Après Cotonou, le journaliste-écrivain Abalo Cocou Mèdagbé a lancé à Porto-Novo, samedi 3 février dernier, son roman « Dieu n’est pas là-bas ». Ce deuxième lancement a été parrainé par l’ancien ministre Christine Ouinsavi.

Etalé sur 216 pages et subdivisé en treize chapitres, le roman « Dieu n’est pas là-bas » d’Abalo Cocou Mèdagbé n’est pas une œuvre d’évangélisation comme pouvait laisser penser, à première vue, sa page de garde. C’est un livre qui promeut plutôt le dialogue interreligieux à travers l’amour et la paix.
En effet, de la présentation de l’ouvrage par l’auteur lui-même, l’on retient essentiellement, que le roman s’ouvre sur la vie d’un cultivateur, un redoutable ancien criminel qui a été finalement arrêté et incarcéré au Nigeria par la gendarmerie de ce pays, malgré ses forces surnaturelles. Revenu au village après trente ans de vie carcérale, le braqueur va se marier à un personnage aussi sinistre que lui avec qui il va mener une vie de couple malheureuse dans une cabane à 10 km du village d’Alafiarou dans la commune de Tchaourou. Le hasard fera connaître à ce couple un pasteur venu de Porto-Novo pour évangéliser les âmes dans Alafiarou. Les deux personnages renaîtront en Christ mais seul le cultivateur a véritablement abandonné ses pratiques maléfiques.
Le suspense de l’œuvre demeure dans l’exploit du pasteur sans pareil. Celui-ci réussit une grande campagne d’évangélisation ayant fait déplacer des milliers d’habitants venus de toutes les contrées d’Alafiarou pour soulager leurs douleurs, selon les promesses des affiches et des autres moyens de publicité. Mal en a pris à ce pasteur trop zélé de fouler aux pieds toutes les valeurs culturelles et cultuelles chères aux populations ayant fait le déplacement. De retour d’une séance d’évangélisation, le pasteur entendit à 3 h du matin des chants et danses provenant d’une rivière. Il décida d’aller détruire l’esprit ‘’satanique’’ qui troublait la quiétude des paisibles citoyens. Il sera porté disparu par la divinité « Tchankpanan » appelé en région Fon le vodoun Sakpata dont il a méprisé la capacité spirituelle, malgré les mises en garde de ses disciples natifs du milieu qui ont échappé au piège en prenant leurs jambes au cou. Malgré les prières des autres pasteurs, des parents et amis, ce n’est qu’après moult négociations avec la haute dignitaire de la divinité, que le pasteur réapparaîtra avec comme un nouveau statut : initié et adepte de la divinité Tchankpanan. Le pasteur reconverti prouvera désormais la force surnaturelle de son pouvoir actuel en guérissant tous les malades venus à la cérémonie de sa réapparition. Bien que ce pasteur consulte désormais le Fâ pour guérir miraculeusement des malades qui se présentent à lui, il ne se sépare pas de sa bible et va montrer à son épouse que les religions se valent et que l’une ne doit mépriser ou discréditer l’autre, note Abalo Cocou Mèdagbé. Un enseignement que salue la marraine de la cérémonie. Christine Ouinsavi s’est dite très impressionnée par l’ouvrage « Dieu n’est pas là-bas », un roman à suspens, selon elle. Elle laisse comprendre que Dieu n’est exclusivement dans aucune religion et qu’il est dans toutes les religions et tout processus qui concourt à édifier l’homme dans l’amour de l’autre. Un point de vue que le Pape Jean Paul II avait toujours prôné dans le monde, souligne Christine Ouinsavi.

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