Le Bénin culturel sera à l’honneur durant tout le mois d’octobre à Lomé, la capitale togolaise. A la manette de cette initiative pionnière, deux jeunes promoteurs soucieux de valoriser la culture de leur pays. L’un d’entre eux, Eustache Agboton, laisse découvrir à travers cette interview, l’essentiel de ce qu'il faut savoir du Mois de la culture béninoise à Lomé.

La Nation : Pourquoi avoir initié un « Mois de la culture béninoise à Lomé » ?

Eustache Agboton : Plusieurs raisons sous-tendent la tenue de cette activité. D’un côté, les relations séculaires entre le Togo et le Bénin. Il s’agit de promouvoir le brassage culturel entre ces deux pays afin de raffermir les liens qui les unissent. Mais également, ce projet intervient dans un contexte où le « vivre ensemble » est de plus en plus d’actualité parce que chaque peuple revendique son identité, sa singularité. Ce festival se tient donc pour rappeler la nécessité du dialogue des cultures entre les peuples.
Vous le savez bien, le Bénin entretient avec le Togo en particulier et avec la plupart des pays de la sous-région ou d’ailleurs, de bonnes relations de coopération sur plusieurs plans. Pour nous, une telle initiative vient d’une part célébrer ce fait, mais également mettre en avant le potentiel culturel et artistique des deux pays. La forte communauté béninoise au Togo et de Togolais au Bénin, les similitudes culturelles entre les deux pays et d’autres facteurs ont permis de mettre en place ce projet que nous avons intitulé « Mois de la culture béninoise à Lomé» . Il s’agit en réalité d’un prétexte pour promouvoir le dialogue interculturel entre les deux peuples, tout en mettant en place un circuit de promotion et d’échanges artistiques entre le Bénin et le Togo. Tout ceci, nous en sommes convaincus, favorisera le brassage culturel.

Pourquoi le Togo?

Le Togo, c’est d’abord pour des questions pratiques. Lomé étant linguistiquement et géographiquement la capitale la plus proche de Cotonou. Il nous est apparu évident que, pour une première expérience, c’était un facteur à prendre en compte. D’un autre côté, l’Agence panafricaine d’Ingénierie culturelle (Apic), structure coorganisatrice du festival (avec l’agence Dekart de Emmanuel Tometin), développe depuis quelques mois certaines activités à Lomé. Nous pouvons notamment citer le Forum culturel du Togo qu’elle coordonne avec un partenaire sur place, en l’occurrence l’espace culturel Level. Lomé s’est donc imposée très facilement au moment de décider de la capitale devant accueillir l’activité.
Nous sommes à une semaine de l’évènement. Tout devrait être donc déjà prêt !

A quel niveau
êtes-vous ?

Dans la dernière ligne droite, je dirai. La programmation officielle a été dévoilée depuis le 3 août dernier lors d’une conférence de presse organisée à cet effet dans les locaux du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’Organisation internationale de la Francophonie, qui est un partenaire majeur sur l’activité. Donc, les artistes retenus sont connus. Les espaces connus. Les dates connues. Au total, une soixantaine d’artistes du Bénin et du Togo sont programmés pour se produire dans des espaces de la capitale togolaise à travers 9 activités du 5 au 28 octobre. Il faut mettre en place et finaliser les mécanismes en ce qui concerne leur déplacement, leur hébergement, leur restauration et d’autres aspects logistiques. C’est ce à quoi s’attèle l’équipe d’organisation sur place qui fait tout pour que l’évènement soit une réussite.

Que prévoit la
programmation ?

Nous avons programmé une exposition d’art, une conférence-débat, une rencontre littéraire, un spectacle de danse, une projection cinématographique, une représentation théâtrale, un concert de musique, une soirée Dj, et d’autres activités. En tout, tous les week-ends du mois d’octobre, pas moins de deux activités artistiques et culturelles sont programmées dans divers lieux de la capitale togolaise.
Ce sont toutes des activités qui permettront de mettre la culture des deux pays au centre de l’attention et donc d’assister à un dialogue. Vous n’êtes pas sans savoir que chaque représentation artistique constitue une opportunité de découverte et d’acceptation de l’autre dans ses différences. Ce qui, c’est du moins ce que nous espérons, pourra raffermir les liens entre les populations des deux pays.

Tout porte à croire que vous organisez votre festival sans difficultés et avec des moyens conséquents !

Nous rencontrons des difficultés inhérentes à ce type d’organisation. Mais nous pensons et nous l’avons expérimenté, qu’il ne faut pas perdre de vue l’objectif initial qui est exaltant pour nous. Et qui constitue notre principal leitmotiv. Nous pensons, qu’il ne faut pas s’attarder sur ces difficultés qui nous ont parfois ralentis dans notre élan mais n’ont pas émoussé notre ardeur tant nous n’avons pas arrêté de nous dire que nous n’avons pas d’autres choix que d’avancer.
Dans ce type d’organisation qui vise à réunir deux peuples, qui transcende les frontières, je puis vous assurer que l’argent n’est pas un déterminant. Au contraire, et dans notre cas, ce qui nous maintient et qui nous a vraiment conforté dans l’idée qu’il faut ce genre d’activité, c’est le soutien indéfectible des institutions au plus haut niveau des deux pays. Cela n’a pas de prix. Ensuite, il y a les espaces qui, d’un coup, ont accepté d’abriter les activités. Enfin, les différents partenaires, mécènes, personnes de bonne volonté, qui d’une manière ou d’une autre, ont apporté un quelconque soutien, et pas toujours financier, pour la mise en œuvre du projet depuis le 1er mai où la pré affiche a été rendue publique.
Nous pensons que ce projet permettra de faciliter une plus grande visibilité des cultures des différents pays de la sous-région. Ce qui constitue pour nous une raison supplémentaire de le mettre en œuvre et surtout de le réussir?

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