Dans le cadre de la campagne de commercialisation 2018-2019 du coton graine, le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep), Gaston Dossouhoui, et Mathieu Adjovi, président de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic), ont effectué, du 10 au 14 mars dernier, une tournée dans le Borgou, l’Alibori, le Zou, les Collines et le Couffo. Cette descente a permis à la délégation de faire le suivi des dispositifs de stockage et de conservation du coton graine au niveau des usines d’égrenage. Le constat sur le terrain rassure malgré quelques couacs.

La commercialisation du coton graine campagne 2018-2019 se passe dans de bonnes conditions. C’est l’essentiel à retenir de la tournée, de suivi des dispositifs de stockage et de conservation du coton graine au niveau des usines d’égrenage, conjointement effectuée par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche et le président de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) dans les communes de
Parakou, N’Dali, Kandi, Banikoara, Nikki, Glazoué, Savalou, Dassa, Bohicon et à Hagoumè dans la commune de Djakotomey.
Précisant l’objectif de la tournée lors de la séance de travail inaugurale à Parakou, Mathieu Adjovi, président de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic), indique qu’elle permet à la délégation de prendre connaissance des problèmes au niveau de chaque segment de la filière coton à l’étape de la commercialisation. Ainsi, poursuit-il, aussi bien les producteurs, les transporteurs que les égreneurs doivent faire connaître comment la campagne évolue à leur niveau.
Pour le compte des producteurs, Badou Gani Tamou, président de la Fédération nationale des coopératives villageoises de producteurs de coton (Fncvpc), apprécie la tournée avant de revendiquer la prévision de 720 mille tonnes pour la campagne 2018-2019. Il se réjouit du paiement du fonds coton par l’Aic, mais souhaite aussi que cela se passe tous les trois jours.Toutefois, il retient au même titre que les responsables départementaux de la zone septentrionale de production cotonnière que des difficultés subsistent au niveau de l’évacuation de la récolte vers les usines d’égrenage. Selon eux, les producteurs ont de gros soucis par rapport au nombre de camions qui stationnent devant les usines en attendant d’être vidés de leur cargaison. Cette situation, explique-t-il, pourrait conduire à la mouille du coton en cas de pluie et le faire déclasser. Tour à tour, les responsables communaux se sont succédé pour présenter la situation dans leurs zones. Il en ressort qu’une quantité non négligeable de coton attend d’être évacuée des champs vers les usines à cause des camions toujours en stationnement au niveau des usines. A titre illustratif, il a été signalé qu’à Djougou, 8210 tonnes ont été évacuées contre 374 tonnes en attente. « Des camions passent deux mois à attendre dans les usines », déplore Badou Gani Tamou pour expliquer cette situation. Ce que conteste le représentant des égreneurs, Machioudi Lassissi, directeur industriel adjoint de la Société pour le développement du coton (Sodeco).
« Le cumul de coton stocké par les égreneurs est de près de 154 000 tonnes contre 63 000 tonnes au titre de la campagne précédente », soutient-il. Ce résultat, clarifie-t-il, est dû à l’amélioration du tonnage égrené par jour et à l’augmentation du coton stocké par jour. Ainsi, les camions ne font pas plus de 10 jours devant les usines, assure-t-il. Il s’engage au nom de ses pairs à faire en sorte que le moindre kilogramme ne soit mouillé ni dans les champs ni dans les camions stationnés au niveau des usines.

Le constat dans les usines

La délégation a observé que les usines ne chôment pas. « Elles tournent à plein régime. Elles travailleront, cette année, 8 mois sur 12 », s’émerveille le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui. Au-delà des usines, il exprime son bonheur de voir « l’armée d’ouvriers au travail », les vendeuses et revendeuses développant leurs activités, les transporteurs en activité permanente. « L’économie du pays tourne », résume-t-il.
Faisant le point, Mathieu Adjovi fait savoir qu’il a noté avec satisfaction que toutes les usines stockent bien le coton. Malgré cela, il est inquiet en ce qui concerne les quantités stockées. Il dit s’être aperçu que la sécurité incendie n’est pas bien assurée dans la plupart des usines sauf à Savalou et à Glazoué où des efforts ont été faits. A ce sujet, il préconise que la Sodeco chargée des usines de l’Alibori mette tout en œuvre pour que des motos-pompes mobiles soient acquises ainsi que des bâches. Par rapport aux camions, il note qu’ils manquent d’extincteurs alors qu’ils sont admis dans les usines pour être déchargés. « Cela constitue un risque d’incendie que les transporteurs doivent prendre en compte », relève-t-il.
Sur plusieurs sites, les sapeurs-pompiers sur place ne sont pas réactifs et les équipes de piquets incendie à leur disposition n’ont pas la maîtrise de la situation. « Lors des exercices de simulation d’incendie, nous avons remarqué que le temps de réaction est très long »,
signale Mathieu Adjovi. Point positif, il note avec satisfaction que les camions passent au plus une semaine devant les usines et espère qu’à ce rythme le coton en attente dans les champs pourra être évacué au plus tard le 30 mars prochain.
Toutefois, pour aller plus vite, le ministre Gaston Dossouhoui recommande la révision du plan d’évacuation pour qu’il y ait zéro kilogramme de coton mouillé.
« Il reste encore en souffrance 123 mille tonnes de coton graine dans les champs »,
insiste-t-il.

Perspectives

Pour la campagne 2019-2020, annoncent le ministre Gaston Dousshoui et le président de l’Aic, Mathieu Adjovi, une production cotonnière de 850 mille tonnes est projetée et au titre de la campagne 2020-2021, faire une performance du million de tonnes. « Chaque année, depuis 2016, nous connaissons une augmentation de 150 mille tonnes », indique le ministre Dossouhoui. Cette ambition est soutenue par les producteurs à travers leurs responsables à divers niveaux qui promettent de dépasser leurs performances actuelles. Pour ce faire, rassure Gaston Dossouhoui, tout est déjà mis en place. « Toutes les mesures sont déjà prises pour la prochaine campagne. Les intrants sont disponibles et la formation des tractoristes a été faite récemment », signale-t-il.
Par ailleurs, le ministre ajoute que l’on veut passer de 1,2 tonne à 1,4 tonne à l’hectare. « C’est la densification de la production. Pour cela, il faut préparer les sols », explique-t-il.
L’autre ambition du gouvernement, dévoile Gaston Dossouhoui, c’est la transformation du coton produit au Bénin. Cela passe par la filature à travers la fabrication des tissus, des serviettes et autres. « Nous prenons les dispositions pour réhabiliter les industries textiles chez nous », annonce-t-il.

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