Passé le temps des diverses études et après les remises de sites aux entreprises adjudicataires, le projet Asphaltage prend petit à petit corps, à la joie des riverains qui doivent s’armer toutefois de patience et des citadins ici et là qui saluent les métamorphoses opérées par les premiers coups de pioches et des pelles mécaniques. Toutes choses qui présagent de lendemains meilleurs pour les villes du Bénin.

Un tour sur quelques axes de Cotonou révèle une évolution appréciable des travaux du projet asphaltage. Les divers chantiers ouverts enchantent les populations malgré les désagréments que subit la mobilité urbaine.
C’est un branle-bas, observé ce vendredi 1er mars sur l’axe menant d’Agontikon à la Barrière. Voie réputée marécageuse, cet axe est investi par de gros engins. D’incessants mouvements de pelle mécanique hydraulique viennent vider dans la chargeuse immobilisée au milieu du tronçon les détritus extraits du sol noirâtre et boueux. Ceci sous le regard admiratif des riverains et autres usagers dont les déplacements sont désormais limités sur ce chantier du projet asphaltage.

«Au début nous avions cru que tout ceci était fait pour la campagne électorale mais avec l’évolution des travaux sur le site, nous nous sommes rendus à l’évidence. Tout notre souhait est que ce chantier puisse aller au bout pour notre bonheur car nous avons de la peine à circuler sur cette voie », fait observer Gabriel Adédémi, transporteur. S’il considère ce tronçon comme un raccourci pour joindre rapidement la Barrière, il n’occulte pas tout le mal que se donnent les usagers en saison pluvieuse même quand il faut contourner le périmètre en prenant par l’Etoile Rouge.
L’entreprise chinoise en charge des travaux s’évertue à purger la zone de la mauvaise matière (tas d’ordures et autres détritus) utilisée pour combler entretemps le bas-fond. Les déchets sont enlevés sous plusieurs mètres et extirpés des lieux, explique un technicien. Il s’opère par la suite un comblement de la zone marécageuse par du sable lagunaire. La chaussée sera ainsi mise et le bitume posé ensuite. Bien que la faveur nous ait été faite de prendre des images après que nous avons décliné notre identité, force est de reconnaître que nos hôtes sont peu enclins à s’ouvrir au public. Stricts sur les mesures de sécurité, ils ne sont pas prêts à accepter n’importe qui sur le chantier. Mettant un point d’honneur à la tâche.
Un peu plus loin à la Haie vive, le même entrain se note aux abords de l’entrée principale du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche et sur l’axe excentré à celle-ci. C’est l’entreprise Sogea-Satom en charge des travaux qui est à la manette. La réalisation des canalisations reste le signe visible de l’évolution de ce chantier. Ces caniveaux ont la particularité d’être préfabriqués sur des sites de l’entreprise. Ils devront être posés sur les tranchées ouvertes le long de cet axe.
Les équipes manœuvrent à longueur de journée comme c’est le cas le long de la clôture du camp militaire Guézo à Gbégamey. Ici également, le cortège des camions-berne avec les ronronnements des moteurs dénotent de ce que ça vaque sur le site. Sous le contrôle de l’entreprise chinoise en charge des travaux, ce vaste tronçon jadis occupé par les rails de l’Ocbn prend des allures d’une artère devant relier Zongo, Gbégamey et Cadjèhoun. Le responsable Hygiène-Sécurité-Environnement de l’entreprise nous renvoie à ses supérieurs à Sénandé pour toute information relative aux travaux en cours.
Ce qui n’est pas le cas à Saint Michel, dans les encablures de Saint Augustin. A la manœuvre, le chef chantier, un expatrié chinois de l’entreprise Sino-Hydro, se prête volontiers à nos questions. En dépit de la barrière linguistique, il explique qu’ils sont à l’étape de la réalisation des caniveaux comme l’on s’en est rendu compte sur les lieux. Dans une ambiance bon enfant, l’équipe s’affaire à cimenter l’exutoire desdites canalisations. Le béton est réalisé à l’aide de la toupie, camion made in China déporté sur les lieux. Des travaux qui augurent de bels ouvrages d’ici quelques mois comme programmé au niveau du projet asphaltage.

