Les députés de la 8e législature remplissent depuis quelques jours les formalités administratives entrant dans le cadre de leur installation prévue pour ce jeudi 16 mai. Cette installation marque le démarrage des activités parlementaires des nouveaux élus de qui le peuple attend beaucoup.

Les députés qui siègent au parlement au titre de la 8e législature ont du pain sur la planche. C’est du moins ce qui apparait au regard des défis qui les attendent et qu’ils ont obligation de relever pour montrer que l’exercice parlementaire aborde un nouveau virage et que le Parlement se positionne désormais comme une institution performante et de confiance. En tout cas, les populations attendent énormément d’eux, vu les évènements qui ont émaillé le processus électoral. « Il faut avouer que si nous nous sommes retrouvés dans l’impasse à un moment donné, c’est à cause de la qualité des lois votées à l’Assemblée nationale», estime Jean-Baptiste Hounguè, membre du Bloc républicain et candidat malheureux à ces dernières législatives. Ce qui signifie qu’il faut revoir le nouveau code électoral et la charte des partis politiques ayant servi de fondements pour les législatives.
Les nouveaux députés auront donc pour premier défi la correction des imperfections de ces deux lois pour leur donner une qualité appréciable par la majorité. Surtout que le pays se prépare encore à vivre deux joutes électorales pendant les deux ans à venir. A en croire l’acteur politique, il s’agit de l’une des premières actions de cette nouvelle législature qui regorge d’hommes et de femmes à poigne, prêts à se révéler à la face du monde. C’est d’ailleurs le vœu du président de la République Patrice Talon qui, à plusieurs occasions, a souhaité que des corrections soient apportées à ces deux lois afin d’éviter à l’avenir les récriminations.
Il n’est pas exclu que l’amendement de la Constitution entre-temps bloqué par la minorité parlementaire refasse surface. Jean-Baptiste Hounguè trouve que c’est le moment propice, étant donné que le gouvernement a aujourd’hui les coudées franches pour y arriver.
« Tout le peuple était unanime sur la question mais c’est une minorité dite de blocage qui a tout noyé pour des intérêts inavoués », déplore-t-il. Il rassure des innovations prévues pour étoffer cette Constitution dont le besoin de retouche se fait de plus en plus sentir. « Les contestations que nous observons depuis un moment à l’issue de chaque élection résultent des insuffisances de cette Constitution. Certaines dispositions ne cadrent plus avec nos visions de développement et il faut donc que des innovations soient apportées », assure-t-il.

Le contrôle de l’action gouvernementale

Dominique Gnanwé, acteur politique et membre de l’Union progressiste, tout en reconnaissant la qualité des membres de cette 8e législature, atteste de la complexité de la tâche qui, pour lui, ne sera pas aisée avec les nombreuses réformes prévues dans le programme d’action du gouvernement. Lesquelles réformes, permettront de propulser le Bénin vers le développement.
« Ils vont beaucoup légiférer pour établir les règles de base de la construction du pays », affirme-t-il, avec l’espoir que ces députés vont se démarquer et veilleront à la qualité des nouvelles lois. Toutefois, les autres rôles assignés à l’Assemblée nationale ne seront pas relégués au second plan. Dominique Gnanwé fait savoir que le contrôle de l’action gouvernementale doit être renforcé avec des questions orales au gouvernement et non des manœuvres visant à saboter ou à bloquer les actions de développement comme C’était la cas par le passé. Ces questions orales, en effet, aident le gouvernement à savoir orienter ses programmes, à se rendre compte d’une éventuelle malversation dans les structures d’Etat et à prendre les dispositions y afférentes pour arrêter le crime. « Les enquêtes parlementaires ne seront plus classées sans suite comme on l’a toujours connu », assure-t-il. Le peuple a rempli sa part de contrat en se rendant aux urnes le 28 avril passé. Le défi est lancé aux élus, la balle est à présent dans leur camp.

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