Le patron de « Nouvelle donne musique » devenu, il y a peu, le promoteur de la chaine musicale panafricaine « Digital black music » n’est pas encore satisfait de la musique de son pays. Il faut faire davantage d’efforts pour l’exporter et la porter sur l’échiquier international, soutient-il.

Kodjo Sèna Houngbèmè, promoteur de la chaîne de télévision « Digital black music » et de la structure de production « Nouvelle donne musique » fait partie de la longue liste des producteurs déçus par des artistes béninois. Cette phase de sa carrière de professionnel du show-business, il en parle avec amertume. Inutile de mentionner ici les artistes de la musique urbaine à la base de la frustration de ce promoteur qui cumule plus de vingt ans de métier au service de la promotion musicale au Bénin, dans la sous-région, en France, aux Etats-Unis… 

Malgré cette note salée, le promoteur continue de se battre pour offrir à la musique de son pays une image de marque sur le plan international. Grâce à lui, de nombreux artistes béninois sont positionnés et promus à travers des spectacles, mais beaucoup plus pour une diffusion sur les chaînes thématiques à l’international. Cette promotion s’est accrue depuis que l’homme s’est lancé lui-même dans l’aventure d’une chaîne de télévision, « Digital black music » plus connue sous le nom de « Dbm ». Mais ce n’est pas pour autant que Kodjo Sèna Houngbèmè est satisfait. L’état de la musique de son pays le laisse quelque peu perplexe. « En général, je ne vois rien de novateur, rien de sexy. Je ne vois pas d’avancée. C’est difficile d’avoir des contenus de qualité qui puissent rivaliser avec l’international», se plaint-il.
Comment expliquer alors la flopée d’artistes, notamment ceux de la musique urbaine sur les chaînes de télévision internationales ? « C’est parce que moi je suis d’ici. Je connais le terrain. Certes je n’en fais pas une cause personnelle mais j’apporte ma contribution », explique-t-il. Parlant de contribution, on peut sans risque de se tromper avouer que ce « boss » du showbiz en a apporté et pas des moindres. D’abord, de par sa position de décideur puis de représentant de la chaîne thématique Trace Africa et depuis peu, en tant que promoteur de « Dbm ».

Encore du travail à faire

Malgré ce début de satisfaction, il estime qu’il y a encore du travail à faire. « Pour réussir, il faut mettre en place un système participatif avec les acteurs », propose-t-il. « Il faut faire des états généraux du secteur avec les acteurs d’ici et ceux qui sont à l’extérieur, qu’ils viennent s’exprimer, apporter leurs visions », suggère-t-il ensuite.
Kodjo Sèna Houngbèmè pense que les talents ne sont vraiment pas soutenus pour aller encore plus loin et s’exporter. « Si le Bénin n’a pas des stars, cela ne peut pas susciter des vocations. Le Bénin devrait être fier d’avoir des gens comme nous à la tête d’un projet comme Dbm Tv qui ne court pas les rues », lance-t-il fièrement. Juste le temps de se reprendre, pour laisser entendre qu’au pays, depuis qu’il a lancé ce projet, il n’a reçu aucun soutien politique. « De mon expérience personnelle, les autorités béninoises ne soutiennent pas les projets. Et ce n’est pas normal parce que nous sommes des exemples, une fierté pour l’Afrique. Toute société normale crée ses références pour susciter des vocations », dira-t-il aussi, sans que cela constitue un motif de découragement. « Nous faisons ce que nous pouvons à notre niveau. Pour ma part, pour une culture qui va s’exposer je ferai tout », assure-t-il. Une assurance qu’il partage avec les jeunes Béninois à qui il demande de continuer à rêver. « Quand on ne rêve plus, c’est qu’on est déjà mort », sourit-il.

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