De quelle marge de manœuvre disposent les parlementaires, appelés à revoir leur copie par le chef de l’Etat, qui leur sauve ainsi la mise, entendu que ce sont eux, nombreux d’entre eux en tout cas, qui sont en difficulté face aux textes, pour pouvoir aller aux législatives ? Vont-ils se débarrasser du quitus fiscal qui leur cause tant de souci ? Vont-ils se départir des mesures qui se veulent disciplinaires dans le code électoral ou dans la charte des partis, et qui tendent à imposer la vertu là où il y avait le vice ?

Si les parlementaires prenaient des dispositions de nature à revenir à la situation ante, à se donner des facilités synonymes de laisser aller, ce serait une régression, car la réforme du système partisan se serait ainsi vidée de sa substance, de ce qui fait sa raison d’être…Une purge aux coûts prohibitifs même si c’est pour sortir d’une impasse, même si cela résulte d’un impératif dicté par le consensus auquel appelle la situation politique actuelle. Et en sus, ce serait donner raison aux détracteurs de la réforme du système partisan, aux adeptes du statu quo, tous ceux qui estiment à tort et à travers que tout était bien sur l’échiquier politique national et qu’il ne fallait rien changer…Voilà qui s’appelle un arrangement politicien, et c’est creuser davantage, ce faisant, le fossé entre le peuple et la classe politique.
Il est utile de savoir que ce fossé est en soi déjà important, et que l’image que le peuple, le citoyen lambda, a de la classe politique béninoise, surtout des députés, est loin d’être idyllique. Elle renvoie en l’occurrence le reflet de types mus que par leurs intérêts personnels, des types intéressés que par le gain, corrompus dans l’ensemble et se fichant de l’avancée du pays…Si à cette palette peu amène s’en vient ajouter le grief de réfractaire à payer ses impôts, ce qui serait, il faut l’avouer concordant avec tout le reste, l’ardoise serait lourde à payer !  
Tout le monde est tenu, aujourd’hui avec la rigueur mise en place par le gouvernement à travers l’administration des finances, de payer ses impôts et de reverser scrupuleusement la Tva autrefois dissipée au Trésor public, de l’artisan au commerçant du coin, de l’entrepreneur au supermarché, de la couturière au médecin. Pourquoi absoudre les politiciens à ce régime fiscal, nécessaire à la mobilisation des ressources pour l’accomplissement par l’Etat de ses tâches régaliennes ? La fracture serait énorme, auquel cas ! Car, non seulement cela est inadmissible de les absoudre, eux qui sont des premiers à bénéficier de la manne générée par les impôts, la fameuse princesse !, mais qu’en sera-t-il des acteurs politiques, devenus nouveaux contribuables par la force des choses, qui ont déjà souscrit au quitus fiscal ? Il ne saurait y avoir deux poids deux mesures, en la matière ! Ce serait créer une impasse en voulant sortir d’une autre, en l’occurrence créer un régime d’exception ou de faveur au profit de certains. Les canards boiteux ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes ! Les difficultés du moment, qui étalent au grand jour l’incurie des acteurs politiques béninois et le peu de capacité résiliente qu’ils recèlent, ne doivent pas être un prétexte à une quelconque reculade. Aussi, quitus mordicus, telle doit être la ligne de conduite dont il ne viendrait à l’esprit de personne de s’en départir?

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