Ainsi donc, de la peur, savamment distillée, on est passé à la paix menacée. Un ancien président du Bénin s’enorgueillissait et peut encore s’enorgueillir d’ailleurs, de ce que Jimmy Carter, l’ex président américain, lui a fait savoir qu’au Bénin, depuis lors, il n’y avait pas la paix mais la peur.

Sans doute, la peur de franchir le rubicond à partir duquel on ne contrôle rien, la peur de devoir en découdre, préférant le statu quo au jusqu’auboutisme tranchant dans le vif, préférant de battre en brèche plutôt que de devoir mordicus conforter sa position quoi qu’il advienne.Tel serait l’état d’esprit béninois. N’est-il pas bien ainsi ? Chacun se fera sa réponse, en fonction de ses déterminants. Qu’en serait-il, de cet état d’esprit cependant, à l’épreuve de la réalité ?
Rien ne vaut la paix, qui doit être cultivée, un comportement qui vaut et n’a de raison d’être que s’il est largement partagé comme le bon sens le serait.
L’un mis dans l’autre, on a pu se rendre à l’évidence que les Béninois ont tâté, ces jours-ci, de la peur et de la paix menacée, certains tremblant telles des feuilles mortes sous les intonations des grenades lacrymogènes suscitées par les grabuges des ‘’maquisards de Cadjèhoun’’. Mais pas tant que cela, opposeraient ceux qui, loin du champ de ‘’bataille’’ de Cadjèhoun, à quelques encablures de là, n’ont pas pour autant renoncé à leurs pots de bière de tous les jours, comme si de rien n’était. Preuve que le mal, qui a fait si grand écho de par le monde, était tout circonscrit dans sa juste dimension. Comment en est-on arrivé à de tels extrêmes, écornant l’image d’oasis de paix et de démocratie que le Bénin entretient depuis trente ans?
Les égos ont supplanté la sagesse, générant le mal.
La peur a pris racine, depuis la veille des législatives puis lors du scrutin proprement dit, eu égard à la vendetta orchestrée dans le Centre et le Nord du pays. Et, dès les lendemains de publication des grandes tendances des résultats provisoires des législatives par la commission électorale, les indicateurs de vague à l’âme se sont accentués, avec ce qu’il convient d’appeler les ‘’évènements de Cadjèhoun’’. Il s’avère que le Bénin n’est pas plus béni que les autres pays qui ont connu des situations de trouble et de guerre. Et, pour ceux qui ont la foi, on peut concevoir que Dieu n’aime pas un pays plus qu’un autre. Il suffit d’un simple huberlulu, d’un rien du tout, pour que la mèche prenne feu ! Et pas plus en Côte d’Ivoire hier qu’au Bénin aujourd’hui, personne ne peut souhaiter de voir son pays flamber, à moins d’être le diable incarné ! Et Dieu sait qu’il y en a au sein de toute nation ! Quand bien même il s’en trouverait qui voudront voir et situer le diable ailleurs que là où il se trouve véritablement. Qu’importe du reste ! Le plus important est de se rendre à l’évidence qu’il est des nôtres, qu’il est dans nos rangs, et que lui ne s’embarrasse pas de devoir mettre le feu à la poudrière, quitte à tout sauter !
Pour que la paix soit préservée, il va sans dire qu’il faut se mettre d’accord que tout le monde en fait la culture et sait raison garder. Car, la guerre, gardons-nous-en, se fait toujours aux dépens des humains et des pays, rien qu’à voir la note des dommages causés en quelques heures de ‘’manifestations’’ aux contribuables béninois. En vérité, personne n’y gagne. La paix, elle, ne saurait toutefois être ou se faire aux dépens de tiers. Elle ne saurait se faire en tout cas aux dépens des opérateurs privés et des particuliers dont les biens ont été saccagés par des esprits dont on attend de savoir si c’est bien le bon peuple du Bénin qui soudain, a eu des envies de casses…Tant va la cruche à la rivière, qu’elle finit par se rompre?

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