Les partis politiques de l’opposition n’ont jamais été exclus des élections législatives du 28 avril dernier au Bénin. Ils ont plutôt boycotté ces consultations électorales pour des raisons inavouées. C’est la substance du message délivré ce mardi 9 juillet, par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, sur la situation politique au Bénin, à l’occasion de la 45e assemblée générale de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (Apf) qui se tient à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Les députés membres de l’Assemblée parlementaire francophone (Afp) en savent un peu plus désormais sur la situation politique au Bénin. Cela, à la faveur de la 45e assemblée générale de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (Apf) qui se tient à Abidjan en Côte d’Ivoire. Les travaux réunissent des députés venus d’environ 88 pays du monde entier et sont placés sous le thème : « Parlement et renforcement de la démocratie ». Le Parlement béninois prend part aux travaux avec une délégation de cinq députés conduite par le président Louis Vlavonou dont le discours était fortement attendu sur la situation politique avant, pendant et après les élections législatives du 28 avril dernier. Mais l’auditoire a été servi. Dans un langage direct, le président de l’Assemblée nationale accuse les partis de l’opposition de s’être écartés délibérément du processus électoral en ne se conformant pas à temps aux dispositions de la nouvelle Charte des partis politiques au Bénin. «Comment pourrait-on donc affirmer que l’opposition a été exclue des élections ? Elle les a plutôt boycottées, certainement à des fins inavouées. Cette opposition disposait de six mois pour se conformer aux nouvelles règles. Ne pas le faire et exiger de revenir à l’ancienne charte à un moment où cela ne pouvait que conduire à un vide institutionnel, relevait d’un complot contre la démocratie béninoise», dénonce Louis Vlavonou.
Il fait un tour dans l’histoire pour rappeler à l’auditoire qu’après 17 années de régime militaro-marxiste-léniniste, le Bénin a résolument choisi la voie du renouveau démocratique  après l’historique Conférence des Forces vives de la Nation de février 1990. Cependant, ce choix a conduit ce petit pays de 11 millions d’habitants et de 112600 km2  à donner naissance à plus de 250 partis politiques essentiellement de clans, de régions, de quartiers et qui n’ont jamais pu ni conquérir ni exercer le pouvoir d’Etat en 30 ans de parcours politique.

Foi en l'avenir

Les dérives liées à la corruption de ce système partisan débridé, explique Louis Vlavonou, ont conduit l’ensemble de la classe politique béninoise, à opter pour la réforme du système partisan afin de donner naissance à de véritables formations politiques d’envergure nationale, capables de conquérir et d’exercer le pouvoir d’Etat. Ce qui a été fait sous la septième législature qui a pris ses responsabilités en dotant le Bénin d’une nouvelle Charte des partis politiques et d’un nouveau Code électoral, poursuit le président de l’Assemblée nationale. Il rappelle que les deux textes ont été adoptés presque à l’unanimité. « Dans notre situation, ce qui a manqué n’est pas le consensus lui-même, principe à valeur constitutionnelle au Bénin ; c’est plutôt notre capacité intrinsèque à matérialiser le consensus », relève avec insistance Louis Vlavonou qui regrette tout ce qui s’est passé par la suite, pendant cette période électorale. «…C’est faire du tort à la démocratie elle-même que nos contradictions politiques aient pu dépasser le Parlement pour aller s’exprimer dans la rue », déplore le numéro1 du Parlement béninois. Mais il se dit confiant en l’avenir. Car, il travaille, dit-il,  autant que faire se peut pour faire ramener ces contradictions politiques, ferment de la démocratie, dans leur sanctuaire légitime qu’est l’Assemblée nationale. « L’enjeu aujourd’hui est de faire du Bénin une démocratie plus forte, une véritable démocratie à la base, et non de façade, capable de nous transformer de l’intérieur et d’impacter positivement les conditions de vie de nos populations qui commencent à désespérer de la démocratie ‘’Nescafé’’», assure Louis Vlavonou. Il a sollicité le soutien de l’Assemblée parlementaire francophone pour y parvenir. « La grande famille que nous constituons trouvera toujours en mon pays un allié sûr, une terre d’approfondissement de la communauté de destin que nous bâtissons avec foi et espérance », conclut le président de l’Assemblée nationale qui participe aux assises d’Abidjan avec quatre autres de ses collègues, en l’occurrence Awahou Bissiriou, Sabaï Katè, Eustache    Akpovi et Sèdami Mèdégan Fagla.

Évaluer cet élément
(1 Vote)
Lu 600 fois