Toutes les commodités pour Parakou

Démarrés depuis le 17 octobre 2018, les travaux d’asphaltage des voies à Parakou vont bon train. Sont concernées par la première phase du projet, huit rues primaires, secondaires et tertiaires dont quatre sont appelées à être bitumées et quatre autres pavées avec toutes les commodités requises.
Après la cérémonie de remise de sites effectuée, samedi 4 août 2018, le projet est entrée dans sa phase d’exécution le 17 octobre 2018. Il s’agit de la première phase du projet relative à la réalisation de 20 km sur un linéaire total de 70 km dans la ville. Elle prend en compte les rues secondaires allant du Cabinet Etpb-Contournement Aérodrome longue de 0,8 km, le marché Dépôt-Pavé Bio Adam en passant par « la Franchise », longue de 1,1km, le « Canari », en passant par le collège Hibiscus-Annexe Haac d’une distance de 0,45km et les rues tertiaires allant de la rue face au Lycée Mathieu Bouké-Grande mosquée Dépôt, longue de 0,3543 km, ainsi que la rue face au Lycée Mathieu Bouké-Domicile Imam Dépôt d’une distance de 0,45 km. Il est prévu un aménagement des rues secondaires en 1 x 2 voies dans des emprises comprises entre 15 et 30 m et celles tertiaires, en 1×2 voies dans des emprises inférieures à 15 m.
Après la mise en place du plan d’adaptation et la levée topographique, le nettoyage dans les limites des emprises, l’entreprise chinoise Sinohydro, adjudicataire, procède actuellement à l’exécution des travaux de terrassement, de drainage, d’assainissement et à d’autres travaux afférents. Comme prévu dans le contrat de travail, elle a un délai de douze mois. A l’arrivée, le projet asphaltage contribuera à changer davantage le visage de la cité des Kobourou retenue à l’instar de huit autres villes du pays, pour bénéficier de sa mise en œuvre.
Inscrit dans le Programme d’action du gouvernement en son pilier 3 intitulé « Amélioration des conditions de vie des populations» et son axe stratégique n°6 titré «Renforcement des services sociaux de base et protection sociale », il permettra non seulement de réaliser un aménagement équilibré du territoire à travers la création des pôles de croissance urbains, mais également d’améliorer le cadre de vie des populations de la ville, ainsi que les conditions de circulation et de transports urbains.
Ainsi, Parakou se modernisera avec des équipements d’éclairage solaire sur ses rues et avenues, des feux tricolores modernes et des panneaux d’adressage, l’installation des espaces verts, puis des bancs et poubelles publics. Pour embellir tous les axes concernés par le projet, d’autres commodités sont également prévues.
De tous les projets contenus dans le Programme d’actions du gouvernement, le maire Charles Toko estime que le projet asphaltage est sans nul doute celui qui prend le mieux en compte l’attractivité des grandes villes du Bénin. Il y voit, à travers son exécution, la volonté du président Patrice Talon de marquer la ville de Parakou, au cours de son mandat. Dans le cadre de l’exécution de ces travaux, les Parakois semblent bien conscients de ce que l’objectif poursuivi est l’amélioration de leur cadre de vie.

Maurille GNASSOUNOU


Enfin donner ses lettres de noblesse à la capitale

A l’instar d’autres grandes villes du Bénin, le projet asphaltage tourne à plein régime à Porto-Novo. Près de 1500 agents, toutes catégories confondues, sont mobilisés pour la réalisation des travaux qui concernent 10 rues d’une longueur totale de 22,4 km.
Les rues primaires font 9,29 km comprenant Avakpa-carrefour Pobè Gare (le long des rails) ciné Iréakari-pharmacie Adjibadé-Siège du 4e arrondissement-Dodji-Boulevard du cinquantenaire-Limite de Porto-Novo avec Adjarra y compris la bretelle fin clôture Lycée Béhanzin-Boulevard extérieur au niveau de l'ex-Hecm et Ecole primaire publique-pharmacie Tokpota-Nouveau Programme-Collège- Les Jambettes-Epp Ouando.
Les rues secondaires sont de 6,55km partant de la Route nationale inter-Etat 1 bis-Ceg Koutongbé-Hinkoudé-Marché Djègan Daho à la bretelle de la direction départementale du Cadre de vie et du Développement durable (1,94km), puis le tronçon El Fateh-Place de l’Unité-Louho (4,61km).
Les rues tertiaires sont au nombre de six et sont longues de 6,54 km. Elles comprennent la rue Sadognon-Ahouanticomè-Idi Araba-Aglansa-Dèguékomè-Hassoucomé-Place Togo
(1,7 km) et les cinq autres concernent les alentours de Sadognon et Mairie de Porto-Novo, Lycée technique industriel, Ceg Davié, recette des Finances de l’Ouémé et Centre de regroupement d’ordures de Kandévié Sériki. Les six rues tertiaires seront pavées contrairement aux rues primaires et secondaires qui seront toutes bitumées. Les travaux, lancés en août 2018, sont exécutés par l’entreprise Ofmas international pour un délai contractuel de 24 mois. Les chantiers sont actuellement à un taux moyen de réalisation physique de 10%, informe le chef mission de contrôle, Vladmir Okay. Selon lui, cette performance est très satisfaisante, par rapport au planning de l’entreprise, et au regard des opérations sur le terrain.

