La communauté musulmane a commémoré, ce dimanche 11 août, l’Aïd el-Kebir encore appelé la fête de Tabaski ou de mouton.

Au-delà de l’immolation d’un mouton en remplacement d’un homme, la célébration de la Tabaski enseigne également la soumission totale à la volonté de Dieu. L’imam central de Porto-Novo, Houzéifat Amzat qui a présidé, ce dimanche 11 août, la grande prière consacrant le lancement de la fête de l’Aïd el-Kebir dans la ville capitale, a rappelé cet enseignement coranique dans son sermon qu’il prononce successivement, en française, yoruba et arabe. Pour lui, cette soumission totale à Dieu passe par la culture des valeurs telles que l’humilité, la piété, la sagesse, le pardon, la patience et le sacrifie de soi. Mieux, celle-ci doit se traduire par le don de soi, de son autorité, de ses biens et de sa fortune en tout temps et en tout lieu, insiste le célébrant. Ces valeurs doivent guider tout musulman dans ses actes et ses relations notamment envers le créateur et les autres créatures, poursuit l’imam central de Porto-Novo. « Nous devons nous soumettre à la volonté de Dieu face à toute épreuve que nous subissons, y résister et ne pas ébranler notre foi et notre croyance, celle de notre famille et de nos communautés », exhorte Houzéifat Amzat.
En cette période de fête, le célébrant a conseillé aux fidèles musulmans d’éviter de tomber dans les excès qui peuvent invalider leurs actes de piété, de pardon et de sagesse auprès de Dieu. L’autre temps fort de la prière est l’immolation du mouton par l’imam central de Porto-Novo. Il a en effet tué symboliquement sur place trois béliers pour donner le top de la fête. Houzéifat Amzat a invité les fidèles qui en ont la possibilité de s’acheter une bête, d’en faire autant chez eux, en signe de reconnaissance à Allah. Mais il n’a pas manqué de rappeler les prescriptions du coran qui recommande que la viande du mouton immolé soit partagée en trois parties : une partie pour la famille, et les deux autres pour les proches et les pauvres.
Pour le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, le message du muezzin au cours de la grande prière témoigne de ce que la religion musulmane est une confession de paix, d’humilité, de pardon et de tolérance. Autant de valeurs dont a besoin, selon Louis Vlavonou, en ce moment, le Bénin, pour la consolidation de l’unité et de la fraternité. Le deuxième adjoint au maire de Porto-Novo, François Ahlonsou, a abondé dans le même sens. Il salue aussi la teneur du sermon de l’imam qui appelle surtout à la conjugaison des efforts des uns et des autres pour un meilleur vivre-ensemble à Porto-Novo?

Thibaud C. NAGNONHOU A/R Ouémé-Plateau

Malanville sacrifie à la tradition
C’est parés de leurs plus beaux habits que les fidèles musulmans de Malanville ont pris d’assaut la grande mosquée et ses alentours. Pour rallier les lieux où l’imam Mustapha Ibrahim a officié la grande prière, ce n’était pas facile de se frayer un passage. La cérémonie a connu la présence du maire Inoussa Dandakoè et des membres de son Conseil communal.
Après les deux rakats, l’imam est revenu sur les origines de la fête. Elle est, a-t-il indiqué, un moment de louanges, d’obéissance et de soumission comme Ibrahim l’a fait à Allah. C’est l’occasion, selon lui, de bienfaisance envers le créateur et de chercher à bénéficier de son aide pour une meilleure pratique de l’islam. Il a ensuite exhorté à beaucoup plus de sacrifice pour Allah et le pour pays. L’imam a ensuite procédé à l’immolation de son bélier gras, accordant ainsi l’autorisation aux fidèles d’aller accomplir le même geste, une fois de retour chez eux.
Aux côtés des autres fidèles, le maire Inoussa Dandakoè a également imploré le Tout-puissant miséricordieux à veiller sur le Bénin et ses dirigeants. Il a invité ses administrés à faire preuve de beaucoup de solidarité et d’union. Pour le développement de Malanville, a-t-il rassuré, personne ne sera de trop. Il a rendu hommage au chef de l’Etat pour tout ce qu’il fait afin que Malanville puisse bénéficier du minimum qu’il lui faut, pour le mieux-être de ses populations.

Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori

La foi au service de la paix à Natitingou
L’imam de la mosquée centrale de Natitingou, El Hadj Nourou Dine Sanni s’est appesanti dans son exhortation, à l’occasion de la prière marquant l’Aïd el Kébir, sur la foi en Dieu qui doit permettre d’éviter les mauvais actes.
Par ailleurs, toute la communauté doit cultiver la paix, explique El Hadj Nourou Dine Sanni. Car il n’y a pas de développement sans la paix. S’il est vrai que chacun est libre dans sa croyance religieuse cette dernière procure du respect au croyant. Respect pour Dieu et vis-à-vis de ses semblables. La croyance confère une bonne orientation du fidèle qui ne doit pas s’inscrire dans des actes indignes.
El Hadj Nourou Dine Sanni a également invité les croyants à vouer du respect à leurs géniteurs. Il importe, selon l’imam, qu’on s’occupe d’eux. « Les parents sont en première position; c’est eux qui nous ont donné la vie. Si nous leur désobéissons, nous n’allons pas réaliser nos rêves », conseille-t-il.
Le préfet de l’Atacora, Lydie Déré Chabi Nah, exprime sa joie de venir soutenir la communauté musulmane à l’occasion de cette fête. D’obédience catholique, elle témoigne sa gratitude à l’imam central qui accompagne les autorités politico-administratives dans l’éducation des populations. Pour elle, la bonne disposition de l’homme de Dieu concourt à la cohabitation religieuse, toutes choses qui garantissent la paix. Toutefois, elle a invité les jeunes et toute la communauté en fête à ne pas dépasser les bornes en s’enivrant.
Des conseils sur lesquels rebondit le maire de Natitingou, Eric Christophe Pontikamou. « Vous ne pouvez pas faire le développement avec des gens qui ne craignent pas Dieu. A voir ce que fait la religion, il importe de lui témoigner sa reconnaissance pour cette contribution qui concourt à la manifestation de la paix », rappelle le maire. Car, relève Eric Christophe Pontikamou, l’imam a exhorté au pardon, à la tolérance et au développement.
Le maire a, pour finir, conseillé aux populations la courtoisie en circulation et la modération dans la mesure où après la fête, la vie devra continuer pour le relèvement des nombreux défis qui demeurent.

Didier Pascal DOGUE AR/Atacora-Donga   

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