Quand on a l’âge de Marielle Dégboé, on en sait encore trop peu sur la vie pour oser une œuvre autobiographique. Mais aux âmes bien nées, la valeur apparaît précocement. Des valeurs, cette jeune entrepreneure devenue auteure par la force des choses en a. Elle a aussi un parcours, une mission… une vie qu’elle résume et offre à travers son ouvrage « El-Ya une mission entamée» paru aux « Editions plurielles» et officiellement lancé le samedi 2 décembre dernier à Artisttik Africa à Cotonou.

« Elle est une héroïne discrète et efficace ». C’est l’écrivain Florent Couao-Zotti à qui est revenu l’honneur de préfacer l’ouvrage « El-Ya une mission entamée» de Marielle Dégboé qui le pense et le justifie. « Son engagement citoyen est viscéral. Elle l’a chevillé au corps depuis le berceau. Elle en prendra de la graine au fil des ans… ». Tout le livre est d’ailleurs engagement. 225 pages à travers lesquelles l’auteure se laisse découvrir et fait connaître chacun des univers qui ont façonné son être. Elle y évoque son père, l’épervier. Cet homme qui a la rigueur à fleur de peau et qui, comme tout bon comptable, rêvait de voir sa bien-aimée fille reprendre en main son cabinet pour en perpétuer le fonctionnement. Sauf que son plan n’a pas intégré le charisme de Marielle, sa fascination pour le bonheur des autres et sa détermination à la cause des gens faibles. « Narratrice de sa propre vie, El-Ya ne manifeste pas cependant l’envie de se mettre en avant. Elle y décrit simplement sa vie», écrit Florent Couao-Zotti. Plus loin dans la préface, on lira aussi que la jeune auteure veut dévoiler sans dévoiler et veut montrer sans tout exposer.
Deux parties composent l’ouvrage réparti sur neuf chapitres. On y découvre entre autres, «El-Ya la bénie », « La part de spiritualité», « L’essence d’une farouche combativité », « Au service de ses pairs », « Oser », « Une leader polyvalente », « le Bilan », « El-Ya et la profession-passion». On aperçoit entre les lignes l’enfant Marielle la fragile devenue au fil des pages l’adulte Marielle la forte. Cette mutation s’est faite au prix de lourds sacrifices. D’abord, une part de spiritualité imposée, si non inculquée par le père spirituel de l’auteur, pour qui, celle-ci est « combative dans l’âme et dans la chair et mène diverses luttes pour s’affirmer ». S’affirmer ! C’est l’autre combat mené par cette jeune auteure « innocente et douce par nature », mais aussi « combative, forte, formidable, intelligente ».

Femme de caractère

Il ne saurait en être autrement, lorsque des échecs « salutaires» sont venus se greffer sur son parcours scolaire, sans pour autant atteindre le fond de son engagement. Reprendre par deux fois le baccalauréat, cet examen, porte d’entrée à l’université peut décourager et même affaiblir. Marielle, elle, en a fait la raison de ses premiers combats. A 20 ans, mission accomplie. Elle entame dès lors une autre mission partagée entre passion, douleur, engagement, découragement, rebondissement, relance et endurance. Celle-là même qui vaut le livre lancé samedi dernier. Premier sentier, la radio Ado Fm. 21 ans, prête pour le militantisme associatif. Si avant elle a lu certains auteurs qui l’ont aidée à forger sa personnalité, elle a désormais la possibilité d’en faire les preuves, au service de ses pairs. Celle qui s’est assigné toute jeune la mission de défendre la cause de ses semblables peut donc éclore.
C’est d’ailleurs là que le livre prend tout son sens. Et même si Marielle Dégboé n’a pas pu devenir magistrat comme elle le rêvait pour opposer le droit à l’injustice, elle a su autrement faire ce combat, notamment à travers son militantisme. Elle s’émancipe très vite d’après le récit qu’elle relate de sa propre vie. Les marches de la vie professionnelle et associative, elle les avale les unes après les autres. Elle ne vise que haut, pourrait-on dire, tant on se rend à l’évidence en lisant « El-Ya...» que pour son auteure, l’à peu près et le minimum n’existent pas. Son intelligence et sa polyvalence vont l’y aider. Le décès de sa mère aussi. A ceux de sa génération qui végètent dans l’obscurité de l’ignorance, Marielle Dégboé offre une lumière. Elle ne s’impose pas comme un modèle, elle n’en rêve même pas visiblement et reconnaît ses limites. Mais elle s’offre, parle à la jeunesse, l’invite à l’audace, l’incite à l’action pour qu’avec elle s’élève le monde. « Elle peut inspirer des gens », note Florent Couao-Zotti.
En somme, elle est « une fille en or » comme l’a reconnu la grande chancelière de l’Ordre national du Bénin, Koubourath Osséni, vantant les mérites de Marielle Dégboé.
« El-Ya une mission entamée» est la toute pemière publication de Marielle Dégboé. La première de couverture est illustrée avec son portrait en blanc noir. L’auteure est titulaire d’une Licence en finances, comptabilité et audit et d’un Master en communication politique. Elle est l’actuelle présidente régionale Cedeao du Réseau ouest-africain des jeunes femmes leaders?

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