Par Josué F. MEHOUENOU

Le gouvernement béninois procède depuis peu, à un nouveau réaménagement de sa carte diplomatique. Une  option diversement appréciée et vue par certains comme une rupture de relations diplomatiques. Mais dans les faits, il n’en est rien.
Ce n’est pas la première fois sous l’ère du régime de la Rupture que le Bénin refond sa carte diplomatique, supprime certains postes, renforce d'autres, dans une logique de rationalisation et pour plus de performance. Si au premier essai, l’exercice a été réussi et même apprécié par la diaspora béninoise qui s’est sentie plus proche de ses porte-voix, le dernier réaménagement en date laisse place à quelques interrogations.

En effet, des voix se sont fait entendre, condamnant l’ambition du gouvernement béninois de procéder à nouveau à la suppression de certaines de ses ambassades et représentations diplomatiques. Elles y voient une « rupture de relations diplomatiques » avec les pays concernés. « Cela rentre dans le cadre, non d’une rupture de relations diplomatiques, mais plutôt du réaménagement de la carte diplomatique de notre pays. Les relations entre notre pays et ceux concernés par la mesure demeurent donc », répond un document diplomatique auquel notre rédaction a eu accès et précisant qu’« une ambassade, un consulat général n’étant que la manifestation physique de ces relations ».
Plus explicite sur certains cas, le document suscité apporte des précisions dans l’optique de faire taire des rumeurs plutôt nuisibles à la diplomatie béninoise et entretenues, semble-t-il, par certains de ses acteurs qui supportent difficilement d’avoir perdu des avantages faramineux liés à des postes plus fictifs que bénéfiques pour le pays. Ainsi, par exemple, apprend-on que relativement « à l’ambassade du Bénin à Ottawa (Canada), la représentation à New-York, l’Ambassade du Bénin à Washington peut bien avoir vocation, dans le souci de rationalité, à s’occuper de leurs prérogatives ». Il faut y voir, recherche d’efficacité, pertinence, ajustement de la présence du Bénin dans le monde avec moins de moyens et plus de résultats. Partout où le besoin se fera sentir, assure-t-on, on jouera avec les moyens, « en mutualisant là où il faut le faire, en réduisant la taille du personnel là où cela est nécessaire puis en fermant momentanément là où cela est indiqué de le faire » et dans le même temps, procéder où le besoin se fait sentir à un renforcement.
« Quand on évoque le Vatican par exemple, l’ambassade du Bénin à Rome peut raisonnablement remplir la fonction comme d’autres pays le font déjà », souligne le document.
Le Bénin n’innove en tout cas pas en la matière. Bien d’autres pays ont déjà expérimenté, avec succès, le réaménagement de leurs cartes diplomatiques sans pourtant perdre en termes de relations avec d’autres pays ou sombrer, diplomatiquement parlant. « Il est à noter aussi que les fermetures interviendront suite à des démarches explicatives qui auront permis de partager les motivations du Bénin avec ses partenaires », précisent par ailleurs nos sources qui n’excluent pas une réouverture d’un poste diplomatique dans tel ou tel pays « si les conditions objectives sont remplies ».

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