président Patrice Talon nous a demandé si nous connaissons bien le roi Guézo pour avoir programmé la célébration de son Bicentenaire sur une année. Le chef de l’Etat nous a dit qu’il est persuadé que nous ne connaissons pas assez le roi Guézo, que nous ne pouvons pas célébrer son avènement au trône de
Houégbadja en une seule année, qu’il faut chaque année et jusqu’en 2021 « mettre le roi Guézo au centre de nos préoccupations, pour mieux le faire découvrir aux Béninois et aux Africains, pour le travail extraordinaire qu’il a abattu à la tête du Danxomè de 1818 à 1858… »
Le président Patrice Talon nous a expliqué que la première année de lancement de la commémoration est 2018. Qu’en 2019, nous allons mettre l’accent sur les Amazones du Danxomè, à travers ce que nous avons appelé ‘’Le Rallye des Amazones’’ et ‘’La Foire agricole, artistique, touristique et artisanale’’. 2020 sera une année spéciale, selon les propos du chef de l’Etat : en 2020, cela fera 60 ans pour l’indépendance du Bénin et 30 ans pour la démocratie au Bénin, et que nous devons associer la mémoire de l’illustre souverain à ces deux dates phares. L’année 2021 sera consacrée à l’inauguration des différents Musées qui sont actuellement en construction à Porto-Novo, Ouidah, Allada et Abomey. Un Colloque international sera organisé en 2021 sur « La vie, le règne et les œuvres du roi Guézo » pour mieux faire connaître le souverain à la communauté internationale. Les chercheurs, muséologues, historiens, sociologues et autres scientifiques seront conviés au Bénin pour apprécier les « Grandes réformes introduites au Danxomè par le roi Guézo qui reste un grand roi libérateur et réformateur que nous devons apprendre à connaître … ». A l’heure du bilan, le président du Comité d’organisation, Dah Miminvo Yamongbè Guézo et tous ses collaborateurs adressent leurs sincères et respectueuses félicitations au président Patrice Talon qui a soutenu activement la tenue de l’évènement. Nous sommes en train de préparer le bilan général que nous allons lui envoyer pour lui rendre compte du déroulement des manifestations, les acquis, l’engouement suscité par ce Bicentenaire, quelques difficultés rencontrées, et surtout recevoir du président de la République les nouvelles instructions pour préparer l’année 2019 qui est la deuxième année du Bicentenaire.

Ce bilan paraît, selon les échos reçus ici et là, les comptes-rendus faits par les médias, édifiant. A vous entendre, vous semblez vous organiser pour faire vivre Dada Guézo jusqu’en 2021.

