Le bureau de la Confédération nationale des employeurs du Bénin (Coneb) était face aux hommes des médias, ce mardi 8 octobre, à Cotonou. Une image plutôt rare qui, d’emblée, montre qu’il y a urgence. Et c’est le cas, puisqu’au menu des échanges, figurent uniquement l’épineux problème de fermeture des frontières nigérianes et ses conséquences sur l’économie béninoise.

La Confédération nationale des employeurs du Bénin (Coneb), appuyée par les présidents des faîtières des producteurs, des transformateurs et des exportateurs d’ananas du Bénin, a animé, hier à Cotonou, une conférence de presse au sujet de la fermeture des frontières par le Nigeria et ses impacts négatifs sur leurs commerces et l’économie béninoise en général. Des échanges à bâtons rompus avec la presse qui se sont soldés par les propositions de la Coneb à l’endroit des gouvernants et du secteur privé pour non seulement maîtriser la situation actuelle mais aussi rendre le Bénin moins dépendant du Nigeria.
« Au nombre de ces doléances, insiste Albin Feliho, président de la Coneb, on peut citer la création d’une commission ad’ hoc pour évaluer les impacts de la fermeture des frontières nigérianes sur les entreprises béninoises en vue de recommander des mesures incitatives à intégrer dans la loi de finances, gestion 2020 ». Les employeurs béninois sollicitent aussi du gouvernement, « des mesures financières exceptionnelles de subvention (après évaluations) au profit des entreprises affectées par cette situation avec le Nigeria afin d’éviter la faillite des sociétés fournisseurs du marché nigérian ayant déjà constitué des stocks en réponse des prévisions des demandes périodiques avant la fermeture des frontières ».
Toujours en termes de propositions à l’endroit de l’Exécutif béninois, la Coneb suggère, entre autres, « l’adoption d’une loi sur la préférence nationale dans certains biens et services produits par les entreprises nationales (la liste des produits sera définie et actualisée chaque année de concert avec l’administration et les représentants du secteur privé) ». Elle propose également qu’un programme spécial de mise en valeur des zones économiques soit élaboré et mis en œuvre de manière rigoureuse.
Outre le gouvernement, les employeurs du Bénin ont également formulé des propositions à l’endroit du secteur privé auquel ils appartiennent. Il faut dire qu’en amont, puis en aval de ces suggestions, ces créateurs de richesse ont rappelé l’historique des liens commerciaux entre le Bénin et le Nigeria, dévoilé les démarches qu’ils ont entreprises afin de contribuer au dégel de la situation, décrit le calvaire qu’ils vivent depuis un mois et demi, que le Nigeria, leur principal marché d’écoulement, a décidé de fermer ses frontières terrestres avec le Bénin.
La Coneb estime, entre autres, que « la prospérité commerciale du Bénin et l’équilibrage de sa balance commerciale résulteront, en partie, de sa capacité à saisir les opportunités que lui offre le marché nigérian dont il dépend énormément ». Par conséquent, martèlent les employeurs, le Bénin doit trouver des solutions endogènes pour réduire sa vulnérabilité trop élevée vis-à-vis du Nigéria, c’est-à-dire transformer ce qui lui semble être une menace en opportunité. Mais pour y parvenir, explique Albin Feliho, faudrait-il que le pays se montre plus compétitif, commercialement plus agressif.

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