Les travaux principaux et connexes pour rendre fonctionnelle la centrale électrique de Maria Gléta 2 sont presque achevés. Le ministre de l’Energie, Jean Claude Dona Houssou, en visite sur le site, a pu faire le constat hier mardi 12 février.

La production d'énergie par la centrale électrique de Maria Gléta 2 n’est plus qu’une question de jours. Dans un mois, le tout premier moteur sur ce site sera mis en marche. «Bravo et félicitations à tous. C’est une prouesse ». Par cette exclamation, avec un large sourire, mardi 12 février sur le site de la centrale, le ministre de l’Energie a voulu signifier à toute l’équipe du Projet 120 Mw Maria Gléta 2, sa satisfaction face à la diligence observée sur le terrain. Entre sa dernière visite, il y a environ six semaines et celle du mardi 12 février, il y a eu du chemin parcouru. Des avancées notables, a-t-il apprécié, charmé par la vitesse de progression. Trois étapes majeures ont marqué cette visite.
La première, les travaux d’aménagement des voies d’accès au site. Entre le carrefour Tankpè et l’entrée de la centrale, il est prévu une route de trois kilomètres de long, et neuf mètres de chaussée avec des caniveaux de part et d’autre. « Nous avons atteint 2,200 km de réalisation et les travaux sont avancés de sorte que d’ici un mois ou un mois et demi, tout au moins avant la prochaine saison des pluies, le chantier soit achevé et mis à la disposition de la population », explique le coordonnateur du projet, Eméric Tokoudagba. Mais, ce délai estimatif n’irait peut-être pas à son terme, au regard de l’évolution du chantier qui, d’après lui, sera achevé avant cette date. Autre élément de satisfaction relevé par lui, les dernières pluies qui se sont abattues sur la zone ont permis de tester le fonctionnement des infrastructures déjà érigées. Le résultat est très satisfaisant, note-t-il.
A la deuxième étape de la visite du ministre de l’Energie et de sa suite de cadres et autres techniciens, il a été constaté l’avancée des travaux au niveau du poste d’interconnexion avec la Communauté électrique du Bénin (Ceb). « C’est cette interconnexion qui permettra à la centrale de Maria Gléta 2 de pouvoir envoyer dans quelques jours de l’énergie jusqu’à Malanville », fait savoir Eméric Tokoudagba. Ici, tout est fin prêt. Les travaux sont achevés, si ce n’est les derniers ajustements. Mais déjà, tous les services nécessaires au fonctionnement sont opérationnels.

Des voyants commencent à s’illuminer

« Nous avons atteint un taux de réalisation physique de 90%. Plus de 60% des auxiliaires des moteurs qui sont nécessaires au démarrage prochain sont mis en service. Dans un mois, nous serons tout à fait prêts pour mettre en route le premier moteur et le synchroniser sur le réseau. Donc, nous allons effectivement rentrer en production d’énergie ici sur ce site». Le coordonnateur du projet, Eméric Tokoudagba, est serein. Il accompagne ses déclarations de petits sourires, un peu comme pour dire que la messe est dite et que plus rien ne devrait empêcher le Bénin, dans les semaines à venir de produire de l’énergie à partir du site de Maria Gléta 2. Sauf que le ministre de l’Energie ne s’est pas contenté de paroles. Il a fait le tour de l’ensemble du site pour se convaincre de l’évolution du chantier. Il a visité tour à tour, la salle électrique, les salles basse et moyenne tensions, la salle de commande, la salle de maintenance, la salle de stockage de combustibles, la zone radiateur, le poste électrique. Il a parcouru le reste du chantier pour s’enquérir de l’évolution des travaux.
A chacune des étapes, le ministre a par endroits posé des questions, demandé plus de précisions et fait quelques recommandations. Dans l’ensemble, il est demeuré satisfait tout le long du parcours. « Les livraisons de combustibles ont commencé sur le chantier et dans l’ensemble, nous avons un taux de livraison des équipements nécessaires au fonctionnement de la centrale de 99,5% contre une réalisation financière de 88% », dira, au terme de la visite, le coordonnateur. Quoiqu’il en soit, tout est une question de temps, indique-t-il, rassurant que les délais assignés seront tenus. « Douze mois après le lancement officiel des travaux, nous sommes très avancés et les fruits sont en train de tenir la promesse des fleurs. Nous pouvons vous rassurer que le bout du tunnel est pour les prochains jours », conclut-il.

