Est-il nécessaire d’avoir des pouvoirs de devin, pour présager de l’issue de la rencontre entre le chef de l’Etat et les représentants de l’Opposition ? Non ! La cause était entendue. Car, sur la table de discussion, il revenait à trancher s’il faut s’en tenir aux dispositions légales, à la légalité avec laquelle le président Talon ne transige pas, ou s’il faut trouver des accommodements politiciens.

Si, par leur porte-voix, Candide Azannaï, les responsables de l’opposition, présents hier à la Présidence, ont exprimé leurs griefs relativement au processus en cours et en ont appelé à un dialogue inclusif avec tous les partis politiques pour garantir des élections pacifiques, le chef de l’Etat leur a opposé sa ligne, à savoir que les politiciens ne sont pas au-dessus des lois et, que si les réformes s’appliquent à l’ensemble des citoyens, celles qui concernent les politiciens doivent également s’appliquer. En d’autres termes, si dans les dossiers des partis de l’Opposition, subsistent des pièces non conformes, l’administration ne peut pas fermer les yeux là-dessus.

Ce serait un péché parce que nous aurions montré que ce que nous exigeons de nos compatriotes, nous ne le faisons pas pour ceux qui dirigent, entendu les politiciens, tranche le président Talon. « Donnez le meilleur de vous-mêmes pour être aux élections. L’administration fera ce qu’il faut. J’ai donné les instructions au Misp, au Mef (direction générale des Impôts) et au Journal Officiel qui font des heures supplémentaires pour traiter les dossiers », leur a-t-il aussi confié, attestant ainsi de ses dispositions à l’équité. Non sans leur rappeler qu’il ne lui revenait pas de leur dire quoi faire, mais dira-t-il en ‘’compétiteur-né’’, « je serais à votre place que je serais capable d’être présent dans la compétition » …Il n’a toutefois pas accédé aux vœux de l’opposition de prioriser une gestion politique de la situation pour permettre à tous, y compris ceux qui n’ont pas rempli les conditions prévues par la loi, de prendre part aux élections. Force va rester à la loi qui doit être appliquée. C’est ce qu’il convient de retenir de substantiel de cette rencontre, salutaire.

Salutaire, en ce qu’elle a permis au président Talon de réitérer sa foi à être au-dessus de la mêlée, et qu’il ne dédaigne pas l’opposition, bien traitée suivant la loi et les égards dus. Salutaire également, et surtout, parce que ladite rencontre a permis au président Talon de démontrer aux responsables des partis de l’opposition ayant pris part à la rencontre, qui ont acquiescé pour certains d’entre eux, que c’est eux qui travaillent à priver leurs militants de la participation au scrutin. Pour le reste, il serait bien malheureux que l’opposition, dans une démocratie pluraliste, ne prenne pas part à un scrutin majeur comme les législatives. Mais à qui la faute ? Au demeurant, doit-elle se sentir vernie, donc au-dessus de la loi, en raison de son seul statut d’opposant ?.
Paul AMOUSSOU

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