Des apprenants de l’Ecole primaire publique Fidjrossè Kpota, soldats pour la préservation de leur cadre de vie. Grâce à l’action de Pamoja, ils sont instruits et même outillés pour protéger leur environnement. L’innovation ici, c’est qu’ils utilisent les graffitis comme moyens d’expression et de sensibilisation.

Un samedi soir pas comme les autres tout autour de l’Ecole primaire publique Fidjrossè-Kpota à Cotonou. Les passants n’y comprennent pas grand-chose. Mais pour la plupart, ils marquent un arrêt. Le spectacle qu’offre une quinzaine d’écoliers, pinceaux et rouleaux à peindre en main, ne manque pas d’attention. C’est plutôt inédit. A peine dix minutes, et la clôture de l’école est passée de son ancien décor à un nouveau fait de multiples couleurs. Du jaune au vert en passant par le rose, les jeunes apprenants ne se sont pas fait prier pour faire parler leur génie. On aurait dit des apprentis peintres sur un chantier de construction. Mais il n’en est rien. S’ils se sont retrouvés là, c’est pour trois raisons essentielles. La première, c’est que le collectif des associations Pamoja (qui signifie Ensemble en Swahili) et « Africa one crew» l’a voulu. La deuxième, c’est leur passion pour le dessin et la dernière, c’est leur intérêt pour la protection de l’environnement.
Le projet qui les réunit a nom «La planète, ma maison ». Il est porté par « Africa one crew » à travers un duo de graffitistes dont Maurice Zèhounkpè dit l’Africain. Le projet en est à sa deuxième édition et vise à agir sur ces apprenants pour en faire des protecteurs de l’environnement. Ce qui passe par un cadre de vie sain et ensuite par les bonnes habitudes à travers le Festival Fidjros-graff.
La particularité de cette édition, c’est l’apport de Pamoja à travers son trio de filles Rebecca Osei-Baidoo, franco-ghanéenne, Coralie Rose, Britannique et Sadiath Aminou, Bénino-française. Le projet a intéressé leur association qui, à travers une collecte de fonds, a travaillé à mobiliser plus de moyens pour sa réalisation. « Pamoja est un collectif qui promeut des associations sur le terrain. On a commencé par le Bénin à cause de Sadiath. L’idée, c’est de travailler avec des associations locales qui ont déjà du vécu, qui sont implantées sur le terrain et qui travaillent déjà », explique Coralie Rose. Le choix porté sur Fidjrossè n’est pas anodin non plus. Le quartier est au cœur des activités de «Africa one crew ».

Préserver l’environnement par le graffiti

Les écoliers ont suivi une formation théorique et un stage pratique de dessins et de graffitis. Sur ce petit festival pour enfants, ils sont heureux à l’idée de pouvoir réaliser des portraits et des lettrages. Gratien Gankpè, élève au cours moyen première année, jubile tout particulièrement parce que tout seul, il peut faire des graffitis désormais. Il est surtout content d’être de l’effectif et assure que son école sera belle au terme du festival.
Sans doute. Mais l’objectif va au-delà, rappelle Rebecca Osei-Baidoo. Le festival veut inculquer à ces jeunes enfants les notions de base pour la protection de l’environnement. « Ce que nous recherchons, nous autres, ce sont les talents sur le continent, des personnes qui font des choses extraordinaires. Nous voulons faire partie de leur histoire et nous voulons également montrer une autre image de l’Afrique, celle que nous connaissons, pas celle que les autres veulent montrer », appuie Sadiath Aminou. Ce qui fascine surtout Coralie Rose, c’est la détermination des enfants à partager les notions acquises avec leurs camarades, mais aussi avec leurs parents. Pour elle, c’est un avantage inestimable, surtout qu’il y a plus de filles que de garçons dans le lot des écoliers-stagiaires.
Pour réussir ce festival, les organisateurs se sont appuyés sur un réseau d’artistes engagés pour diverses causes comme Yanick Folly, Marius Dansou Sessy to… La plateforme panafricaine d’informations culturelles Dekartcom.net y a joué aussi un rôle majeur. Facilitateur entre les associations au départ, elle a fini par se retrouver dans la peau de coordinatrice en raison de sa notoriété auprès des acteurs culturels.

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