Très attendu sur le débat politique en cours au Bénin, le président Patrice Talon s’est exprimé et expliqué dans la soirée d’hier au cours d’un « Le Moment politique » multi-canal diffusé sur les médias et les réseaux sociaux. Il a notamment, au cours de l’entretien, réaffirmé son ambition de voir l’ordre constitutionnel préservé, quelles que soient les conditions.

«Il ne faut pas que la volonté d’agir nous fasse sortir du cadrage constitutionnel. C’est bien pour ça que je voudrais dire à mes concitoyens que je resterai autant un homme d’action, autant un défenseur de la démocratie, des libertés, de la rigueur, et du respect de l’ordre constitutionnel pour lequel j’ai prêté serment ». L’adresse du chef de l’Etat lors de son entretien télévisé est claire. Pas question de remettre en cause l’ordre constitutionnel. Autant Patrice Talon n’a pas envie de se substituer au Parlement, autant il ne compte pas user de son pouvoir pour disposer de lois encadrant les élections.
« Pas de remise en cause de l’ordre constitutionnel », martèle le chef de l’Etat pour qui, « la démocratie doit rester un outil de développement ». Toutes les fois qu’en respectant les dispositions de l’ordre constitutionnel, en préservant la démocratie, « nous allons trouver les voies et moyens pour corriger nos travers, nous allons le faire parce que c’est cela qui nous permettra de mieux vivre », déclare-t-il. Pour lui, la volonté de réformer le système partisan fait partie des priorités de la législature finissante et il ne serait pas indiqué de reculer sur ce chantier qui permettra d’assainir les mœurs politiques. « Nous avons déjà, d’une certaine manière, réussi un peu ce que nous espérions. Parce que nous voulons que les partis politiques fusionnent, deviennent de grands ensembles politiques »,
laisse-t-il entendre. « De 250 partis politiques, nous avons aujourd’hui plus de 150, 200 partis qui sont regroupés en deux partis politiques… Ce qui se passe, il faut pouvoir également le lire sous un autre angle certes difficile mais qui ouvre le chemin d’un succès de la réforme du système partisan »,
apprécie le président patrice Talon.
Ce n’est pas parce que ce qui se passe n’honore pas l’image démocratique du Bénin que cela constitue un blocage du fonctionnement démocratique du pays, se défend le chef de l’Etat. « La compétition politique est par définition sélective. Ce n’est pas parce que tout le monde participe au débat politique et concourt au choix des dirigeants que tout le monde dirige à la fois, que tout le monde exerce à la fois les fonctions politiques »,
poursuit-il.
Favorable à la recherche de voies et moyens pour restaurer l’image du Bénin et corriger les travers, il ne manque pas non plus de situer les responsabilités et de rétrocéder à l’opposition sa part de responsabilité dans la situation actuelle. « Les partis de la minorité parlementaire, notamment ceux qui se réclament de l’opposition, ont trouvé l’occasion de remettre complètement en cause ce qui était déjà un acquis pour tout le monde »,
s’est-il offusqué, se réjouissant par ailleurs du fait que
« désormais au Bénin, les partis politiques ne doivent plus être des partis politiques de quartier, de commune, de circonscription électorale, de régions, mais des partis politiques d’envergure nationale ».

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