Exactement, c’est bien cela ! Le président Patrice Talon nous a permis de savoir qu’avec le roi Guézo nous avons affaire à un grand roi qui a régné pendant 40 ans sur le trône de Houégbadja. Nous avons applaudi le chef de l’Etat quant à la suggestion de célébrer le Bicentenaire du roi Guézo sur quatre ans : 2018, 2019, 2020 et 2021. Compte tenu de l’envergure de ce souverain, nous, au Comité d’organisation, ne pouvons pas mieux faire connaître Dada Guézo sur une année. Et là, le président de la République a vu juste ! Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji est sur ‘’la même longueur d’onde’’ que le chef de l’Etat. Le président Houngbedji et l’ensemble des honorables députés nous ont aussi activement soutenus dans le cadre de la mobilisation des fonds pour mieux organiser et réussir les manifestations. Nous avons compris que le roi Guézo ne peut pas être bien apprécié, vu l’ampleur de ses réformes, avec des manifestations sur quelques jours. Nous avons été agréablement surpris par l’engouement manifesté par les Béninois, les Assiata, Dah et Nan Zinkponon, les chefs de collectivités royales, les Chefs Cantons, l’ensemble des
Houégbadjavi : que ce soit au Palais de Hounli, à Tindji, à Cana, à Agbangnizoun, à Porto-Novo, Cotonou ou à Calavi. Les gens nous ont dit, qu’ils n’ont jamais constaté dans le Danxomè un tel engouement par rapport à des manifestations culturelles. Nous avons célébré le Centenaire de la mort du roi Glèlè en 1989. En 1990 c’était le Centenaire de l’intronisation du roi Gbéhanzin. En 1997, les Houégbadjavi ont rendu hommage au roi Agonglo à travers le Bicentenaire de sa mort. Nous avons célébré en 2006 le Centenaire de la mort du roi Gbéhanzin. Dada Akaba était à l’honneur en 2008 à travers le Tricentenaire de sa mort. Et l’Aspag, avec le professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè, Dah Wêkéisse Agbidinoukoun, Dah Gbohaïda Glèlè, Dah
tchankpannan Glèlè et Dah Djokodjè Glèlè, a rendu hommage en 2017 à Nan Zognidi, qui est la mère du roi Glèlè et l’épouse préférée du roi Guézo. Tous ont été unanimes (les Houégbadjavi) pour affirmer haut et fort que le Bicentenaire du sacre du roi Guézo apparaît comme « Une grande initiative de réconciliation nationale, d’abord entre les fils de la région d’Abomey, ensuite entre les citoyens d’un même pays. Une réconciliation avec les anciens royaumes, notamment ceux de Kétou, de Savè, d’Oyo et d’ailleurs, sans oublier nos frères et sœurs de la Diaspora… » Pour la majorité des princes et princesses rencontrés à la clôture des manifestations, « la commémoration de ce Bicentenaire est vécue à la fois comme un bilan et un festival de la culture nationale, dont le but ultime est la renaissance culturelle et touristique du Bénin en vue d’une meilleure participation au développement, tant de la région d’Abomey que de l’ensemble des régions de notre pays ».
C’était l’apothéose ! Tous les jours, le Palais de Hounli était rempli de monde. A Porto-Novo, avec le président Adrien
Houngbedji et les Aïnonvi, nous avons assisté à des souvenirs de fraternité et de retrouvailles, dans la paix, dans une ambiance des grands jours, en présence de sa Majesté le roi Toffa 9 et de tous les dignitaires de la cour royale et sous l’impulsion organisationnelle du maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou.
A Cotonou, avec les nombreuses familles installées à Cadjèhoun par le roi Guézo, notamment les Yékpé, Djigui, Kpamegan, Aïsso, Sèmilinko, Zohoun, qui ont pour « mission de contrôler et d’administrer la ville de Cotonou découverte en 1830 par Dada Guézo… ». Les familles Nobimé sont installées à Godomey et Bada à Abomey-Calavi. Des familles qui ont pris part à la commémoration et qui se disent prêtes à participer activement aux autres éditions du Bicentenaire.
La fête a été belle et inoubliable ! Cette commémoration nous a permis de découvrir et de valoriser davantage des chants, rythmes et danses liés à des familles. C’est le cas des rythmes ‘’Vihoun’’ chez les Degan Glèlè à Tindji, ‘’Assandjèhoun’’ chez les Aho Glèlè à Sonou, ‘’Djidjihoun’’ avec les Zodéougan Glèlè à Zado, ‘’Hwissodji’’ et ‘’Souhouehoun’’ chez les Béhanzin à Djimè, ‘’Kotodja’’ des Agonglo à Gbécon-Houégbo, ‘’Agbadja des femmes’’ chez les Ahanhanzo-Glèlè, ‘’Gokwe’’ avec les Agoli-Agbo à Gbendo, ‘’Kaka’’ avec les Langanfin Glèlè à Cana, ‘’Ado’’ et ‘’Gblo’’ avec les Agbidinoukoun Glèlè à Sinwé-Lègo, sans oublier le ‘’Akonhoun’’ de Gbécon-Hounli avec les
Guézovissi et les Adoukonou… Chaque roi du Danxomè avait sa journée d’évocation, de louanges et d’animation entretenues par ses descendants. L’une des journées phares était celle du 8 novembre 2018 avec le roi Glèlè, appelé roi – culture, un roi danseur et un chanteur hors pair. Ses enfants sont les plus nombreux au Danxomè. Ils ont mis le palais de Hounli sur orbite avec une animation spéciale, encore jamais vue au cours des célébrations à Abomey. Dah Kpléli Glèlè et les siens ont démontré que leur père le roi Glèlè reste « l’homme, le souverain qui a donné un sens à tout ce qui touche à la culture… ». La journée du 9 novembre 2018 a été dédiée au Héros national : Dada Gbéhanzin Aiiyiidjrè Tchadako Goundo, le grand résistant face à la colonisation française. Dada Houéwou Wèkèhon Gbèhanzin et sa cour, les Amazones, les ‘’Agoodjiè’’ ont rendu un hommage mérité à l’illustre souverain avec des chants et danses guerriers. Et le 10 novembre 2018, c’était l’apothéose avec la journée de Guézo, le grand réformateur. Tout Abomey était en fête ! Le palais de Hounli était devenu trop petit pour contenir toutes les délégations qui ont fait le déplacement. Les enfants des rois Glèlè, Gbèhanzin et Agoli-Agbo sont aussi des enfants de Dada Guézo et se sont déplacés en masse, avec chants et danses pour « saluer la mémoire du Grand Batonada, le défenseur des Amazones, le libérateur du Danxomè du joug du royaume d’Oyo et l’homme qui a modernisé l’agriculture dans le Danxomè… » C’était la journée phare de l’évènement du Bicentenaire. Nous avons aussi rendu hommage à Don Francisco Felix de Souza, Chacha 1er, grand ami du roi Guézo. C’est Dada Guézo qui a nommé (fait unique dans le Danxomè) Chacha 1er, vice-roi du Danxomè avec résidence à Ouidah. Le roi disait : « Moi, je suis à Singbodji à Abomey et mon vice-roi est à Singbomè à Ouidah… ». Les relations entre les deux hommes, entre les deux familles étaient des relations exceptionnelles, inoubliables. Et nous n’oublierons jamais la qualité de ces relations. L’édition du Bicentenaire en 2019 nous permettra d’améliorer davantage nos rapports de fraternité et d’amitié...