Ce taux aurait pu être meilleur s’il n’y avait pas les pluies précoces qui s’abattent ces derniers jours sur la ville. Lesquelles pluies ralentissent un tant soit peu les travaux. Toutefois, Vladimir Okay se dit serein et pense pouvoir respecter le délai contractuel, en dépit de ces perturbations climatiques. Aussi, le chef mission de contrôle invite-t-il la population à la patience et à respecter les consignes de déviations sur les chantiers pour que tout se passe bien. Il exhorte par ailleurs les populations à les aider pour assurer la sécurité des matériaux et des matériels. Le directeur des Travaux d'Ofmas international à Porto-Novo, Franck Akando, rassure que toutes les dispositions sont prises pour que tout se passe bien. L’entreprise n’a pas lésiné sur les moyens, car elle a sorti la grande artillerie sur le terrain pour que d’ici août 2020, toutes les dix rues soient asphaltées avec les aménagements prévus. C’est d’ailleurs dans ce cadre que plusieurs équipes sont mobilisées sur les chantiers pour relever le défi, informe le directeur des Travaux d'Ofmas international à Porto-Novo.

Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau


Transfigurer Lokossa

A Lokossa, l’axe carrefour Hilton bar - Boa et le tronçon passant devant l’Ecole primaire publique d’Agnivèdji donnent le ton de la transfiguration espérée du projet Asphaltage. Le premier lot des travaux d’asphaltage, en effet, suit son cours à Lokossa et laisse apparaître déjà des ouvrages d’assainissement sur plusieurs axes prioritaires retenus dans le cadre du projet. Ces axes, tout comme plusieurs autres en chantier, sont des plus fréquentés de l’arrondissement central de
Lokossa. Sur le tronçon carrefour Hilton bar-Boa, les caniveaux étant déjà posés, les ouvriers sont redéployés ailleurs en attendant le reste des œuvres à réaliser, conformément à l’agenda retenu.
Un tour, samedi 2 mars dernier, a permis de repérer ces ouvriers sur l’axe menant du carrefour Tribunal de première instance de deuxième classe de Lokossa au Lycée technique de la ville dans l’arrondissement de Houin. Très animé, ce tronçon de 3 km est le plus long axe en chantier. Le rythme de travail y est soutenu et dans la soirée du samedi, le chef du chantier n’a pas manqué de procéder, comme à ses habitudes, à la distribution des tâches pour le compte du lendemain, pour la célérité des travaux et la livraison à bonne date du chantier.
« Sur le chantier, les travaux sont exécutés de jour comme de nuit sans tenir compte des jours fériés », témoigne Gérard Bossou, un riverain. Le premier lot des chantiers d’asphaltage en cours d’exécution à Lokossa porte sur une distance de 10,70 km pour un coût estimé à 21 807 725 058 francs Cfa. Lokossa est, en attendant d’autres, la seule ville du Mono prise en compte dans ce projet phare du gouvernement. Le premier lot des travaux est constitué de 19 chantiers confiés à Nse-Ce, entreprise adjudicataire. Lancés en août 2018, les travaux doivent s’achever dans un délai contractuel de quinze mois, au terme desquels Lokossa bénéficierait, au total, d’une trentaine de kilomètres de voies asphaltées. De quoi transfigurer largement cette ville et lui faire assumer dignement son statut de chef-lieu du département du Mono.
Désiré VIGAN

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