L’Unesco et le monde ont célébré le 5 mai dernier, la troisième édition de la Journée du patrimoine mondial africain. Carole Borna, directrice du patrimoine culturel au ministère du Tourisme, de la Culture et des Sports, nous explique comment cette journée permet de mobiliser l’attention sur «Le riche et magnifique patrimoine de nos pays ».

La Nation : Comment est née la célébration de la journée du patrimoine mondial africain ?

Carole Borna : Cette initiative fait suite à la décision prise, lors de la 38e session de la Conférence générale de l’Unesco en novembre 2015, de consacrer la date du 5 mai à la célébration du patrimoine culturel et naturel exceptionnel du continent africain, berceau de l’humanité. Le thème retenu cette année est « Aimer le patrimoine mondial africain ». C’est une occasion de sensibiliser les populations à la préservation et à la valorisation des sites africains, et spécialement ceux qui sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Qu’en est-il du patrimoine africain inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco ?

L’Afrique est sous représentée sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco et beaucoup de sites qui figurent sur cette liste du patrimoine mondial sont en péril. Les biens africains représentent environ 13 % des sites inscrits aujourd’hui, c’est peu. C’est pour cela qu’il est très important de protéger et de préserver les biens que nous possédons, car ils sont irremplaçables et leur dégradation ou leur disparition serait une perte énorme surtout pour les générations futures.
Cependant, il faut souligner que de nombreux biens en Afrique sont confrontés à de multiples menaces comme le changement climatique, les catastrophes naturelles, l’urbanisation à grande échelle sur certains sites et les conflits qui engendrent des troubles et permettent les vols et les pillages. Les défis sont grands mais les actions doivent continuer d’être menées et surtout renforcées pour éviter les pertes. Cet héritage est inestimable, du point de vue historique et du point de vue social, car il ne s’agit pas uniquement de sauvegarder et de présenter des biens culturels; mais il est question aussi de développement durable, de valeurs et d’identité culturelles. Les populations ont tout à gagner en s’impliquant dans la gestion des biens, car le patrimoine culturel et naturel bien géré et mis en valeur est un moteur de développement et une source de richesse. Il aide à la réduction de la pauvreté, grâce notamment à la création d’emplois. Cette journée spéciale est aussi pour les Etats africains une occasion de faire le point sur le patrimoine que nous avons en commun et de renforcer la coopération régionale. Chaque pays peut aussi penser à l’inscription de nouveaux sites sur la liste du patrimoine mondial.

Comment s’organisent la préservation et les valorisations des sites ?
Par des campagnes de sensibilisation et des actions concrètes sur les sites : réhabilitations, restaurations, campagne de salubrité, expositions temporaires, visites et événements divers qui aident à la promotion. Au niveau de la direction du Patrimoine culturel, nous misons surtout sur l’implication des jeunes. Ils sont très actifs sur le terrain. Je ne vais pas citer toutes les Ong et toutes les associations béninoises et internationales qui se mobilisent autour du sujet mais elles sont nombreuses et nous les encourageons. Le ministère du Tourisme, de la Culture et des Sports encourage les projets qui visent à sensibiliser la jeunesse à la valeur du patrimoine et de la diversité par le biais d’une approche combinant les activités ludiques et la découverte sur le terrain. Cette démarche est fermement ancrée dans les valeurs de l’Unesco et s’appuie sur les idéaux de diversité culturelle, de dialogue et d’échanges. Les activités menées au niveau local encouragent les jeunes béninois et ceux de divers pays à participer directement à la protection et à la valorisation du patrimoine mondial. Elles permettent ainsi une meilleure connaissance et l’appropriation de ces biens patrimoniaux. Tout cela aide à la transmission de ce riche patrimoine. Demain, ce sont nos enfants qui seront appelés à veiller sur ces trésors et qui seront les garants de nos cultures et de nos traditions.
Nous travaillons aussi avec l’Ecole du patrimoine africain (Epa) à Porto-Novo, qui nous accompagne dans certaines activités et qui met en place des actions de formation et d’éducation à l’endroit de la jeunesse. Et je voudrais à cette occasion inciter les Béninois et tous ceux qui visitent notre pays à se rendre sur nos sites culturels et naturels afin de les découvrir et les faire vivre.

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