Le ministre du Cadre vie et du Développement durable, José Didier Tonato, a effectué, ce jeudi 3 octobre, une descente sur les chantiers des lots 10A et 1A du projet Asphaltage en souffrance respectivement à Abomey-Calavi et Cotonou. Vu l’ampleur des manquements relevés, les parties prenantes ont dû convenir d’un plan d’urgence d’exécution des travaux.

Abomey-Calavi, lot 10A du projet Asphaltage. Ici, l’on note des malfaçons sur les caniveaux préfabriqués, le mauvais aménagement des voies de déviation, la  mauvaise gestion de l’hygiène, de la sécurité et de l’environnement, le piétinement dans l’implantation des poteaux électriques,… Bref, les travaux sont au ralenti. A peine 30 % de taux de réalisation physique. Le préfet de l’Atlantique, Jean Claude Codjia et le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Didier Tonato, sont mécontents. « Nous avons 12 lots actuellement en cours dans 9 villes du Bénin… Le classement de ces lots montre qu’au niveau des deux derniers, les choses sont en retard. Nous avons Cotonou 1A géré par l’entreprise Hnrb, et Abomey-Calavi 10A, curieusement, c’est encore l’entreprise Hnrb. Pourquoi cela n’avance-t-il pas ? », interroge José Didier Tonato. L’autorité ministérielle interpelle alors le directeur de l’entreprise en charge des travaux et le chef de la mission de contrôle afin de leur imprimer « une marche forcée » pour que le chantier soit livré conformément au cahier des charges. « C’est l’objet de ma visite ici », lance-t-il.
En réponse aux questions de l’autorité, les entrepreneurs expliquent que ce retard est dû aux pluies diluviennes qui s’abattent ces derniers temps sur la ville de Calavi. Un argument irrecevable, selon le ministre du Cadre de vie.
Contrairement à ce qui a été constaté à Abomey-Calavi, le chantier de Cotonou connaît un taux d’exécution meilleur, soit 43 %. Toutefois, de nombreux manquements ont été constatés sur le chantier et les ouvrages réalisés, au point même de provoquer la colère de toute la délégation (qui a été rejointe par le maire de la ville de Cotonou, Isidore Gnonlonfoun) y compris des éléments de la Police républicaine.

Rupture de contrat ?

Au regard des constats effectués, le ministre du Cadre de vie estime que « l’entreprise est en cause, et la mission de contrôle  aussi ». « Nous sommes venus convenir de comment nous allons faire la marche forcée à partir de maintenant. Il y a un programme hebdomadaire qui est établi. Il y a des décisions qui vont tomber. Nous avons fini notre stock de mise en demeure. Maintenant, nous allons passer aux résiliations, et peut-être également aux mises en régie », a menacé José Didier Tonato. « Je suis venu annoncer ça clairement à l’entreprise Hnrb », ajoute-t-il d’un ton ferme. L’entreprise a donc deux semaines pour mettre en œuvre le plan d’urgence qui a été convenu, et la mission de contrôle, de son côté, a jusqu’au 11 octobre prochain pour s’exécuter. Ainsi, d’ici mi-octobre, ce plan de redressement sera évalué et en cas d’échecs le ministère du Cadre de vie prendra ses responsabilités. « Si les choses ne se passent pas bien, nous allons passer à l’attaque », prévient l’autorité. Le ministre invite, par ailleurs, les responsables des villes bénéficiaires du projet à faire le gendarme derrière les entreprises pour que les travaux puissent évoluer comme il se doit.

Satisfaction tout de même

L’objectif premier de la descente de l’autorité sur les chantiers, hier, est de relever tous les manquements et de convenir d’une porte de sortie validée par toutes les parties. Là-dessus, José Didier Tonato, Jean Claude Codjia et Isidore Gnonlonfoun estiment qu’il a été atteint. Les trois personnalités n’ont d’ailleurs pas caché ce sentiment de satisfaction devant les hommes des médias. Les travaux vont bientôt prendre fin, et Cotonou sera beau à voir, assurent-ils. « Je crois que l’asphaltage, c’est un projet qui a été méthodiquement bien monté. On n’a pas fait les choses au hasard… », se réjouit le préfet.

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