Les dignitaires et autres acteurs des cultes endogènes ont mis sur pied le Conseil national des cultes endogènes du Bénin (Conaceb), puis élaboré deux documents aux fins d’assainir leurs pratiques. A la faveur d’une cérémonie de présentation desdits documents, mardi 14 août dernier à Cococodji, arrondissement de Godomey, commune d’Abomey-Calavi, ils ont exprimé leur détermination à séparer le bon grain de l’ivraie, pour faire rayonner le Bénin à travers le Vodoun.

Charte pour la pratique des cultes endogènes au Bénin et Code de déontologie des praticiens des cultes endogènes au Bénin, ce sont les deux documents que le Conseil national des cultes endogènes du Bénin (Conaceb) a mis à la disposition de ses membres, après sa création à la faveur de la Conférence nationale des forces vives et autres acteurs des cultes endogènes, tenue les 14, 15 et 16 mai derniers à l’Université d’Abomey-Calavi. 

Le premier document compte douze articles, huit chapitres et définit les objectifs, le champ d’application, les principes et valeurs fondamentaux, les engagements, les dispositions pénales. Le second, quant à lui, comporte 67 articles regroupés en huit titres portant, entre autres, sur les obligations et les devoirs de confraternité entre les praticiens endogènes, envers les usagers, les professionnels de la médecine moderne…
Pour le professeur David Koffi Aza, président du Comité exécutif national du Conaceb, le code de déontologie et la charte constituent un bréviaire pour chaque praticien des cultes endogènes pour qu’ils soient véritablement un dans la diversité. Le Bénin a une culture très riche et très diversifiée, a indiqué David Koffi Aza et l’avènement du Conaceb favorisera l’institutionnalisation et la promotion des bonnes pratiques culturelles et cultuelles endogènes permettant d’améliorer la qualité de vie des populations.
Abondant dans le même sens, le secrétaire général du Comité exécutif national, Hounnongan Ayinahen Assogba, ajoute pour sa part, que le Bénin est connu dans le monde entier comme étant la terre d’origine du Vodoun. Toutes choses qui constituent un atout pour chaque Béninoise et pour chaque Béninois, pour un mieux-être physique, psychique, mental et matériel. « Il est impérieux de sauvegarder et de réhabiliter les valeurs morales et républicaines indispensables au développement de notre cher pays, le Bénin », préconise-t-il devant un parterre d’adeptes et d’autorités politiques à divers niveau.

Autodiscipline

L’assainissement de la pratique endogène s’impose, d’après Hounnongan Ayinahen Assogba, soutenu par le professeur David Koffi Aza. L’autodiscipline et l’assainissement du milieu endogène sont le gage d’un développement réel et du tourisme religieux prônés par le chef de l’Etat et son gouvernement, d’après lui.
Le Conaceb entend tout mettre en œuvre pour le développement du tourisme en général et celui religieux en particulier, a informé le prêtre du Fâ. Admiratif du Programme d’action du gouvernement, le Conaceb fait sienne la vision du chef de l’Etat dans le domaine touristique et s’engage résolument à apporter son soutien au gouvernement du Nouveau départ dans la réalisation de son programme.
Les dignitaires venus du Brésil et de la Guadeloupe ont témoigné leur attachement aux différents cultes endogènes béninois. Tour à tour, Saturnin Divialle venu de la Guadeloupe, chirurgien dentiste de formation, adepte de Vodoun Lègba, et da Silva Costa Ronne, dignitaire, sont passés au pupitre. Si le premier a félicité les membres du Conaceb de vouloir distinguer le bon grain de l’ivraie, le second a annoncé un partenariat entre les dignitaires du culte traditionnel de son pays et ceux du Bénin, pour mieux valoriser et faire la promotion du Vodoun resté stagnant au Brésil depuis les ancêtres.
Parrain de l’événement, Gatien S. Adjagboni, président du creuset Mitchité, membre de l’Union fait la Nation, a mis l’accent sur le besoin que l’on ressent depuis des années d’encadrer les déviances très souvent décriées dans les pratiques endogènes à cause des brebis galeuses qui sont tapies dans les rangs des acteurs. « Cette cérémonie est l’expression même de la diversité culturelle et les cultes endogènes sont pour le Bénin le témoignage d’un attachement sans condition à nos fières origines dont les gardiens ont veillé à sa transmission de génération en génération », se réjouit-il?

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