Face à l’insécurité alimentaire chronique qui menace la planète, la Banque mondiale, l’Onu, la Croix-Rouge international et autres organisations lancent un partenariat novateur pour mieux lutter contre la famine. Dénommé Famine action mechanism (Fam), ce partenariat vise à prévenir la faim dans le monde.

Le Mécanisme de lutte contre la famine (Fam), initiative de la Banque mondiale, de l’Organisation des Nations unies (Onu) et de la Croix-Rouge internationale est soutenue par les géants du numérique à savoir Microsoft Corp, Google et Amazon Web Services (Aws). Il s’agit d’une démarche préventive qui combine la haute technologie, un financement rapide et une collaboration étroite sur le terrain. Il va déployer toutes les ressources pour protéger les plus pauvres et les plus vulnérables, en recentrant l’attention collective sur les millions de personnes qui vivent en situation d’insécurité alimentaire chronique. Ainsi se résume la vision qui sous-tend la création de ce partenariat mondial sans précédent pour prévenir les famines.
La riposte à ces fléaux, qui intervient souvent lorsque de nombreuses vies ont déjà été perdues, est en effet trop tardive et fort onéreuse, soutiennent les initiateurs. Le nouveau dispositif entend y remédier en s’attachant à anticiper les famines, à s’y préparer et à intervenir rapidement, soit autant de mesures qui peuvent sauver davantage de vies et réduire les coûts humanitaires de près de 30 %. L’initiative utilisera le pouvoir prédictif des données pour débloquer des fonds, grâce à des instruments de financement appropriés.
« Le fait que des millions de personnes, dont de nombreux enfants, souffrent encore de malnutrition sévère et de la faim au XXIe siècle est une tragédie mondiale », a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. Il a affirmé par ailleurs : « Nous créons une coalition mondiale sans précédent pour dire "plus jamais ça" ». A en croire ses géniteurs, le Fam soutiendra des investissements qui s’attaquent aux causes profondes d’une famine dès les premiers signes avant-coureurs. Il aidera à développer des moyens de subsistance, des filets de sécurité et des mécanismes d’adaptation pour les plus vulnérables. La Banque mondiale, qui a investi près de 3 milliards de dollars par an dans des initiatives en faveur de la sécurité alimentaire au cours de la dernière décennie, va s’employer à rechercher de nouveaux moyens d’accroître ces investissements dans le cadre de ses futurs projets et programmes, renseigne-t-on.
Les données de la Banque mondiale révèlent qu’en 2017, plus de 20 millions de personnes dans le Nord-est du Nigeria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen ont été confrontées à la famine ou à une situation proche de la famine sous l’effet conjugué des conflits, de la pauvreté, du changement climatique ainsi que du prix des denrées alimentaires. Ces facteurs persistent dans de nombreuses régions du monde, et risquent d’anéantir les acquis du développement durement obtenus dans les pays en situation de pauvreté chronique. Aujourd’hui, 124 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire critique et ne pourront survivre sans une aide humanitaire d’urgence. Plus de la moitié d’entre elles vivent dans des zones de conflit, selon la même source. « Le Mécanisme de lutte contre la famine (Fam) est un nouvel outil important qui aidera à prédire et donc à prévenir l’insécurité alimentaire et la famine avant qu’elles n’aient une chance de s’installer. La prévention des crises sauve des vies. Avec ce dispositif, nous renouvelons notre engagement à éradiquer la famine et l’insécurité alimentaire aiguë », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, António Guterres?

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