Après un an de mise en œuvre du Programme de Croissance pour le Développement durable, le groupe thématique Gouvernance administrative a procédé hier jeudi 6 juin à sa première revue rétrospective. C'est une rencontre d'échanges avec toutes les parties prenantes pour apprécier l'exécution des actions et reformes retenues pour la période 2018 - 2019. Les travaux ont été lancés par la ministre du Travail et de la Fonction publique Mathys Adidjatou.

« Sur 58 actions prévues, 50 ont été exécutées ou ont connu un début d'exécution soit un taux de 86,21%. Sur ces 50 actions, 27 ont été exécutées et 23 sont en cours d'exécution. Huit actions n'ont pas été mises en œuvre soit un taux de 13,79% », c'est ce que révèle le rapport du groupe thématique Gouvernance administrative sur la période juin 2018 - juin 2019. Hier les parties prenantes de ce groupe sectoriel se sont retrouvées pour évaluer ledit rapport en présence du ministre du Travail et de la Fonction publique Mathys Adidjatou, de son homologue de la Justice et de la Législation Sévérin Maxime Quenum et des partenaires techniques et financiers dont le chef de file est le représentant résident du Programme des Nations Unies pour le Développement Adama Bocar Soko.
« Ce groupe thématique a été redynamisé au lendemain de l’adoption de l’agenda 2030 à la faveur de notre volonté collective de renforcer nos actions en vue d’une administration de développement au Bénin. Ainsi notre groupe thématique "Réforme administrative, Fonction publique et Lutte contre la corruption" est animé par l’esprit de faire de l’ODD 16, la pierre angulaire pour l’atteinte des ODD dans leur universalité et interconnectivité», va rappeler le représentant résident du Pnud Adama Bocar Soko à l’ouverture des travaux. Au ministre du Travail et de la Fonction publique Mathys Adidjatou de rassurer : « Le gouvernement est plus que jamais déterminé à engager le pays dans la voie de la bonne gouvernance. Bonne gouvernance qui passe par la dématérialisation ». Elle a alors invité les participants à la formulation de recommandations nécessaires à la prise de décisions efficaces. Arriver à une administration de développement est aussi l’ambition que va réaffirmer le Garde des sceaux Sévérin Quenum. « Il est important que notre administration se modernise pour rester au service des usagers, au service du public », a-t-il soutenu avant de dépeindre les méfaits de la corruption en milieu administratif sur la réalisation de cette ambition.

Poursuivre la lutte contre la corruption !

« Au Bénin, les efforts de lutte contre la corruption s’accroissent d’année en année, sans que l’impact soit mesurable sur l’infléchissement des pratiques de corruption. Les initiatives des organes officiels de lutte contre la corruption, combinées à celles des organisations de la société civile béninoise, ne réussissent pas encore à inverser la tendance». C’est un extrait des conclusions du rapport d’évaluation du Système national d’intégrité, que le représentant résident du Pnud a cité pour insister sur la nécessité de poursuivre la réflexion. La corruption est effectivement un mal à combattre. Le ministre de la Justice et de la Législation Sévérin Quenum le reconnait. « La corruption, surtout dans l'administration, représente un grand fléau. La corruption dans le milieu de l'administration a pour effet essentiel, de retarder le développement du pays, d'hypothéquer l'avenir de notre pays », a souligné le ministre Sévérin Quenum. Il a ensuite évoqué la récente loi adoptée par le Parlement, qui rend personnellement responsables, les agents publics qui auraient compromis les intérêts de l'Etat du fait de la recherche de leur profit. C'est selon lui, l'une des mesures qui permettent de lutter contre la corruption dans l'administration publique. Il a alors exhorté les agents de l’administration à prendre la mesure des choses et à faire preuve d’un minimum d'éthique dans l'accomplissement de leur devoir. Il rassure que pour ce qui est du secteur Justice, plus rien ne sera comme avant. « Toutes les fois que les faits seront avérés, la justice fera son travail. En plus des sanctions administratives, la poursuite judiciaire sera engagée », a-t-il martelé.

Défis et perspectives

Chef de file des partenaires techniques et financiers mobilisés au sein du groupe thématique Gouvernance administrative, le représentant résident du Pnud Adama Bocar Soko, a soulevé certains défis qui se posent et sur lesquels les décideurs devraient se pencher davantage. Il s’agit notamment de la faiblesse du niveau de dématérialisation des services, constituant une source de corruption dû au contact entre agents de l’Etat et usagers de l’administration ; la lourdeur et le formalisme de certaines procédures constituant un handicap au bon fonctionnement de l’administration publique ; la nécessité d’un renforcement de la coordination intersectorielle des réformes ; la faiblesse du niveau de déconcentration administrative, qui ne permet pas de rapprocher l’administration des administrés pour leur rendre les meilleures prestations dans les délais raisonnables ; le renforcement de la visibilité des chantiers de réformes en cours dans le pays, alors que beaucoup de choses ont évolué, dans le bon sens, dans les rapports entre administration et usagers-clients… Pour Adama Bocar Soko, relever ces défis est un motif pour davantage d’engagement et de solidarité aux fins d’atteindre les impacts escomptés. Par ailleurs le rapport du groupe thématique fait également mention de certaines actions futures à mener avec diligence. Il s’agit d’actions visant l’amélioration de l'efficacité des administrations d’une part et d’autre part la modernisation de l'administration publique et de la gestion des ressources humaines de l'Etat.

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