Suite aux inspections générales des ministères effectuées en 2018, plusieurs agents de l’Etat ont été épinglés pour des cas de malversations. Après avoir examiné le rapport desdites inspections, mercredi 29 mai dernier, le Conseil des ministres a décidé de punir les agents fautifs.

Encore des agents de l’Etat dans la nasse anti-malversations du régime Talon. Ceci, malgré les nombreux avertissements du président de la République. A en croire le Conseil des ministres du mercredi dernier, les 197 rapports issus des inspections générales de 16 ministères effectuées entre janvier et décembre 2018, relèvent plusieurs cas de malversations. Ces insuffisances concernent notamment les marchés publics, la gestion du matériel et du patrimoine de l’Etat, la performance des structures contrôlées, la gestion administrative, financière et comptable. Elles prennent également en compte la gestion des ressources humaines et la gouvernance administrative des structures, a déclaré le ministre du Tourisme, de la Culture et des Sports, Oswald Homeky, à l’occasion de son traditionnel point de presse, mercredi dernier.
Prenant l’exemple des insuffisances liées à la gestion financière et comptable, le porte-parole du gouvernement indique que les rapports des inspections ont « mis en exergue des frais indûment perçus ou détournés en l’occurrence ceux de missions et les Tva ». Cela constitue une perte pour l’Etat, déplore le Conseil. Se basant, une fois encore, sur les nombreux avertissements du gouvernement contre les cas de malversations, le Conseil a alors instruit les ministres de la Justice, des Finances et de la Fonction publique pour que des procédures disciplinaires et judiciaires soient engagées contre les agents épinglés.
Par ailleurs, le Conseil s’est félicité, selon Oswald Homeky, de ce que certains inspecteurs, pour avoir compris le bien-fondé des réformes du régime Talon, ont pesé de tout leur poids pour que le recouvrement d’une partie de ces frais soit effectué. Ainsi, 1,3 milliard de francs Cfa ont pu être récupérés. Cela a permis de réduire les sous non recouvrés à plus d’un milliard de francs Cfa contre près de 2,5 milliards en 2017, « soit une baisse de 42% ».
Il convient dès lors, de saluer la détermination du chef de l’Etat à lutter contre la mauvaise gouvernance ; ce fléau qui gangrène, malgré tout, l’administration publique béninoise. Cela prouve à suffisance qu’il est impérieux que les poursuites annoncées soient effectivement engagées et menées à terme afin que ces cas puissent non seulement servir de leçon aux agents indélicats toujours tapis dans l’ombre et prêts à siphonner les caisses publiques, mais aussi encourager les agents qui ont choisi de s’engager dans la bonne direction. D’ailleurs, Oswald Homeky a annoncé qu’un organe de suivi des décisions du Conseil à propos de ces malversations sera mis sur pied.

Encore prêt à sensibiliser

Malgré les prouesses des inspecteurs, le Conseil « note que des efforts restent encore à faire pour assurer au plan financier notamment, une gouvernance de qualité dans l’Administration publique », a indiqué le ministre porte-parole du gouvernement. Dans ce sens, dit-il, son collègue de l’Economie et des Finances a été instruit aux fins « d’organiser un séminaire pour rappeler aux administrateurs, les rôles et responsabilités des conseils d’administration des offices et sociétés d’Etat ainsi que l’impératif de renforcement des dispositifs de contrôle interne. De plus, il sera organisé un séminaire pour rappeler aux comptables, régisseurs et assimilés, les procédures d’exécution des dépenses publiques ». Toujours selon Oswald Homeky, l’argentier national a été instruit pour «proscrire les pratiques telles que les préfinancements entre les structures, l’émission d’ordres de mission sans l’exécution effective de la mission, le paiement de dépenses non éligibles ou dont les pièces justificatives ne sont pas valables. Sans oublier de rappeler l’obligation de reversement systématique au Trésor public, de la Tva collectée ». Le ministre des Finances doit également organiser des séances de sensibilisation des inspecteurs généraux des ministères, pour une harmonisation des pratiques en termes de recouvrement des sous détournés ou touchés illégalement?

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