Par Maurille GNASSOUNOU depuis Ismaïlia

Après une trêve de 24 heures, la compétition reprend ce jour, mercredi 10 juillet. Poursuivant la croisade engagée contre les Lions en Egypte, les Ecureuils du Bénin partiront, cet après-midi, à partir de 17 heures, au 30 June Stadium du Caire, à l’assaut de ceux de la Teranga du Sénégal. C’est pour le compte de la première affiche des quarts de finale. En pleine confiance actuellement, Stéphane Sessègnon et ses coéquipiers auront à cœur de se qualifier pour la demi-finale.

De 24 au départ de la compétition, vendredi 21 juin dernier, elles ne sont désormais que 8 sélections à être encore en lice, puis à prétendre au sacre continental. L’enjeu, pour chacune d’elles, ce sera la qualification pour le dernier carré d’as. Aussi bien les Ecureuils du Bénin que les Lions de la Teranga pourraient bien s’adjuger le premier ticket. Pour le compte de la première affiche des quarts de finale, les deux sélections ont rendez-vous cet après-midi à 17 heures, au 30 June Stadium du Caire.
Présent en Egypte pour sa 15e participation à une phase finale de la Can, le Sénégal partira certainement avec la faveur des pronostics. Même s’il n’a pas encore trouvé sa vitesse de croisière, il reste également la première nation africaine au classement Fifa/Coca-cola. A ce titre, il va chercher à entamer le match de manière conquérante, puis à se procurer des occasions. Pour ce faire, l’équipe dispose de potentialités comme Sadio Mané, Henri Saivet, Mbaye Niang, Kalidou Koulibaly, Idrissa Gana Gueye, Salif Sané, Cheikou Kouyaté, Keita Baldé, Moussa Wagué et autres.

A chacun sa chance

Comme il semble s'aguerrir au fur et à mesure de la compétition, le Sénégal a élevé le niveau de son jeu face à l’Ouganda. On ne devrait pas être surpris de voir les hommes d’Aliou Cissé monter encore en puissance, pour gagner ce match à élimination directe. Mais de là à afficher un optimisme béat, ils feront les frais de l’opportunisme et de la témérité des Ecureuils du Bénin qui connaissent actuellement leur grande épopée.
En effet, après avoir renvoyé à la maison les Lions de l’Atlas du Maroc avec sa pléiade de stars comme Achraf Hakimi, Mehdi Benatia, Hakim Ziyach, Sofiane Boufal, Younes Belhanda, Boussoufa, Nabil Dirar, Noureddine Amrabat, les poulains de Michel Dussuyer sont en pleine confiance. Stéphane Sessègnon et ses coéquipiers, si ce n’est pas de mettre également fin au rêve des Sénégalais, n’entendent pas se laisser impressionner par eux.
Les Ecureuils du Bénin sont décidés à jouer crânement leurs chances jusqu’au bout. En invité surprise des quarts de finale de cette 32e Can, Egypte 2019, ils ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin. Ainsi, loin de subir la pression de leurs adversaires, ils tenteront de jouer comme ils l’ont fait jusqu’à présent. Conscients qu’en matière de qualité, ils n’ont pas la meilleure équipe, les Béninois éviteront de se découvrir, en procédant une nouvelle fois par des blocs défensifs. Une stratégie qui a consisté à embrouiller bien de sélectionneurs dont ils ont eu à faire avec les équipes. Face aux Sénégalais, ils essayeront à nouveau de bousculer la hiérarchie.

