« Religions, politique et développement : le paradigme de Mgr Isidore de Souza », c’est le thème d’un colloque international qui s’est déroulé, du 1er au 3 février dernier à Cotonou. Ouvert vendredi dernier par l’archevêque de Cotonou, Mgr Roger Houngbédji, il s’inscrit dans le cadre du premier anniversaire de l’Ecole d’initiation théologique et pastorale (Eitp).

« L’argent ne peut plus être notre maître. Le pouvoir ne peut plus être confisqué par quelques-uns pour l’écrasement des autres. Tout pouvoir livré à lui-même devient fou (…) un Etat de droit dans lequel le pouvoir est service ; (…) un Etat de droit où le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire soient clairement séparés (…) ; une presse libre et responsable ; que les hommes et les femmes de ce pays aient le droit absolu et inaliénable à mettre l’intelligence au centre de leur vie ; les libertés fondamentales (…) garanties pour tous et que nul ne s’arroge le droit de chosifier l’autre et de le mettre à genoux. » C’est par ces quelques florilèges à travers lesquels Mgr Isidore de Souza rappelait aux autorités politico-administratives les modalités du vrai pouvoir arrimé à l’éthique, que le père Rodrigue Gbédjinou, directeur de l’Ecole d’initiation théologique et pastorale (Eitp), a annoncé les couleurs du colloque international Mgr Isidore de Souza et qui s’est déroulé le week-end dernier à Cotonou.
Placée sous le thème « Religions, politique et développement : le paradigme de Mgr Isidore de Souza », cette rencontre d’échanges intellectuels ouverte, vendredi dernier, par l’archevêque de Cotonou et grand chancelier de l’Eitp, Mgr Roger Houngbédji, s’inscrit dans le cadre du premier anniversaire de cette école. L’objectif est de « dégager de la vie et des œuvres de cet illustre prélat, serviteur de Dieu et ami des hommes, les grandes dynamiques qui l’inspiraient et au regard des enjeux de notre temps et de l’odyssée de nos histoires ecclésiales et nationales, déterminer les modalités pour les incarner aujourd’hui », précise le père Gbédjinou, auteur de plusieurs ouvrages dédiés à l’ancien archevêque de Cotonou.
L’homme, qui a tiré sa révérence le 13 mars 1999, a eu le privilège et la grâce de diriger avec tact et diplomatie l’historique Conférence des forces vives de la nation de février 1990 qui a ouvert la voie de la démocratie au Bénin et sur le continent africain. Il deviendra peu après président du Haut Conseil de la République, l’ancêtre de la Cour constitutionnelle actuelle. Il a également accompli de nombreuses œuvres sociales dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la lutte contre les vulnérabilités.Toutes choses qui font dire à Mgr Roger Houngbédji que « Sa mémoire ravive notre espérance et nous interpelle comme église et comme nation sur des modalités de l’exercice du pouvoir dont la grandeur ne s’exprime que par le service».

Modèle

Les qualités de fin diplomate, d’homme de conviction, de fermeté, mais aussi d’écoute et de concession de cette figure nationale et ecclésiale sont saluées à travers un témoignage fait par Théodore Holo, ancien ministre et ancien président de la Cour constitutionnelle.
Le colloque s’est décliné en dix conférences et six ateliers animés autour des thèmes relatifs à la vie politique en Afrique en général et au Bénin en particulier depuis 1990, à la pensée théologique et pastorale du prélat, à la culture d’engagement et de la mémoire, aux pathologies religieuses et culturelles en Afrique. La similitude de la vie de l’homme de Dieu avec certaines figures emblématiques dans la Bible telles que le prophète Jérémie dans le règlement de crise dans le Royaume de Juda ou le patriarche Moïse dans l’épître aux Hébreux, ont été évoquées. Il est question d’œuvrer à ce « que les acquis jusqu’ici capitalisés dans tous les domaines continuent à présenter l’image d’une véritable évanescence qui, si l’on n’y prend garde, nous conduira à un éternel recommencement », souligne Marcelline Gbèha Afouda, présidente du comité scientifique du colloque.
A l’issue des travaux, au regard de la stature politique et éthique de Mgr Isidore de Souza, un manifeste dont les recommandations seront un vade-mecum pour chacun des participants, a été adopté.

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