La revue des finances publiques est un séminaire annuel qui réunit les principaux acteurs impliqués dans la mise en œuvre des réformes de finances publiques et les partenaires impliqués dans leur financement. La neuvième édition s’est tenue, mardi 22 janvier à Cotonou, et a été l’occasion de jauger les actions engagées par le Bénin depuis plusieurs mois pour parvenir à un meilleur rendement de l’administration financière, surtout à l’aune de la dématérialisation.

La revue des finances publiques est souvent l’occasion que saisissent les Partenaires techniques et financiers (Ptf) pour exprimer leur point de vue sur l’état des finances publiques et suggérer des orientations au gouvernement. Pour la partie nationale, elle offre également l’occasion de faire le point de mise en œuvre des réformes et de poser des jalons pour l’année à venir. Cet exercice a mobilisé, acteurs et décideurs au niveau des finances publiques et partenaires autour du thème central « les finances publiques à l’aune de la dématérialisation ».
Cette revue intervient dans un contexte particulier, celui de l’actualisation du plan global de réformes de la gestion des finances publiques (Pgrgfp) 2017-2020 et de la dématérialisation des procédures. Ruben Alba Aguilera, chef de coopération de la délégation de l’Union européenne et chef de file des Ptf appréciant l’effectivité de sa tenue, rappelle que cette revue offre l’occasion au gouvernement béninois et à ses partenaires de se retrouver pour échanger sur la mise en œuvre des réformes passées et en cours, et de définir les priorités pour les années à venir.
« Le renforcement de la gestion des finances publiques est une condition nécessaire à la réalisation de l’objectif de développement durable. Dès lors, les réformes autour de la mobilisation des recettes internes, de la qualité de la dépense et de la gestion de la dette, mais aussi autour de la transparence et la lutte contre la corruption et l’impunité déjà entreprises par le gouvernement devront se poursuivre », suggère-t-il, sans doute, eu égard aux prouesses actuelles de l’économie béninoise, et il ne manque pas de les préciser.
« Le Bénin dispose, en effet, d’un cadre macroéconomique stable et relativement résilient. L’économie béninoise a affronté et surmonté la crise nigériane en 2016 et les estimations prévoient le maintien d’un taux de croissance de près de 7% à moyen terme », a soutenu avec fierté le porte-voix des partenaires techniques et financiers sous le regard approbateur de nombreux cadres présents.

Dans la continuité des efforts…

Pour lui, l’année 2018, dans la continuité des efforts initiés en 2017 avec la mise en œuvre du plan global de réformes de la gestion des finances publiques, a été marquée par des avancées encourageantes dans de nombreux domaines. « On notera tout particulièrement l’accélération de la réforme de l’administration des ressources fiscales par la dématérialisation des services de la douane et des impôts, de l’autorité foncière et des services décentralisés ».
Puis, il indique que d’autres progrès notoires ont été enregistrés dans des réformes telles que la mise en œuvre du Compte unique du Trésor, le contrôle des dépenses courantes par la bancarisation des paiements, la mise en place du cadre organisationnel et institutionnel des comptables des matières, la gestion de la dette et les questions de transparence budgétaire et de participation citoyenne. Ces résultats ont été obtenus au prix d’engagements fermes de la part de chaque acteur qui a pris sur lui de jouer pleinement sa partition, a, avant lui, indiqué Alban Bessan, coordonnateur de l’Ugr.
Le directeur de cabinet du ministère de l’Economie et des Finances, Herman Orou Tako, dira pour sa part que le pari a été tenu pour faire, au cours de cette revue, un bilan rétrospectif sur la mise en forme des réformes publiques en vue d’esquisser des perspectives heureuses. Si la tenue de cette rencontre témoigne de la vivacité des unités en charge de la réforme, l’objectif poursuivi, selon lui, est de doter le Bénin d’un système de gestion performant et mettant les finances publiques au service du développement. « D’importants défis restent à relever pour améliorer la gestion des finances publiques », reconnait Herman Orou Tako qui, pour cette raison, exhorte les acteurs à faire le point de la mise en œuvre de la dernière revue en date, en vue d’évaluer le niveau de mise en œuvre des réformes. Les travaux ont été structurés en trois sessions de onze communications portant, entre autres, sur le point de mise en œuvre des actions de réformes des finances publiques au 31 décembre 2018, la transparence budgétaire et la participation citoyenne en République du Bénin, la dématérialisation…

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 1474 fois