Cotonou a abrité, ce jeudi 28 mars, une rencontre de haut niveau des ministres des Infrastructures, des Transports et de la Santé des pays de l’Organisation du corridor Abidjan-Lagos (Ocal). Après seize ans d’activités, de nouvelles perspectives sont envisagées pour assurer la santé des populations contre les Ist et les épidémies ainsi que la libre circulation des biens et des personnes.

L’Organisation du corridor Abidjan-Lagos (Ocal) créée en 2002 envisage un nouveau positionnement en vue de faire face à la persistance des entraves à la libre circulation des personnes et des biens, le manque d’hygiène sur le corridor, l’émergence de nouvelles épidémies, l’insalubrité et l’accès difficile aux soins de santé primaires des populations aux frontières. A la faveur d’une réunion bilan de haut niveau ayant mobilisé, ce jeudi à Cotonou, des ministres des Infrastructures, des Transports et de la Santé et de nombreux experts et cadres des cinq pays membres (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigeria), l’organisation s’est assigné ces nouvelles missions. Elle compte contribuer davantage à l’amélioration du bien-être des populations mobiles, des routiers, des professionnels de sexe et autres riverains de cet important axe routier.
Pour ce faire, dans le domaine des transports, l’Ocal entend désormais être un observatoire de la facilitation du commerce et du transport, contribuer à la sécurité routière et offrir des services dans le dispositif de gestion de l’autoroute Abidjan-Lagos qui sera bientôt mis en place.
En ce qui concerne la santé, l’organisation continuera d’assurer une offre de services transfrontaliers de prévention et de soins de santé, notamment en matière de lutte contre le Vih/Sida et les épidémies, tout en y ajoutant la protection de l’environnement et l’assainissement du cadre de vie le long des 1022 km du corridor fait de huit frontières.
Le ministre béninois du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, ouvrant les assises au nom du président de la République, a suggéré qu’un accent soit également mis sur la lutte contre la circulation des faux médicaments et la protection des infrastructures routières.
Outre les ‘’tueurs’’ comme le paludisme, la rougeole, le choléra qui déciment la population, le ministre des Transports du Ghana, Ofori Asiamah, plaide, pour sa part, qu’une attention particulière soit portée au problème des accidents de la circulation qui emportent chaque année, selon l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), plus de 300 000 personnes sur nos routes.
L’on ne saurait rester insensible à ces menaces et aussi aux tracasseries transfrontalières et l’inconfort auxquels plus de 45 millions de personnes en transit par an et 30 millions de résidents sont soumis, dira le ministre béninois des Infrastructures et des Transports, Alassane Séidou.

Bilan

La déclaration commune signée le 30 avril 2002 assignait à l’Ocal la mise en œuvre du Projet régional commun de prévention et de prise en charge des Ist/Vih/Sida, puis du Projet de facilitation du commerce et du transport sur le corridor Abidjan-Lagos (Pfctcal). En seize ans d’exercice, les interventions menées ont permis d’améliorer la santé transfrontalière, la gouvernance du secteur des transports, la facilitation du commerce et des transports, note le ministre Abdoulaye Bio Tchané. Et le secrétaire exécutif de l’Ocal de renchérir : au total, plus de 3 millions de personnes ont été sensibilisées sur le Vih/Sida ; plus de 1,5 million de personnes dépistées au Vih dont plus de 4500 malades mis sous antirétroviraux ; plus de 80 millions de préservatifs masculins et féminins distribués avec plus de 14 millions de gels lubrifiants ; plus de 659 000 cas d’Ist diagnostiqués et traités. Idrissa Koné se réjouit également de la baisse du temps de séjour des marchandises aux ports des pays de l’organisation, de la réduction sensible du nombre de barrages routiers aux 100 km.
Si l’Organisation ouest-africaine de la Santé (Ooas), par son représentant Dr Carlos Pedro Faria de Brito, réitère son soutien financier à l’Ocal, la contribution demandée à chacun des pays devra doubler afin de doter l’organisation d’un financement adéquat et durable pour l’atteinte des nouveaux résultats. Car, l’arrêt des activités entraînerait non seulement une absence de données pour la prise de décisions par les Etats dans le domaine des transports mais aussi et surtout un risque de propagation transfrontalière des épidémies et une recrudescence de nouvelles infections dues au Vih/Sida, avertit Dr Sani Aliyu, président du comité directeur de l’Ocal.
Par ailleurs, le ministre Alassane Séidou souhaite plus de collaboration entre l’Ocal et les structures nationales intervenant dans les mêmes domaines.

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