Des effectifs presque au complet

Privés de leur défenseur central, Khaled Adénon, dont la Caf a confirmé la suspension, ils récupéreront leur véloce avant-centre Steve Mounié.  Du côté du Sénégal, touché lors du match face à l’Ouganda en huitièmes de finale, après avoir raté celui contre l’Algérie, l’ailier Ismaïla Sarr n’est pas sûr d’être aligné.
Par ailleurs, contrairement à Mbaye Diagne qui estime qu’il n’y a pas photo entre les deux équipes, l’ancien capitaine de la sélection nationale du Sénégal, El Hadji Ousseynou Diouf a invité les poulains d’Aliou Cissé à ne pas se montrer suffisants mais plutôt à respecter les Ecureuils. « Le Bénin a réalisé un très beau parcours et ses joueurs vont se dire que si on a battu le Maroc, pourquoi pas le Sénégal », a-t-il indiqué. « Le Bénin va jouer son va-tout sur cette rencontre et le Sénégal ne doit rien laisser au hasard s’il veut aller loin dans cette compétition », a poursuivi le buteur contre la France lors du Mondial Corée du Sud-Japon.
Pour arriver à ce stade de la compétition, les Ecureuils du Bénin ont battu les Lions de l’Atlas du Maroc (1-1 a.p., 4-1 aux t.a.b) en match de huitièmes de finale, vendredi 5 juillet dernier, au Al Salam Stadium du Caire. Quant aux Lions de la Teranga, ils se sont contentés du service minimum (1-0) face aux Cranes de l’Ouganda, le même jour du côté du stade international du Caire.
En 2017, ils étaient tombés en quarts de finale, au bout d'une cruelle séance de tirs au but face au Cameroun, le futur vainqueur. Sadio Mané avait alors terminé en larmes après avoir raté sa tentative.
En cinq confrontations entre les deux pays depuis le 31 janvier 1982, c’est le Sénégal qui l’emporte avec 4 victoires contre un nul. Leur dernier face-à-face a eu lieu le 18 janvier 2008 à Ouagadougou, au Burkina-Faso. C’était en match amical et les Sénégalais l’avaient emporté (2-1).

Respect mutuel entre les deux adversaires en présence

Les deux sélections ont tenu leur dernière séance d’entraînement hier, mardi 9 juillet. Alors que les Ecureuils étaient au stade Nady Al Sika Al Hadid, c’est l’annexe 3 du 30 June Stadium qui a accueilli les Lions de la Teranga.
Avant ces séances d’entraînement, il y a eu la traditionnelle conférence de presse dans la matinée. Le Bénin, a tenu à préciser Michel Dussuyer, jouera sans pression. « Nous sommes dans une courbe ascendante et nous allons faire un grand match pour continuer notre aventure. Lors de nos derniers matches, nous avons dépensé beaucoup d’énergie et, avec le repos que nous avons eu ces derniers jours, ce n’est que bénéfique pour nous », a-t-il insisté. « L’équipe du Sénégal est très bonne avec des qualités tactiques et physiques », a également fait observer le technicien français. Dans ce match, précise-t-il, « chaque détail compte et nous devons  être concentrés durant toute la rencontre ». Selon Olivier Verdon, c’est au mental que le match va se jouer, un atout essentiel dont les Ecureuils ont le secret. « Nous connaissons bien cette équipe du Sénégal avec ses individualités qui ne sont plus à présenter, mais notre groupe est bon et je pense que nous sommes meilleurs collectivement », a ajouté Olivier Verdon.
A leur suite, le sélectionneur sénégalais reconnaitra  que face au Bénin, ce sera un match difficile. « Si le Bénin est là, cela veut dire que c’est une équipe qui a réalisé de bons résultats. En Afrique, il n’y a plus de petites équipes et nous allons prendre très au sérieux cette équipe du Bénin. L’humilité et la modestie sont très importantes », a-t-il souligné. « C’est un adversaire compliqué. Le Bénin n’est pas arrivé ici par hasard. Il a sorti le Maroc et c’est une équipe bien organisée et généreuse. Ce sera un match différent de celui contre l’Ouganda. Il faut qu’on regarde mieux cette équipe béninoise pour savoir comment la jouer. C’est un style de jeu complètement différent. Le système aussi peut l’être. Ils ont des caractéristiques bien différentes, donc c’est à nous de bien nous préparer. Ce sont des matches à élimination directe et tout doit être parfait de notre côté », a appuyé le joueur sénégalais Henri Saivet. « Nous sommes ici pour remporter le trophée. Il ne faut pas sous-estimer cette équipe du Bénin qui réalise un bon tournoi. Je connais certains joueurs du Bénin qui sont mes amis et je sais que c’est une équipe qui fera tout pour passer ces quarts de finale », a soutenu son coéquipier Salif Sané.

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