La convocation adressée au président du Parti du renouveau démocratique (Prd), Me Adrien Houngbédji, par la Brigade criminelle, fait suite à une plainte d’un citoyen.C’est ce qu’a expliqué le ministre en charge de la Justice,
Séverin Quenum, hier mercredi 13 mars, à l’occasion d’une interview qu’il a accordée à nos confrères de Radio France internationale (Rfi).

La convocation adressée au président du Parti du renouveau démocratique (Prd), Me Adrien Houngbédji, par ailleurs président du parlement béninois, fait suite à une « dénonciation d’un citoyen qui a directement porté plainte contre les dirigeants du Prd… », a réagi, hier, le ministre béninois de la Justice, Séverin Quenum, interviewé par notre confrère de Radio France internationale (Rfi), Christophe Boisbouvier. Cette réaction du garde des Sceaux fait suite aux rumeurs faisant état de ce que le président du parti arc-en-ciel avait été convoqué par la Brigade criminelle à Agblangandan. Ceci, pour y répondre de l’origine de présumés documents confidentiels appartenant à la Commission électorale nationale autonome (Céna) que le Prd détiendrait ; et que les dirigeants de ce parti auraient même exhibé à la Cour constitutionnelle pour étayer leur recours contre la Céna après le rejet par celle-ci, du dossier de candidatures du Prd pour le compte des législatives du 28 avril 2019.
En d’autres termes, le ministre de la Justice informe que les organes en charge des élections législatives, et même le gouvernement béninois ne sont liés ni de près ni de loin à la convocation adressée aux dirigeants du Prd. Pour l’autorité ministérielle, il est important de faire la part des choses. « …Que le Prd ait été recalé pour ce qui concerne les élections législatives à venir, je comprends qu’il soit mécontent. Que le Prd reproche des choses à la Céna, ce n’est pas une cuisine qui regarde le gouvernement », a conclu Sévérin Quenum.
Querelles sur les lois votées…
Bien avant ses clarifications au sujet de la convocation du président du Prd par la Brigade criminelle, le ministre de la Justice a répondu à certaines déclarations des partis de l’opposition notamment la non rétroactivité et le gel des réformes électorales de 2018. Concernant la non rétroactivité de la Charte des partis politiques, le ministre de la Justice a rappelé que les anciens partis doivent se conformer aux dispositions de la nouvelle loi, et qu'un délai a été prescrit pour cela. « Est-ce qu’il s’agit d’un vieux mariage ou d’un nouveau mariage, moi je ne m’inscris pas dans ce registre-là. Il y a un certain nombre d’obligations qui découlent de la loi ; il faut le faire… », a-t-il ajouté. Par ces déclarations, Séverin Quenum répond à certains leaders des partis de l’opposition qui comparent les formations politiques qui ne se sont pas mises à jour à des couples qui se sont mariés sous un régime (ancien) et qui restent mariés sous un nouveau régime, sans être obligés de se remarier. Mais de l’avis du garde des Sceaux, « comparaison n’est toujours pas raison… ».
Sur la question du gel des réformes électorales, Séverin Quenum y voit simplement une « incongruité ». « Lorsqu’on fait une réforme, on doit aller de l’avant… Ces réformes-là ont été votées par l’Assemble nationale. Aujourd’hui, je ne vois pas pourquoi est-ce qu’il faut les remettre en cause, parce qu’il y aurait certains partis qui seraient en retard. Ce dont il est question, c’est un retard ou une lenteur (de ces partis politiques) à la limite de l’incurie… », se désole-t-il.
D’après lui, si l’opposition ne participe pas aux législatives, cela relève de son propre choix. Aussi, explique-t-il que le processus de sortie de crise prôné par le président de la République, Patrice Talon, est toujours en cours à l’Assemblée nationale. Il dit n’avoir pas encore reçu les propositions des parlementaires à ce jour.

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