Nous avons vu partout de grandes manifestations, des cérémonies cultuelles et culturelles en mémoire à Dada Guézo. S’il fallait se projeter dans le futur, quelles sont les perspectives quant à la préservation de l’histoire ?

L’avenir est radieux ! Je dois féliciter tous les membres du Comité d’organisation du Bicentenaire, notre président Dah Miminvo Yamongbè Guézo, pour son dynamisme et son sens de rassembleur ; ensuite notre vice- président Dah Ahossin Agotonon Guézo, Dah Dessou Guézo, Dah Wankpo Guézo, Nan Gahoussi Guézo, Nan Kadoussi Guézo, mes grands-frères Antoine Djèdou et Thomas Houédokoho, mes jeunes frères Toussaint Ahomagnon et Marius Daavon Glèlè, sans oublier les présidents et membres des sous-comités qui ont mis le meilleur d’eux-mêmes pour aboutir au succès enregistré, qui est une réussite commune à nous tous. Pour 2019, je vous ai dit que nous préparons notre rapport d’activités que nous allons déposer à son Excellence le président Patrice Talon, pour recevoir de nouvelles instructions et vite démarrer les préparatifs : ‘’Le Rallye des Amazones’’, ‘’La Foire agricole, artistique, touristique et artisanale’’, sans oublier les cérémonies cultuelles et culturelles à Abomey, Ouidah, Abomey-Calavi, Godomey et Porto-Novo, et dans plusieurs autres villes du Nord du Bénin.
Il faut dire que les Amazones existaient en corps embryonnaire sous le Danxomè avec la reine Hangbè, qui est la sœur jumelle du roi Akaba et qui a régné pendant trois ans sur le trône de Houégbadja. Les Amazones étaient le fer de lance de l’Armée du Danxomè sous Dada Guézo. Elles faisaient partie de tous les combats. Nous allons leur rendre un hommage appuyé. Nous sommes en pourparlers avec le ministre Gaston Dossouhoui qui a accepté organiser la foire avec les cadres de son ministère et de concert avec son collègue de la Culture et du Tourisme. C’est le lieu de les remercier tous, surtout le ministre Oswald Homéky qui a pris une part considérable dans les préparatifs et le succès des festivités du Bicentenaire. En 2020, il y aura les 60 ans d’indépendance de notre cher pays le Bénin et les 30 ans de démocratie. Nous allons nous organiser pour que Dada Guèzo soit au centre de ces deux souvenirs. Enfin 2021, l’année du grand colloque sur ‘’La vie, le règne et les œuvres de Guézo’’ et l’inauguration des quatre musées actuellement en construction à Porto-Novo, Ouidah, Allada et Abomey. Je l’ai dit et répété, à maintes reprises : le président Talon, c’est le roi Guézo de retour, dans la gestion des choses, la rigueur dans les réformes. Quand vous voyez comment le Président Talon a réglé le problème des chefs-lieux des départements, ça ressemble au roi Guezo. Les régions et les chefs de régions attendaient. Et les princes, les Gbonougan et autres dignitaires de la cour royale n’en voulaient pas : c’est le roi Guézo qui a décidé du nombre de régions et qui a nommé les chefs de régions. Cela n’a pas été facile, parce que les princes n’étaient pas habitués à prendre ces postes de responsabilité. En ce qui concerne la Police républicaine, voyez comment le chef de l’Etat a procédé : avec une commission mise sur pied, les gendarmes et nos policiers travaillent ensemble à travers la Police républicaine. Sous le roi Guézo, les princes ne voulaient pas qu’on honore les femmes : c’est Dada Guézo qui a mis du soin pour réorganiser l’armée du Danxomè en des régiments et corps spécialisés, en créant le corps des ‘’Agoodjie’’, des Amazones, qui restent le fer de lance de l’armée du Danxomè. Le régime de la Rupture ressemble bien à toute la rigueur qu’on a constatée sous le règne de Dada Guézo. Je salue avec grande déférence le courage et la détermination du chef de l’Etat dans la conduite des affaires nationales.

