L’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) n’approuve pas l’adoption par l’Assemblée nationale, le jeudi 21 février dernier, de la loi n°2019-12 modifiant et complétant la loi n°2001-35 du 21 février 2003 portant statut de la magistrature. Ils la qualifient d’ailleurs de profitable au gouvernement ; ceci, à travers un communiqué rendu public le 22 février dernier à Cotonou.

« …En réalité, la loi n°2019-12 permet au gouvernement de s’attacher les services des seuls magistrats de son choix, avec le concours du Conseil supérieur de la magistrature… », a dénoncé vendredi dernier l’Unamab, le syndicat des magistrats béninois. Ladite loi prévoit que les magistrats bénéficiant du bonus de carrière sont nommés à tous emplois au sein, tout comme en dehors des juridictions. Mais, d’après les magistrats, cette loi menacerait la structure du corps hiérarchisé de la magistrature déjà mise à mal par les violations répétées du principe de la préséance. De plus, l’Unamab soupçonne qu’elle est conçue pour inspirer aux magistrats en exercice la soumission et la docilité incompatibles avec la mission de juger.
Mais, « officiellement, la loi n°2019-12 vise à éviter aux juridictions en général et à la Cour suprême en particulier, les difficultés de fonctionnement liées au départ à la retraite des magistrats. Cet objectif a été atteint par le relèvement à 65 ans de l’âge d’admission de l’ensemble des magistrats à la retraite, à l’instar des professeurs d’université… », fait savoir le communiqué rendu public. Les magistrats, à travers ce même message, disent néanmoins avoir prévenu les députés sur les dangers de cette loi.
Pour ces nombreuses raisons, l’Unamab déplore le vote de ladite loi et « invite les magistrats, les acteurs de la justice ainsi que les citoyens épris de l’Etat de droit et de la démocratie à rester mobilisés pour la cause d’une justice indépendante, gage d’une paix individuelle et collective durable ».

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