Plus qu’un mois pour avoir le jus…

Les travaux de construction de la centrale électrique de Maria Gléta 2 ont été officiellement lancés le 25 février 2018. Douze mois après, le ton est à la satisfaction. Sur la liste des heureux du projet, figure en pole position, Laurent Tossou, directeur général de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee). « Cette centrale va permettre de renforcer le système de production et de régler une bonne partie de la question de l’autonomie énergétique sur le réseau du Bénin», annonce-t-il. Puis, il poursuit : « Nous sommes rassurés de la qualité et de l’avancement des travaux pour que la mise en service soit dans les délais et pour que les clients de la Sbee puissent être davantage rassurés ». De ses explications, il ressort que cette centrale va contribuer à porter une certaine autonomie dans l’énergie disponible sur le territoire national. « Nous importons 90% de notre énergie du Nigeria et le gouvernement a décidé que désormais, on soit un pays avec une autonomie énergétique pour avoir des capacités de production », rassure le responsable de la société distributrice. Désormais, en cas de difficultés, le Bénin peut se vanter d’avoir les moyens de contenir la demande de la clientèle. « Cela va radicalement changer la disponibilité de l’énergie électrique », se satisfait le directeur général de la Sbee.
Comme lui, le ministre de l’Energie, Jean Claude Dona Houssou, est heureux de voir le Bénin jouir d’ici à là de cette centrale électrique dont la capacité n’est pas des moindres. « Nous sommes sur le plus gros chantier en cours actuellement au Bénin pour doter notre pays de capacité de production. Ce que nous voyons ici est extraordinaire et historique. Nous sommes en moins de douze mois à un taux de 90%. Des voyants commencent à s’illuminer et c’est le signe que la fin approche à grands pas. Mes fréquences de visite vont baisser », laisse entendre le ministre à la fin de sa visite. « Dans un mois trois jours, nous lancerons le fonctionnement du premier moteur. C’est une prouesse », exulte-t-il. L’autre prouesse relevée par le ministre, c’est que « tout est fait avec la manière sur le chantier. Après 416 jours d’exécution, il note que les travaux ont été réalisés sans accidents humains. Ce qui, pour lui, « est extraordinaire» et témoigne de la rigueur et de la minutie des travailleurs. Mais, ce n’est pas tout. De ce chantier, plusieurs Béninois ont acquis l’expertise à faire valoir au plan international. Un gain pour la compétence locale, salue le ministre. Roudy Akiki, directeur adjoint des travaux sur le site, est lui aussi satisfait de l’apport de la compétence locale au projet; presque 90% des travailleurs étant Béninois. Leur assiduité au travail et la technicité dont ils ont fait montre doivent être inscrites au rang des prouesses de Maria Gléta 2, suggère Roudy Akiki.
En face d’eux, ce sont les élus locaux qui jubilent. Pour Pierre Gbégnon, chef d’arrondissement de Togba, « Maria Gléta 2 n’est pas comme Maria Gléta 1. Nous venons de constater que les travaux sont réalisés à plus de 90%. Toute la commune d’Abomey-Calavi et l’arrondissement de Togba en particulier sont en joie». A sa suite, Georges Bada, maire de la commune reprend : « nous avons constaté la réalité de Maria Gléta 2 et je crois que le gouvernement nous apprend que c’est le suivi qu’il faut dans les chantiers et je voudrais féliciter le ministre qui y met une régularité que je n’ai jamais vue. Maria Gléta est une réalité et devient une joie pour tout le pays ».

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