Et le retour au Bénin de nos biens culturels ?

Voilà une autre décision qui fait honneur à notre pays. Il s’agit surtout des trésors et objets culturels ramassés par le colonisateur français et qui appartiennent dans leur grande majorité aux différents rois du Danxomè. Avec intelligence, tact et dialogue responsable, ces biens culturels vont nous être restitués bientôt ! Je remercie et félicite aussi les autorités françaises, particulièrement son Excellence le Président Emmanuel Macron, pour le choix opéré, en direction du bon sens et du respect de la mémoire de nos ancêtres à qui appartiennent lesdits trésors. Les conservateurs de nos musées ont désormais la lourde responsabilité d’apprendre, de se former pour bien gérer ces biens culturels. Il faut apprendre désormais à bien gérer, à bien conserver ces biens, nos mémoires, pour les léguer aux générations futures !

D’aucuns estiment que ce pan de l’histoire du Danxomè est spécifique à un peuple. En quoi l’histoire et la vie de Dada Guézo peuvent-elles impacter la vie de nos concitoyens ?

Le président Patrice Talon nous a dit de ne pas nous arrêter seulement à Abomey, Porto-Novo, Cotonou et Ouidah. Le chef de l’Etat nous a rappelé que nos compatriotes à Dassa, Djougou, Kandi ou à Malanville, vont se reconnaître à travers les œuvres du roi Guézo. ‘’Dada Guézo Djlalazin’’ reste un grand symbole d’Unité nationale : la Jarre trouée du roi Guézo, c’est l’unité nationale, la solidarité, l’entente et la paix entre les fils et filles d’un même pays. C’est-à-dire que Gézo nous a permis de mieux nous connaître pour bâtir une Nation prospère. Le roi Guézo n’est pas seulement pour le Danxomè, mais pour tout le Bénin. C’est lui qui nous a permis de connaître et de faire développer au Bénin le maïs, le néré, le tabac, le palmier à huile, le gombo lisse, le coton, l’arachide, le souchet, etc. Le président Miminvo Yamongbè Guézo et tout le Comité d’organisation remercient tous nos donateurs, à divers niveaux, les chefs de collectivités royales, les chefs cantons, les Assiata, Nan et Dah Zinkponou, les Houégbadjavi, les honorables députés, le président Adrien Houngbédji, les ministres et notre président son Excellence Patrice Talon, les cadres à divers niveaux, les entrepreneurs, femmes et hommes d’affaires, tous les Béninois et Béninoises, pour leurs soutiens variés au succès du Bicentenaire. Mes confraternels remerciements à tous les médias (les Radios, les Télévisions, les journaux écrits, les articles en ligne), pour la qualité de leurs comptes - rendus, leurs magazines et autres reportages. C’est grâce à eux que les Béninois, partout où ils se trouvent, dans le monde, ont pu apprécier la densité des manifestations commémoratives. Que Dada Guézo vous protège tous, dans la paix et le Bonheur !

Propos recueillis par Kokouvi EKLOU & Isidore GOZO (Stag.)

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