Au cours de la Can Egypte 2019, les Ecureuils du Bénin vont affronter les Lions indomptables du Cameroun et les Black Stars du Ghana, deux ogres au passé impressionnant du football africain. Mais,ce n’est pas pour autant que leur état d’esprit s’en trouverait émoussé.

C’est avec l’ambition de mieux faire que lors de leurs trois précédentes participations à une phase finale de la Can, que les Ecureuils du Bénin ont arraché de hautes luttes leur qualification pour Egypte 2019, dimanche 24 mars dernier à Cotonou, face aux Eperviers du Togo. Avant d’envisager la suite de la compétition, leur objectif immédiat est de franchir le premier tour. Ce qui, plus qu’un exploit, constituerait une première dans l’histoire du pays, depuis son indépendance en 1960. Sous la houlette de leur entraîneur, Michel Dussuyer, Stéphane Sességnon et ses coéquipiers entendent bien relever ce défi. Le verdict livré par le tirage au sort effectué, vendredi 12 avril dernier au Caire, est loin d’avoir entamé leur détermination.

24 équipes partiront à la conquête du trophée

Pour eux, l’époque où ils pouvaient se permettre d’aller à une phase finale de la Can pour apprendre, est désormais révolue. Si à Ghana 2008, le bilan fut le même qu’à Tunisie 2004, avec 3 défaites concédées en autant de sorties, les Ecureuils ont réussi à ramener un point de leur expédition à Angola 2010. Celui du match nul (2-2) réalisé face aux Mamba du Mozambique. En Egypte, ils doivent chercher à faire mieux et passer à un autre cap.
Logés dans le groupe F basé à Ismaïlia, les Ecureuils ont hérité, en dehors des Djurtus de la Guinée Bissau, de deux gros clients à la réputation établie, il y a encore quelques années. Il s’agit des Lions Indomptables du Cameroun et des Black Stars du Ghana. Tenant du titre, le premier a remporté à cinq reprises le trophée contre quatre fois pour le second. Au regard de leur palmarès impressionnant, la seule évocation de leurs noms suffirait à donner le tournis à leurs adversaires. Mais depuis quelques années, ces deux sélections ne sont plus dans leur meilleure forme. Comme si elles ont atteint leur apogée, toutes sont en proie au doute et réalisent désormais des performances peu convaincantes.

F comme faire-valoir ?

« Avec le Cameroun et le Ghana, on est servi. Quant à la Guinée-Bissau, c’est une équipe en pleine progression depuis des années et qui s’est qualifiée pour une Can en 2017 au cours de laquelle elle avait fait bonne impression dans son groupe. Elle complète une poule qui sera forcément difficile pour nous », confiait le sélectionneur des Ecureuils, Michel Dussuyer, à l’issue du tirage. Il reste toutefois optimiste. « Etre logé dans un groupe difficile est pour nous une source de motivation supplémentaire pour se surpasser », soutient son joueur Mickaël Poté. « C’est excitant. Avoir à affronter le tenant du titre, c’est un gros challenge », poursuit-il.
En effet, ne seront automatiquement qualifiés pour les huitièmes de finale du tournoi avec son nouveau format à 24 nations, que les deux premiers de chacun des six groupes. Pour les accompagner, les troisièmes pourront espérer faire partie des quatre meilleurs troisièmes. Ainsi, à défaut de disputer le statut de favori au Cameroun qui l’a toujours battu et au Ghana sur lequel il n’a pris le dessus qu’une seule fois, le Bénin devrait avoir son mot à dire. Il ne sera pas en Egypte pour jouer les faire-valoir ou faire office de figurant du groupe F.
Armés de confiance et d’envie, les poulains de Michel Dussuyer sont bien conscients de leurs capacités. Evoluant ensemble, il y a longtemps, ils ont appris à devenir un groupe soudé. Face aux Fennecs de l’Algérie et aux Eperviers du Togo, ils l’ont prouvé lors des éliminatoires. Aujourd’hui, la sélection nationale bénéficie d’un cadre professionnel et les histoires de primes sont réglées à l’avance, tout comme les questions liées aux déplacements et à l’hébergement des joueurs.

Des conditions favorables

Pour la préparation de la Can, rassurait le ministre de la Culture, du Tourisme et des Sports, Oswald Homeky, tout sera fait pour qu’ils travaillent dans de bonnes conditions avec les membres de leur staff technique. Ils commencent le tournoi contre le Ghana le mardi 25 juin. Suivra le match contre la Guinée Bissau, le samedi 29 juin. Pour leur dernier match en phase de groupe, ils seront aux prises avec les Lions Indomptables du Cameroun, le mardi 2 juillet 2019. Tout en évitant de minimiser la Guinée Bissau qui sera à sa deuxième participation, c’est match par match que le Bénin doit prendre ces explications. Les Ecureuils ont entamé leur préparation au Maroc, lundi 3 juin et ont joué contre la Guinée en amical, le mardi 11 juin dernier. Ils boucleront leur préparation par un autre match amical contre la Mauritanie demain 18 juin.

Que de chocs en vue !

Représentants du continent africain à la Coupe du monde, l’année dernière en Russie, les Pharaons de l’Egypte, les Lions de l’Atlas du Maroc, les Super Eagles du Nigeria, les Lions de la Teranga du Sénégal et les Aigles de Carthage de la Tunisie, constituent certainement les cinq majeurs de la compétition. Derrière ces grands favoris, il y a les Lions Indomptables du Cameroun, les Fennecs de l’Algérie, les Black Stars du Ghana, les Eléphants de la Côte d’Ivoire, et dans une certaine mesure les Simba de la RD Congo, le Syli national de la Guinée, les Aigles du Mali et les Bafana Bafana de l’Afrique du Sud. Des sélections comme les Mourabitounes de la Mauritanie, Madagascar, l’Ouganda ou le Bénin auront aussi leur mot à dire.
Les premiers chocs interviendront dès la phase de groupe. Vivement donc le vendredi 28 juin pour l’explication entre le Maroc et la Côte d’Ivoire. “Remake” de l’édition 2017 et des éliminatoires de la Coupe du monde, Russie 2018, elle tiendra le haut du pavé, en attendant la suite de la compétition. Quant au Sénégal, il aura fort à faire, plus de 17 ans après sa finale malheureuse de 2002, avec l’Algérie. A ce stade de la compétition, ce sera pour la troisième fois de suite que ces deux sélections se retrouvent. Elles se sont déjà affrontées en 2015 et 2017. Avec ses sept Can remportées, dont trois à domicile, l’Egypte aura à jouer la RD Congo. Tout comme celui qui opposera le Cameroun au Ghana, ce match aura également son importance.

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