Le Bénin n’est pas en crise malgré la situation post-électorale en cours, et des mesures ont été prises pour renforcer la sécurité de tous notamment des étrangers vivant dans le pays. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, a porté cette information aux membres du corps diplomatique accrédité au Bénin, hier jeudi 2 mai, à Cotonou. Il n’a pas manqué d’en appeler à leur droit de réserve.

Le ministre béninois en charge des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, s’est entretenu, hier, avec les membres du corps diplomatique accrédités au Bénin à propos de la situation postélectorale en cours dans le pays. Saisissant l’occasion, le chef de la diplomatie béninoise a appelé les diplomates à leur droit de réserve sur les affaires internes du Bénin. « Nous restons attentifs, comme par le passé, sur la nécessité pour les uns et les autres de respecter les principes qui régissent la coopération entre un Etat et ses partenaires… C’est le respect de l’obligation de réserve et la non-ingérence dans les affaires intérieures de notre pays… », a martelé Aurélien Agbénonci. Autrement dit, explique-t-il, le Bénin ne tolérera en aucun cas que des jugements de valeur soient émis par les missions diplomatiques sur ce qui se passe dans le pays et sur ce qu’exprime le chef de l’Etat, Patrice Talon. Par ailleurs, Aurélien Agbénonci a exprimé sa disponibilité totale à recevoir quelque mission diplomatique que ce soit pour des informations concernant la situation en cours dans le pays.

Pas de crise au Bénin

A l’entame de son propos, le ministre Aurélien Agbénonci a fait savoir aux diplomates présents à cette rencontre que le Bénin n’est ni en « crise », ni dans une situation d’« insurrection ». Certes, le pays traverse une situation post-électorale tendue, mais le gouvernement essaie de la régler, a-t-il déclaré avant d’expliquer par la suite que la situation qui s’est produite le 1er mai dernier à Cadjèhoun non loin du domicile de l’ex-président Boni Yayi n’a rien de spontanée. De plus, cette arrestation supposée de Boni Yayi est totalement fausse. « Il n’y a jamais eu de projet d’arrestation des anciens présidents de la République… », réfute l’autorité ministérielle. Ce qui s’est passé, poursuit Aurélien Agbénonci, c’est que les forces de l’ordre ont été informées qu’une manifestation non autorisée allait s’ébranler à partir du domicile de l’ancien président. Elles se sont alors positionnées sur l’avenue perpendiculaire à la rue menant à la résidence de Boni Yayi pour prévenir tout débordement. C’est de là qu’est partie l’information sur la supposée tentative d’arrestation de l’ex-dirigeant béninois. Le ministre fait donc noter aux diplomates que cette manifestation a été préméditée puisque des manifestants avaient été acheminés sur Cotonou pour cette cause. Lesquels manifestants ont été instrumentalisés par des politiciens et galvanisés par les propos d’appels à l’insurrection récemment lancés par les anciens présidents Nicéphore Soglo et Boni Yayi. La police, par son professionnalisme a su contenir les manifestants surexcités qui détruisaient tout sur leur passage et lançaient des projectiles de toutes sortes aux forces de l’ordre. Mais le calme est revenu aux alentours de 23 heures, éclaire-t-il. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération a également annoncé que des mesures ont été prises pour renforcer la sécurité de tous les citoyens y compris celle des étrangers vivant au Bénin. Parmi ces mesures, des interpellations de manifestants qui, sans doute, seront présentés au procureur de la République dans les jours à venir.

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