Dans son adresse à la nation, tant attendue, le président de la République, Patrice Talon, ce lundi 20 mai, a réitéré son credo relatif à la nécessité de réformer le pays pour le faire développer. Avant-hier en tant que potentiel candidat à la présidentielle, hier en tant que candidat, et puis en qualité de chef de l’Etat, il n’a eu, en effet, de cesse de partager cette préoccupation avec ses compatriotes. Selon lui, notre démocratie n’aura été qu’un miroir aux alouettes si on continue de couver ses tares sans les corriger, si elle ne procure pas le bien-être individuellement et ne le favorise pas collectivement.

Lui, persuadé qu’il ne faut renvoyer aux calendes grecques « l’impérieuse nécessité d’accélération du développement » qui passe par des réformes, douloureuses soient-elles, s’est donné pour credo de réformer, et invite chacun de ses compatriotes à porter leur part de la croix, à opérer leur parcelle de renoncement afin que l’œuvre, salvatrice, en tout cas nécessaire, s’accomplisse, aboutisse…
Cela étant, c’est un président de la République, en père de la nation comme on dit qui s’est adressé hier à la nation, conscient des écueils qui ne manquent pas sur le difficile chemin des mutations, mais résolu à mener la barque Bénin plus loin, au-delà en tout cas de la « situation critique à des égards » du pays. En langage militaire, on parle d’avoir une vision globale…de la situation. Car, il n’a pas manqué de relever les difficultés et écueils liés à la vie sociopolitique, qu’il n’occulte pas comme à ses habitudes, en tout réalisme. Tout en faisant preuve de compassion, surtout à l’égard des victimes des violences liées aux élections ou du drame ayant emporté notre compatriote Fiacre Gbédji. Il fait aussi preuve d’ouverture, encore, en exhortant le nouveau Parlement à « procéder à la relecture responsable de la Charte des partis et du Code électoral, pour les actualiser en tenant compte des réalités de l’évolution de notre pays ».Patrice Talon n’est pas moins ferme et résolu, en ce qui concerne l’orientation qui doit être celle du pays : « Nos incompréhensions, nos contradictions et même nos dérapages ne doivent pas avoir pour conséquence de nous ancrer dans l’immobilisme…», soutient-il.
Certes, le chef de l’Etat ne s’embarrasse pas de savoir, suite aux polémiques nées des dernières élections, à qui attribuer le tort des tournures prises par les situations, tout de même, il ne fait l’ombre d’aucun doute dans son esprit que les remèdes qui doivent être administrés au pays, sont bien ceux préconisés sous sa férule. La marque d’un homme d’Etat n’est-elle pas d’avoir une vision, y compris contre l’opinion émotive de la masse ? Lorsque l’on consulte l’Histoire, on s’en rend aisément compte, de Churchill à Konrad Adenauer, en passant par De Gaulle.
Paul AMOUSSOU

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