La dynamique voulue par le Législatif et l’Exécutif, en adoptant et en promulguant le nouveau code électoral, a pris ses marques. Aujourd’hui, les fusions semblent une nécessité et les bureaux exécutifs des différents partis et coalitions, qu’ils soient de la mouvance ou de l’opposition, font l’effort de se mettre au pas.

Aucune force politique ne veut rester à la traîne, à sept mois des élections législatives. Les ténors politiques se battent tels de beaux diables mais très discrètement pour, au bout du rouleau, se conformer aux exigences du nouveau code électoral et de la nouvelle charte des partis politiques. A l’étape actuelle, les forces politiques soutenant les actions du chef de l’Etat Patrice Talon s’attèlent à aller en congrès constitutif puisqu’ayant presque constitué leurs blocs. Au niveau des forces de l’opposition, l’idée d’aller à une fusion est acceptée par tous mais les discussions sont encore en cours pour définir le modèle. Le premier bloc de la mouvance dénommé Bloc progressiste sera en congrès constitutif courant fin octobre, selon les propos du président Lazare Sèhouéto, membre du bloc. « Au niveau du Bloc progressiste, la préoccupation est aux préparatifs du congrès constitutif », confie-t-il. Lazare Sèhouéto précise que le Bloc progressiste se positionne aujourd’hui comme le plus grand parti politique du Bénin au regard de ces multiples adhésions de qualité, mais qui reste évidemment à confirmer dans les urnes. Ce bloc compte en son sein plusieurs partis politiques et continue d’enregistrer des adhésions et pas des moindres. Au sein du deuxième bloc de la mouvance, le congrès constitutif est aussi en vue. « Aujourd’hui, nous sommes au niveau de la préparation des textes », indique Jean-Baptiste Hounguè, président de la coalition Bénin en Route (Ber), membre du nouveau bloc. Il poursuit qu’il y a un comité spécial qui a été mis en place pour la circonstance afin de proposer les textes qui seront amendés et validés par les différents partis membres. A l’issue de la validation du travail de ce comité, un congrès constitutif sera donc organisé et donnera lieu à un bureau exécutif qui conduira le parti jusqu’aux élections législatives à la suite desquelles aura lieu le premier congrès ordinaire.

Pas facile la fusion

Jean-Baptiste Hounguè n’a pas manqué de vanter la capacité de mobilisation de ce bloc qui pourrait s’appeler « Parti républicain ». Selon lui, cette proposition est actuellement sur la table et reste à être validée contrairement au logo qui n’a pas encore fait objet de discussion au sein du bloc. Il balaie du revers de la main les informations qui font état de ce que c’est le logo du Parti du Renouveau démocratique (Prd) qui sera retenu pour le nouveau parti. Le Parti républicain (Pr) n’est donc pas le diminutif du Parti du Renouveau démocratique (Prd) comme certains le font croire. « On est en fusion et donc, chacun abandonne ses attributs préalables pour se conformer aux nouvelles réformes », clarifie-t-il avant d’ajouter « L’idéal est de faire des blocs idéologiques ». Il faut reconnaître que les différents blocs de la mouvance présidentielle ont connu beaucoup de difficultés avant d’atteindre ce niveau de préparation alors qu’il ne reste que sept mois pour aller aux législatives. La difficulté réside surtout dans leur capacité à se mettre ensemble. Jean-Baptiste Hounguè trouve cela normal et défend que c’est une première au Bénin. Ce qui fait que tout le monde est méfiant au départ et veut jouer au saint Thomas. Des préalables ont donc été réglés avec le concours d’éminentes personnalités pour voir ces blocs se constituer.

On ne démord pas

Au sein des partis de l’opposition, tout porte à croire que rien ne bouge. Mais ce n’est pas le même avis chez les membres de ces forces politiques dont certains responsables ont confié qu’ils font un travail souterain pour surprendre les blocs de la mouvance qui pensent avoir conquis le terrain. Selon Donklam Aballo, l’Union social libéral (Usl) dont il est membre s’attèle actuellement à installer ses cellules de base sur toute l’étendue du territoire et à les animer. A la question de savoir si l’Usl ira seule aux législatives ou fera-t-elle une fusion, il répond que la question n’est pas encore définitivement tranchée au niveau du parti et que les réflexions sont toujours en cours et d’ici quelques semaines, les Béninois seront situés. Ce que confirme Eugène Azatassou qui affirme que les partis de l’opposition n’iront pas aux élections en rangs dispersés. « Nous menons toujours les discussions pour retenir quelque chose de définitif », laisse-t-il entendre. Il explique que les Forces Cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) avec certaines forces politiques de l’opposition sont unanimes sur la nécessité d’aller à une fusion face aux blocs de la mouvance présidentielle qui se mettent déjà en place, mais reste à définir la forme à lui donner. Il est confiant et reste persuadé que les forces politiques de l’opposition feront mal aux législatives 2019 contrairement à la volonté des forces politiques de la mouvance qui pensent les avoir déjà vaincues. « C’est le verdict des urnes qui déterminera qui est qui », martèle-t-il. Les partis politiques travaillent tous pour ne pas faire piètre figure dans les urnes.

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