Les Béninois reprennent leur train quotidien, se délestant peu à peu de l’image de cet ange aux ailes chargées de menace qui les a hantés lors des élections législatives passées. Les Cotonois en premier, surtout ceux vivant dans le sillage du théâtre où ont eu lieu les évènements, malheureux, de Cadjehoun les 1er et 2 mai derniers, se débarrassent grâce à l’alternance qu’offre le temps, de ce triste souvenir, sans devoir souscrire aux libations purificatrices. L’aile du temps emporte nos maux, dit-on. En l’occurrence, les obligations quotidiennes aident à cette fin. Et il faut l’espérer, et fermer vite cette page sombre qui n’a pas de mérite d’intégrer les annales de l’histoire politique du Bénin, de par son caractère nauséeux. Trop médiocre du reste pour être d’écriture ou d’essence béninoise.

En effet, de tout temps, il y a eu des frictions, voire des tensions politiques, sans qu’on n’en arrive à devoir recourir à des méthodes extrêmes pour aplanir les divergences desquelles elles découlent. Le «adjalassa » ou si l’on veut « l’arbre à palabre» dont le Bénin se vante tant aura primé sur tout autre procédé jusque-là. Et c’est tant mieux. L’intermède de la présidentielle de 1991 sanctionnée par des éruptions de violence dans la partie septentrionale doit être mis sur le compte de l’apprentissage démocratique, et rien que cela. Mais depuis, qu’il s’agisse des prétendus « tripatouillages » de 1996 ou de la Lépi (Liste électorale permanente informatisée) dite bâclée de 2011 avec son accessoire de présidentielle marquée par un knock-out retentissant, le génie béninois a su négocier les virages politiques qui, pour même moins que ça, ont tourné à l’eau de boudin ailleurs ! Dans l’arbre à palabre, réside la félicité.
Mais semble-t-il, le génie béninois mute et génère même des mutants qui font craindre le pire dans le sérail politique. En réponse à cette menace, il faut trouver les logiciels adéquats sans lesquels, surprise ! Et mauvaise surprise, un jour, qui sait ! Il faut donc anticiper l’irréparable.
Autorisent à un tel pessimisme les tournures prises par les débats politiques ces dernières semaines, ainsi que les mots que certains acteurs ne considèrent plus comme proscrits, ni tabous, dans leurs excès. Mus par leurs seuls intérêts et perdant de vue les intérêts de la patrie, de la nation béninoise, et ceux de leurs compatriotes, il semble que certains acteurs politiques sont prêts à tout désormais pour assouvir leur dessein, qu’importe l’intérêt général, peu importent les dégâts collatéraux et les impacts néfastes que pourraient induire leurs actes, y compris dans la remise en cause des institutions de la République. Cela est inadmissible, cela n’est tout simplement pas Béninois. Et il faut prendre conscience du phénomène pour l’étouffer dans l’œuf bien avant que n’éclot la bête qu’il porte en son cocon.
De voir d’autres peuples, d’autres pays recourir à de ces procédés extrêmes, en politique, n’intime pas à s’en inspirer ni à franchir le rubicond de leur emprunter la violence que ces méthodes et procédés recèlent. Sur ce registre, figurent en premier lieu les postures fausses, faites de dilatoire et de surenchères de nature à déchirer le tissu social, à force de tirer dessus pour des intérêts politiciens, sous couvert de principes que l’on prétend défendre. Ensuite, ceci découlant de l’autre, la mesure, la retenue, qui doit primer dans le choix des mots empruntés semble être le souci cadet de ces acteurs politiques qui ont décidé de passer outre ce qui fait l’Adn national. Une transgression qui se révèle dans leurs discours et l’image qu’ils sont amenés à projeter du pays via notamment les médias. S’en rendent-ils compte ? Se rendent-ils comptent du mal qu’ils font au pays ? ll est des maux que la patience seule peut guérir?

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