La révolution qui secoue ces derniers mois le monde politique béninois n’en finit pas d’hébéter plus d’un Béninois. Contre toute attente, l’hypothétique fin de la prolifération des partis politiques se produit. De plus de deux cents partis politiques, le Bénin passe à une dizaine après les regroupements des forces politiques d’hier.

Il y a peu encore, il était impossible de compter le nombre de partis politiques au Bénin. Lorsqu’on commence ce dénombrement, on s’épuise et abandonne l’inventaire. Le Bénin est en train de tourner progressivement cette page. Il compte désormais des partis politiques d’envergure nationale. Environ, une dizaine.
Du côté de la mouvance présidentielle, on compte cinq regroupements de partis politiques. Il s’agit de l’Union progressiste, du Bloc républicain. Ensuite, trois autres blocs qui ne veulent pas lâcher d’un pouce le chef de l’Etat malgré leur réticence à rejoindre les deux blocs d’origine. Le bloc dont se réclame le Prd (Parti du renouveau démocratique), celui dont se réclame l’Udbn (Union démocratique pour un Bénin nouveau) et la Dud (Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement).
Pour le moment, du côté de l’opposition, le temps n’est pas encore au regroupement des forces politiques. Les cinq partis, à savoir : « La Rb (La renaissance du Bénin aile Soglo) », le parti Fcbe (Forces cauris pour un Bénin émergent), l’Usl (Union sociale libérale), Restaurer l’espoir et le Pcb (Parti communiste du Bénin) semblent chacun vouloir aller aux prochaines élections législatives en solo.
Ainsi, l’hypothétique pari de mettre fin à la prolifération des partis politiques au Bénin est en train de se réaliser contre toute attente. Mais non pas sans accrocs. Malgré la volonté du chef de l’Etat de limiter le nombre de ses partis à deux, trois autres s’accolent encore à lui et ne veulent pas se détacher d’un petit trait. Pour certains Béninois, ce nouveau développement dans la réforme du système partisan au Bénin traduit un échec de cette réforme politique dans sa phase pratique. Cela serait un échec si les trois blocs acquis au chef de l’Etat, Patrice Talon, sont devenus des transfuges. L’absence de compromis n’a heureusement pas fait voler en éclats la cohésion des forces de la mouvance au pouvoir. Au contraire, le désaccord sur leur fusion n’a nullement affecté la convivialité au sein de la famille de la mouvance. Une leçon de tolérance qui doit édifier le monde politique et servir de jurisprudence en matière de rapport interne entre les forces politiques de même tendance.
Même si l’hypothèse du divorce des forces politiques soutenant les actions du chef de l’Etat advenait (ce qui n’est pas encore le cas) on ne peut même pas arguer de l’échec de la réforme du système partisan. Tout au moins, cette réforme aurait atteint son objectif. Celui de réduire l’effectif de partis politiques au Bénin.

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