Les difficultés relatives à la gestion des ordures dans les communes de Ouidah, Abomey-Calavi, Cotonou, Sèmè-Podji et Porto-Novo ne seront plus que de vieux souvenirs d’ici à là. Grâce au Projet de modernisation et de gestion des déchets solides ménagers dans le grand Nokoué, dont le lancement officiel a eu lieu, vendredi 8 février dernier à Cotonou, ces cinq communes amorcent le départ pour un cadre de vie sain et moderne.

Dans les communes de Ouidah, Abomey-Calavi, Cotonou, Sèmè-Podji et Porto-Novo constituant le grand Nokoué, le cadre de vie souffre encore de nombreux maux. Le faible taux d’abonnement de ménages aux organismes de collecte d’ordures, le bas niveau d’enlèvement des déchets et son corolaire de dépotoirs sauvages et la quasi absence de traitement des déchets collectés, ont été identifiés comme des facteurs majeurs de dégradation de l’environnement dans cette conurbation d’environ 2,3 millions d’habitants qui génèrent une quantité d’ordures estimée à 385.000 tonnes par an. Un réel problème environnemental pour lequel le programme d’actions du gouvernement, dans son pilier axé sur l’amélioration des conditions de vie des populations, a pensé à des solutions durables.
L’une des plus urgentes, et déjà en phase de concrétisation, est le Projet de modernisation et de gestion des déchets solides ménagers dans le grand Nokoué dont le lancement officiel, vendredi 8 février dernier, a été l’occasion pour le ministre en charge du Cadre de vie, José Tonato, de rappeler les constats qui ont conduit le gouvernement à penser un projet d’une si grande envergure pour en finir avec ce mal environnemental dans les communes de Ouidah, Abomey-Calavi, Cotonou, Sèmè-Podji et Porto-Novo. L’incivisme, les actes de vandalisme sur des infrastructures publiques, le spectacle des rues ensablées, les dépotoirs sauvages encombrant les plans d’eau et même les artères de circulation… le tableau peint par le ministre n’est pas reluisant. Il ajoutera que « la propreté des cités est un indicateur de bonne gouvernance » pour expliquer que le projet va au-delà d’un simple dispositif de ramassage des ordures. Il y voit non seulement un instrument de gouvernance hors du commun, mais aussi et surtout un projet qui ne saurait atteindre ses objectifs sans le soutien de tous et en premier lieu, l’accompagnement des populations bénéficiaires et des élus.
Le Projet de modernisation et de gestion des déchets solides ménagers dans le grand Nokoué s’articule autour de sept composantes majeures. La pré-collecte, la collecte et le transfert des déchets solides ménagers, la conception et la réalisation des travaux d’amélioration et d’exploitation du lieu d’enfouissement sanitaire (sites de Ouèssè et Takon), l’unité de traitement et de valorisation, la salubrité (balayage, désherbage, nettoyage manuel des rues et des places, curage des caniveaux), le suivi et contrôle, un système d’information géographique….
Il a un budget prévisionnel de 57 milliards (93 milliards projetés). Il déploiera près de 1000 engins légers de pré-collecte, plus de 80 engins lourds de collecte, des infrastructures de support (points de regroupement, centre de transferts, deux lieux d’enfouissement) avec un taux de collecte de 90% à sept ans. 60% des déchets seront valorisés et en terme d’emplois, une estimation de 3050 personnes impactés. D’autres dispositifs comme le renforcement de l’intercommunalité seront aussi à son actif.

Les maires apprécient…

Les maires des cinq communes du grand Nokoué applaudissent l’avènement du projet de modernisation et de gestion des déchets solides ménagers. L’émotion à peine contenue, la plupart d’entre eux ont tenu à exprimer leur satisfaction à l’occasion de son lancement officiel. Isidore Gnonlonfoun, maire par intérim de Cotonou, exulte. Il apprécie « la démarche innovante, scientifique et pédagogique » qui ceinture le projet et se réjouit de constater que le gouvernement ne s’arroge pas les compétences des communes, mais leur tend la main à travers un partenariat dont les clauses sont contenues dans une convention. «D’ici à là, nous allons oublier le calvaire lié à la gestion des ordures », pense le premier citoyen de Cotonou. Son homologue de Sèmè-Podji, Charlemagne Honfo, paraît encore plus heureux avec la concrétisation du projet qui amorce désormais son point culminant. D’où, son engagement à porter, avec son conseil communal, le projet dans toutes ses phases. Les représentants des communes de Porto-Novo, Ouidah et Abomey-Calavi se réjouissent également de voir le gouvernement leur porter ce coup de main qui va tourner la page de l’insalubrité dans leurs cités.
Avant eux, la directrice de l’Agence du Cadre de vie pour le développement du territoire, Olga Prince Dagnon, a évoqué le cadre institutionnel dans lequel le projet sera exécuté, un peu comme pour rassurer les maires dont elle a sollicité le concours pour la concrétisation du projet. Projet lancé officiellement à travers la signature de conventions avec les parties prenantes, pour, dans ces cinq communes, en finir avec l’amateurisme dans la gestion des déchets solides ménagers et aboutir à l’amélioration du cadre de vie.

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