Après les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle, les regards sont désormais tournés vers l’installation et l’élection du bureau de la 8e législature de l’Assemblée nationale, surtout son président. Plusieurs noms de députés reviennent dans les pronostics en ce qui concerne le perchoir du prochain Parlement.

La succession du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, est ouverte depuis la proclamation par la Cour constitutionnelle des résultats des élections législatives du 28 avril dernier pour le compte de la 8e législature. Lesquels résultats créditent l’Union progressiste de 47 sièges et le Bloc républicain de 36. Avec un tel score, le prochain président de l’Assemblée nationale devrait normalement sortir du rang des députés progressistes puisque majoritaires. Le contrôle du perchoir par ce parti ne devrait pas poser de problème sauf s’il n’y a pas d’entente entre les députés progressistes. Les tractations et commentaires vont bon train à cet effet. Plusieurs noms reviennent dans les pronostics sur le sujet. On cite surtout Me Abraham Zinzindohoué, l’un des présidents du parti Union progressiste et élu dans la 16e circonscription électorale. L’homme est perçu comme celui qui est le plus indiqué pour présider aux destinées de la 8e législature. Deux fois député à l’Assemblée nationale, ancien président de la Cour suprême, ancien garde des Sceaux et ministre de la Justice, ancien président de la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), Abraham Zinzindohoué a sans doute le profil pour le perchoir de la 8e législature qui sera installée le jeudi 16 mai prochain. C’est d’ailleurs à juste titre que d’aucuns braquent les projecteurs sur l’avocat et le docteur en droit. Seulement, là où le bât blesse, selon certains, c’est que l’épouse d’Abraham Zinzindohoué est déjà présidente de la Haute cour de justice. Le Bénin risque d’avoir le couple à la tête de deux institutions de la République si Me Abraham Zinzindohoué venait à être élu président de l’Assemblée nationale. Qu’à cela ne tienne ! Il ne devrait avoir aucun mal à cela. Surtout qu’il n’est écrit nulle part dans les textes de la République que lorsque l’épouse est déjà président d’institution, le mari ne puisse pas l’être pour une autre institution constitutionnelle.
Outre l’ancien baron de l’ex-parti La Renaissance du Bénin, plusieurs autres noms sont ébruités dans les coulisses. Il s’agit de l’actuel ministre chargé des Infrastructures, Alassane Séidou, élu dans la première circonscription électorale regroupant les communes de Kandi, de Malanville et de Karimama sur la liste de l’Union progressiste. Beaucoup trouvent en l’homme de hautes qualités pouvant faire de lui un bon président de l’Assemblée nationale.

Jeu ouvert dans les deux camps

Le nom du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Sacca Lafia, élu dans la 8e circonscription électorale (Parakou-Tchaourou- Pèrèrè-N’Dali) est aussi pronostiqué pour diriger le prochain Parlement. Cependant, d’autres personnes misent plutôt sur la jeunesse, en l’occurrence le ministre de la Culture, du Tourisme et des Sports, Oswald Homéky, élu dans la 11e circonscription électorale (Aplahoué, Djakotomey et Klouékanmè). Même s’il s’agit de sa première expérience parlementaire, il a aussi la faveur des pronostics. Certains le trouvent à la hauteur du job. Mais tout ça n’est que des supputations.
Il ne serait même pas exclu, dans ces conditions, de voir un député du Bloc républicain porté au perchoir quand bien même ce parti est minoritaire.Ce qui pourrait ouvrir la chance à certains députés du Bloc républicain comme Nassirou Bako Arifari, Jean-Michel Abimbola, Abdoulaye Bio Tchané, ou Janvier Yahouédéhou pour le perchoir. Tout cela fait partie du jeu politique surtout que la loi n’a pas dit qu’il faut élire le président de l’Assemblée nationale dans le rang de la liste majoritaire, contrairement à ce qui a été expressément prévu en ce qui concerne l’élection des maires au niveau des conseils communaux. C’est dire que le jeu est largement ouvert pour l’élection du successeur du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji dont le fauteuil peut revenir à tout député qu’il soit progressiste ou républicain.

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