Invité « Sous l’Arbre à palabre » du quotidien ‘‘l’Evénement précis’’, mardi 28 mai dernier, l’ambassadeur chinois, Peng Jingtao, fait l’état des lieux des relations entre son pays et le Bénin, et se dit satisfait des résultats.

Peng Jingtao échangeant à bâtons rompus avec la presse, mardi 28 mai dernier. L’hôte de la rubrique « Sous l’Arbre à palabre » du quotidien ‘‘L’Evénement précis’’, l’ambassadeur de la Chine près le Bénin, s’est prêté aux questions des journalistes. Le diplomate s’est prononcé, entre autres, sur l’état de santé de la coopération entre son pays et le Bénin. A l’en croire, ces relations sont au beau fixe. Pour illustrer son propos, Peng Jintao citera quelques actions menées de part et d’autre, depuis sa nomination à la tête de la représentation diplomatique de la Chine à Cotonou. Il fait noter que la Chine est dans « tous les domaines », notamment les Btp, la formation, l’agriculture, la santé, la culture, le développement humain, etc. C’était également l’occasion pour lui de rappeler la dernière visite du président Patrice Talon en Chine. Cette visite, selon lui, a permis de renforcer les liens personnels et amicaux entre les présidents des deux pays. Selon ses dires, la coopération entre la Chine et le Bénin sera axée, cette année, sur la concrétisation des accords signés entre les deux pays à l’occasion du Sommet de Beijing. De plus, dès le mois prochain, annonce-t-il, la Chine organisera la conférence des coordonnateurs du forum de coopération Chine-Afrique sur l’identification des projets du plan d’actions issu du Sommet de Beijing. Et le Bénin sera bel et bien représenté à cette conférence. D’autres actions suivront, notamment une foire économique entre la Chine et l’Afrique.

Aéroport de Glo-djigbé

Certaines voix divulguent au sein de l’opinion publique que le financement de la construction de l’aéroport de Glo-djigbé (confiée à la Chine), a du plomb dans l’aile. Faux ! Il n’en est rien. Car, des explications fournies par l’ambassadeur chinois, les études techniques sont toujours en cours. Il a rappelé, à cet effet, que les trois parties concernées par le projet, notamment Eximbank de Chine, l’Etat béninois et l’entreprise en charge des travaux, se sont déjà rencontrées à plusieurs reprises pour des séances de travail. Il assure donc que le financement du projet n’est pas bloqué.
Mais pourquoi les infrastructures réalisées par des entreprises chinoises se détériorent-elles si vite au Bénin? A cette question, Peng Jingtao se retourne dans son fauteuil, avant de lâcher : « Je ne suis pas pleinement de cet avis ». Il expliquera que certes, des entreprises chinoises commettent des impairs mais les conditions climatiques peuvent agir sur les constructions et favoriser leur dégradation. Sans oublier l’épineuse question de l’entretien qui fait grandement défaut au Bénin et en Afrique. Il fait noter, au passage, que la Chine a construit plusieurs édifices au Bénin qui ont duré des dizaines d’années. Le stade de l’Amitié en est un exemple palpable, selon lui.

La gouvernance Talon

Particulièrement, le mode de gouvernance du président Patrice Talon a touché l’ambassadeur de la Chine près le Bénin. Selon ses propos, le régime de la Rupture est « pragmatique » et ses actions sont déjà couronnées par de multiples succès. Confidence pour confidence, le diplomate fait savoir que ses compatriotes vivant au Bénin lui rapportent qu’ils sont fiers de passer librement par l’aéroport de Cotonou et dans les villes du pays sans être victimes de rançonnements de la part des policiers. L’ambassadeur précisera par la suite que le développement d’un pays n’est pas l’affaire d’une seule personne mais de tout le peuple. Il invite donc les populations à se mobiliser pour la cause des réformes de développement afin que le Bénin puisse, lui aussi, espérer bousculer les nations à économie prospère.
L’occasion faisant le larron, Peng Jintao a expliqué aux journalistes, les fondements de la guerre économique entre son pays et les Etats-Unis, qui défraie la chronique. Cela fait presque un an, et « les deux parties ont fait 11 rounds de négociations », explique-t-il. Malgré les accords conclus, poursuit le diplomate, la partie américaine s’est retractée à plusieurs reprises, et a donc décidé d’augmenter « les taxes de douane » de façon « unilatérale » sur des produits chinois pour un montant estimé à « 300 milliards de dollars américains ».Certaines entreprises chinoises installées sur le sol américain ont été également réprimées. Mais la Chine ne veut pas d’une guerre commerciale, a-t-il dit. Toutefois, annonce l’invité de « Sous l’Arbre à palabre », elle prendra les mesures nécessaires pour protéger ses droits et intérêts légitimes ainsi que ceux des entreprises chinoises.

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